Disons qu’elle jette le masque du sourire factice, et en bonne mauvaise perdante -qu’elle n’est même pas encore, tout peut arriver-, en appelle presque à la guerre civile des banlieues pour venger le rejet que suscite sa géniale et acariâtre personne. Mais sûrement que tout cette caballe contre elle, c’est parce que Sarko couche avec les journalistes de Libé.
Détestation est un bien grand mot, mais il y a longtemps -bien avant son poste de ministre- que je trouve ce bonhomme aussi creux qu’infatué.
Quant à votre accusation -gratuite- de sexisme, que même les plus chauds partisans de Royal n’osent même plus opposer à leurs contradicteurs, elle ricochent d’autant plus facilement sur ma cuirasse que dans mon entourage, ce sont les femmes qui sont les plus sévères à l’égard de la « mère courage » autoproclamée.
Eh bien, voilà, mon cher COLERE sans « è » (à défaut d’être sensée), que vous vous laissez aller à écrire des méchancetés qui puent, vous aussi ? Mais je vais vous faire plaisir, allez : je souscris parfaitement au tableau que vous faites d’Allègre. Ce n’est pas pour autant que je vais me jeter dans les bras, ou plutôt dans les serres de sa harpie préférée.
Mère Marie-Ségolène de la compassion à deux balles nous a refait le coup de la « saine colère », après celui des saines indignations contre le machisme de ses rivaux. Une indignation préfabriquée en bois aggloméré disponible en kit chez Ikea. La sainte nitouche aux saintes colères a seulement réussi à nous prouver le vide sidéral de sa vision politique : il aura fallu qu’elle attende (longtemps) une allusion à l’un de ses rares « faits d’armes » pour sortir le grand jeu, les PPDA et Chabot étant trop aux ordres du pouvoir pour mettre à l’ordre du jour son autre combat héroïque (perdu contre Allègre, celui-là) : la circulaire du string à l’école. Sarkozy n’a donc guère eu de mérite à l’envoyer au tapis, malgré son attitude finale recroquevillée et grotesque, il lui suffisait de la laisser s’y prendre les pieds,
Pourtant, sa gentillesse préfabriquée, à lui, lui faisait dire du bien de sa rivale en guise de conclusion. « On n’arrive pas là par hasard », disait-il en parlant d’elle. Pas grave, il pouvait bien lui faire cadeau de cette énormité en même temps que d’un temps de parole superflu, tant celui qu’elle avait utilisé elle-même lui était bien plus profitable. Car il le sait bien, le caporal Nicolas, dans sa ford intérieure en excès de vitesse, et comme tous les petits copains du parti socialiste, qu’elle est là par hasard. Des mois qu’il jubile de l’absence d’un adversaire sérieux pour arrêter son « ascenseur social ». Il aura fallu qu’une fraction importante de nos concitoyens (en majorité des hommes, d’ailleurs, tous d’affreux machos) aient pensé qu’il serait temps qu’une femme nous représente, pour qu’on se rabatte sur une apparatchik mitterrandienne suffisamment éloignée des dossiers d’avant-plan pour donner une impression de virginité. Malheureusement, l’habit blanc et les incantations bras ouverts ne font pas la vierge, encore moins la prophétesse, et avec les résultats qui s’annoncent dimanche, il y en a qui doivent s’en mordre les doigts jusqu’aux omoplates.