Ensuite de quoi, le souverainiste Séguin est allé présider un parti politique à la ligne européiste, le RPR, pendant vingt mois... C’était peut-être une question de paie...
« Je
ne cite pas Mr Séguin pour faire l’éloge de Mr Séguin… »
Ce n’est pas le
cas de tout le monde, et certains, à commencer par Herblay, en font un héros du
souverainisme, ce qu’il n’était pas.
« C’est sur son discours que
j’invite les gens à réfléchir… »
Son discours
est tout à fait remarquable, mais il est plombé par le fait que lui-même l’a, d’une
certaine manière, renié ou souhaitant qu’il n’atteigne pas l’objectif affiché, faire
rejeter le traité de Maastricht par une majorité de Françaises et de Français. On
en conclut donc qu’il y a là-dessous, un calcul politicard particulièrement
faisandé, dont la finalité nous échappera toujours.
« Même si ce que Mr Zemmour
dit est vrai… »
C’est surtout
ce que rapporte Philippe de Villiers. Il faisait partie du comité anti-Maastricht
de Séguin et Pasqua, et au soir du vote, il s’attendait à trouver les deux
compères aussi effondrés qu’il l’était lui-même – le OUI ne l’avait emporté sur
le NON que de 538’000 voix.
Il les trouve
en train de se congratuler en buvant du champagne. Or, Séguin l’avait
clairement expliqué, ce traité était mauvais pour la France, la privant de sa
souveraineté, ce que la suite a amplement démontré. Donc se féliciter de son
succès, équivaut à une trahison de la France souveraine et des Français.
On notera que, « grâce »
à cet échec, Séguin poursuivra une remarquable carrière « républicaine » :
président de l’Assemblée nationale de 1993 à 1997, président du RPR de 1997 à
1999, premier président de la Cour des Comptes de 2004 à 2010, année de son
décès (7 janvier). D’après Fillon, il aurait néanmoins sombré dans l’alcoolisme et la
dépression.
« Une « chance
pour la France », c’est l’expression condescendante de ceux qui veulent
renvoyer « chez eux » tous les immigrés, boucs émissaires d’une crise
économique qui n’a pourtant pas besoin d’eux pour exister et durer, qui
reprenait le titre courageux et audacieux du livre de Bernard Stasi "L’immigration,
une chance pour la France ?" (toujours avec un point d’interrogation)
publié en 1984. »
Le prix à payer pour chaque CPF, ce sont des dizaines de
malchances pour la France, qui représentent, entre autres, une forte proportion
de la population carcérale. De nos jours, un Moscovici essaie de faire croire
que l’accueil des clandestins est bon pour le PIB, mais même le mougeon moyen,
ensuqué au TF1, ne mord pas à cet appât foireux.
Et contrairement à ce que colporte l’auteur, l’immigré
allogène n’est le bouc émissaire de rien du tout : il est juste trop
nombreux, beaucoup trop nombreux pour 7 Français sur 10, dont les 2 Français
sur 3 qui ne se sentent plus chez eux comme avant, du fait de l’ « exotisation »
de leur environnement. Les centaines de milliers de Français qui se sont
déjà adonnés au white flight n’avaient qu’une seule chose à reprocher aux allogènes
alterculturels. C’était d’être ici !
Tout cela est fort bien observé et ce qui coince un type comme Papat, c’est que le « populisme » progresse à peu près partout, à l’enseigne de la « lutte des races ».
Le passage de la « lutte des classes » à la « lutte des races », s’est opéré au moment où les défenseurs autoproclamés du prolétariat ont abandonné leurs protégés « naturels » pour reporter leur sollicitude sur le sous-prolétariat issu de l’immigration du tiers monde.
Et ils ne peuvent pas revenir en arrière, car ils ne peuvent pas se départir de la croyance dans un avenir universel de paix, d’harmonie, de fraternité et de solidarité, hors duquel leur idéologie perd tout son sens. Ce faisant, ils favorisent le dessein oligarchique de destruction de l’homogénéité interne des nations européennes sans, pour autant, faire progresser la cause de leur révolution.