Se retrouver à 18 ans, dans un pays qu’on ne connait pas, à tapiner sur un bord de nationale pour « rembourser » des sommes colossalles aux négriers qui te servent de passeur, logeur et maquereau (cf l’édifiant reportage de H. Dubois, L’enfant marchandise)... je ne sais pas si cela représente une véritable amériolation de vie. Car les clandestins ne sont pas tous des gens qui fuient des massacres ... Combiens sont ici sans perspectives, coincés par la honte de s’être fait berner, de décevoir tous les espoirs placés en eux par leur famille ? Ils sont tous venu chercher l’eldorado que veut leur vendre O. Bonnet ...
Cet article a raison sur un point : les expulsions de clandestins sont d’effroyables drames humains ... et l’annonce d’une gestion comptable du problème est assez obscène.
Tout aussi obscène d’ailleurs que l’idée de l’immigration que véhicule l’auteur ... mais la, c’est conforme au délire habituel d’O. Bonnet. Je l’invite à quitter Le Puy Sainte Réparade pour venir s’installer dans une ZEP à forte population immigrée ... à vivre au quotidien la détresse de ces gens, parti d’un petit village africain pour se retrouver, sans perspectives, entassés dans un infecte taudis parisien. Lui qui réclame qu’on lui donne les « coûts » ... il pourra estimer directement le coût social et humain de la politique immigrationniste qu’il soutient, de cet énorme gâchis.
Sauf que si ce bon vieux Georges ne se sentait pas concerné par la musique qui marche au pas, c’est qu’il se basait sur son expérience personnelle .... qui lui avait fait toucher du doigt une certaine absurdité de la chose militaire et nationale. On ne peut pas comparer son avis, discutable mais argumenté, avec l’étalage d’inculture crasse de l’auteur qui par son article nous illustre la faillite totale de l’éducation nationale.