" J’en garde beaucoup d’amertume parce que je me suis rendu compte qu’il
est impossible de motiver tout le monde pour un résultat collectif et
que certains estiment toujours qu’ils n’ont pas la part qu’ils méritent.«
Comme Marx, vous vous êtes mépris sur la nature humaine. Dans l’égalitarisme, les uns se plaignent de ne pas avoir la part qu’ils méritent, tandis que les autres ont trop par rapport à ce qu’ils mériteraient.
Je pense que l’égalité, c’est la guerre et que l’harmonie s’installe lorsque le main du dominant est légère au dominé - parce que le clivage dominant/dominé est omniprésent et universelle. La »lutte des classes" ne commencent que quand la main du dominé devient trop lourde, ou est ressentie comme telle.
« ... il en est de même pour la lutte des classe mise en lumière par K Marx... »
Tant que vous n’admettrez pas que la lutte des races a remplacé la lutte des classes, vous passerez à côté d’un élément essentiel de notre réalité et de notre avenir, mais on peut très bien passer à coté tout au long de sa vie et passer sa vie dans l’incompréhension.
J’ai, souvent en les lisant, l’impression que Clouscard et Bourdieu ont gâché leurs capacités de réflexion à essayer de comprendre pourquoi les prolétaires ne votaient pas pour ceux qui leur promettaient « émancipation » et « bonheur », en refusant de voir que, comme l’avait observé Orwell,les petites gens peuvent cultiver « …des valeurs (patriotisme, religion) qui ont des racines plus
profondes que la raison économique. »
"Le père Marx n’est pas un père Noël, il a juste démontré que la société
capitaliste aurait une fin et que la société qui lui succéderait serait
le « communisme » qu’il n’a décrite que comme le « dépassement de
l’existant »...«
Métaphoriquement, c’est le communisme qui est le Père Noël, et Marx n’a démonté quelque chose que pour ceux qui croient à la démonstration. Il a, lui aussi, cédé très humainement à la propension de l’homme à prendre ses désirs pour des réalités. »Le socialisme c’est « à chacun selon son travail ». Tout ce qu’on a vécu
depuis relève de cette proposition qui ne sera vraiment effective que
lorsque l’essentiel de la force de travail mondiale aura engagé le
chemin."
Et, dans cette optique, vous le percevez comment l’épuisement des matières premières ?
« Si
MARX revenait aujourd’hui, il ne changerait pas son analyse, qui reste
fondamentalement exacte. Par contre, il proposerait certainement un autre
remède. »
Mais ses émules continueraient de croire que l’avènement du
communisme est « certain, nécessaire, inévitable », sans plus pouvoir
schématiser, à partir d’exemples concrets, la société du futur, que Marx et
Engels.
Tout ce qu’on sait, c’est que chacun produira selon ses
moyens et recevra selon ses besoins. Quand vous dites cela à des prolétaires
qui doivent consacrer 75 % de leurs revenus à leur alimentation, qui vivent
dans des taudis insalubres et qui ne peuvent boucler le mois qu’avec l’appoint
du salaire d’un gosse de 10 ou 12 ans, le discours porte.
J’entendais, un jour, un communiste « repenti »
raconter que, dans l’entre-deux-guerre, lui et ses camarades pensaient qu’avec
le communisme, les chagrins d’amour disparaîtraient parce qu’il n’y aurait
plus, alors, des gens assez méchants pour faire souffrir d’autres personnes. Il
en riait quelques dizaines d’années plus tard, mais ça démontre le degré de crédulité atteint par l’endoctrinement.
Ca ne reviendra plus…
« Autrement
dit, le communisme suppose une conscience sociale de tous et de chacun. Or
personne, à part quelques illuminés, n’a de conscience sociale au jour le jour. »
Trotski se rendait compte des limites imposées par les « imperfections »
de la nature humaine, ce qui l’a conduit à prédire l’avènement d’un surhomme,
ce qui en fait une sorte de précurseur de nos transhumanistes :
« L’homme devenu libre cherchera à atteindre un
meilleur équilibre dans le fonctionnement de ses organes et un développement
plus harmonieux de ses tissus… (Il) s’efforcera de commander à ses propres
sentiments, d’élever ses instincts à la hauteur du conscient et de les rendre
transparents, de diriger sa volonté dans les ténèbres de l’inconscient. Par là,
il se haussera à un niveau plus élevé et créera un type biologique et social
supérieur, un surhomme, si vous voulez. »
« Nous avons tous une
conscience de « ce qui serait bien pour tous »… »
Là où ça se complique quand même,
c’est que nous adoptons un tas de comportements, dont nous savons qu’ils ne
sont pas bons pour nous, que ce soit en matière d’alimentation ou de
comportement en privé en en public… C’est là, à mon sens, que réside la menace
d’une tyrannie se prévalant du bien de la collectivité en même que de celui des
individus. Je me méfie donc de tout ce qui est théories et encore plus
idéologies.
@sahb « Marx a les joues roses et das Kapital a intérêt à planquer ses miches !!! »
Mais bien sûr. Et, comme écrit Engels dans L’Anti-Dühring, le huitième commandement - Tu ne voleras point - tombera en désuétude parce qu’il y aura, alors, assez de tout pour tout le monde