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Chimel

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  • Premier article le 11/08/2018
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  • Chimel Chimel 13 août 2018 10:01
    @nono le simplet - Oui, plutôt que de reprendre à tort l’exemple du poivron juste parce qu’on en parlait déjà (les solanacées sont relativement autogames), j’aurai dû prendre celui de la betterave (anémophile, pollinisée par le vent) ou de la courgette (entomophile, par les insectes), qui elle, est bien allogame (pensez allo=téléphone=à distance) et couche avec le premier venu ! D’ailleurs, ne cultivez pas de coloquintes ou autres gourdes amères près de vos courgettes, il y a eu récemment plusieurs cas d’empoisonnement à la cucurbitacine par pollinisation croisée. Dans deux cas, des femmes en ont même perdu leurs cheveux.

    À part le pois, l’autogamie est rarement à 100 %, donc conservez de bonnes distances de plantation. Mes 3-4 km correspondaient d’ailleurs plutôt au rayon d’action supposé des abeilles, la distance pratique retenue est inférieure au pire à 2 km, au mieux à 2 m (pois, laitue, tomate). Ce n’est pas un problème pour les semences paysannes comme le blé (autogame), où on cultive 20 ou 30 variétés justement pour leur diversité, donc 1-2 % d’hybrides inconnus en plus sont plutôt un avantage : même si ça finit par faire beaucoup d’hybrides au bout de 20, 30, 40 ans, et que ça ne ressemble plus trop au mélange original, cela sélectionne surtout les variétés les plus adaptées au terroir, ce qui est le but recherché.

    Pour les tomates, il est facile de voir si la variété présente un risque d’allogamie plus élevé : leurs fleurs pas encore écloses ont le pistil (mâle) décalotté qui dépasse un peu alors que les plus autogames ont un prépuce d’étamines (femelles) qui entoure le pistil comme un préservatif !
    Pour compliquer la chose, une variété autogame au nord de la France peut être plus allogame (40 %) au sud ou lors d’un été à fortes chaleur et humidité qui, allez, on va juste dire dilate le pistil.


  • Chimel Chimel 13 août 2018 05:11
    @pemile - C’est avant tout le consommateur qui veut des poivrons bien gros, dodus, croquants, juteux et de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Bien avant les agriculteurs fourbes et les semenciers avides.

    Mais d’une certaine manière, oui, c’est positif et pérenne, puisqu’il s’agit d’un complément à l’offre actuelle, ce n’est pas un choix hybride ou pas. Cette année, j’ai semé (très tard) et acheté des plants de poivrons bio hybrides et traditionnels. Pratiquement tous les poivrons bio en grande distribution sont aussi des hybrides F1. Question pérennité, il faudrait ne cultiver qu’une seule variété de poivron dans un rayon de 3-4 km pour en récolter des semences pures. Ce n’est évidemment pas le travail du maraîcher, cette pérennité est assurée depuis longtemps par des semenciers professionnels.


  • Chimel Chimel 13 août 2018 04:48

    @pemile - Tout à fait, c’est surtout une réponse de technocrate inadaptée aux problèmes de base, la sous-nutrition et la malnutrition. Ses victimes n’ont pas besoin que de vitamine A. On n’a pas encore le résultat de toutes les études, mais certaines ont déjà été publiées qui démontrent un taux assez variable, en moyenne 10 fois plus faible que les légumes verts (la bêtacarotène participe à la photosynthèse) et la carotte, mais surtout, qui se dégrade très rapidement au stockage, puisqu’il n’en reste que 13 % après seulement 10 semaines. Sans compter les pertes à la cuisson, obligatoire pour le riz, pas pour la carotte râpée !


    La simple distribution de pilules, sirop ou bouillon multi-vitamines et oligo-éléments aurait suffit à éviter ce problème médical de cécité et bien d’autres.

    Permettre aux Africains d’accéder à des légumes frais, variés et cultivés localement serait encore 100 fois meilleur que de dépendre des sacs de riz et de maïs sans aucune valeur nutritive, juste calorique, de l’aide alimentaire américaine, et de dénaturer un riz blanc en riz orange.

    Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y aura pas d’autres OGM à but humanitaire ou médical, lorsqu’on maîtrisera mieux la science du vivant et lorsque ces réponses OGM seront adaptées. Il ne faut pas se leurrer, au vu de la progression des pathogènes globaux, on n’aura tout simplement pas le choix et les OGM sont inéluctables. La banane en est un parfait exemple. On n’en cultivait qu’une seule variété jusque dans les années 1960, la Gros Michel. Un virus unique s’est rapidement propagé à toutes les bananeraies du monde, qui n’avait aucune réponse,OGM (trop tôt) ou traditionnelle à proposer. Un peu par miracle, on a trouvé un plant mutant d’une variété, la Cavendish, qui résistait à ce virus. Aujourd’hui, partout dans le monde, on ne cultive plus que cette variété, et pire encore, tous les plants sont issus de l’Adam original de la banane moderne, ce plant unique résistant, par voie végétative, donc génétiquement, tous les plants de banane partout dans le monde sont le même individu, cloné des centaines de millions de fois. Cette absence totale de diversité génétique et l’absence de rotation des cultures en font une proie idéale pour les virus, et depuis quelques années, ce chancre est réapparu pour ravager presque toute l’Asie,condamnée à acheter des millions de plants éprouvette sains chaque année, parce que le virus est maintenant présent dans tous les champs. L’Amérique Centrale et du Sud ne seraient pas encore contaminées, mais ce n’est au plus qu’une question de quelques années. La réponse de l’industrie est d’utiliser les méthodes actuelles les plus efficaces, la transgénèse, pour créer un Cavendish résistant à ce virus. À moins de boycotter complètement la banane, je ne vois pas comment se passer d’OGM dans ce cas futur probable.

    Pareil pour le châtaignier, il n’en reste plus in seul aux États-Unis depuis plusieurs décades, ce sont des centaines de millions d’arbres qui ont disparus en une cinquantaine d’année, les plus âgés étant de taille gigantesque inimaginable en Europe, après qu’un amateur botaniste français ait planté quelques châtaigniers japonais dans son jardin de la Côte Est. Les Américains testent en parallèle des plants OGM et hybrides classiques, mais les hybrides sont toujours loin génétiquement du châtaignier autochtone, même après des décennies de sélection.

    Toutes ces évolutions de pathogènes nouveaux et globaux (au sens de présents dans tout le globe terrestre) me font penser que les OGM deviendront tout simplement inéluctables dans bien des cas, on commencera par exemple par accepter une exception pour « cas de force majeure » pour la banane, puis l’orange (situation pas brillante non plus), et ainsi de suite. Du coup, on aboutira à un paradoxe pour la bio : les plantes non OGM bio deviendront plus traitées que les plantes OGM résistantes.


  • Chimel Chimel 12 août 2018 20:30

    @pemile Crispr-Cas9, les « ciseaux génétiques » consiste simplement à découper les brins d’ADN du chromosome à un endroit précis, ce qui ne change strictement rien au génome une fois recollé. C’est ce qu’on en fait, c’est à dire les séquences de gènes qu’on introduit avant de rattacher les deux bouts du brin d’ADN, qui change le génome.

    Par exemple, on peut introduire des gènes qui fabriquent plusieurs toxines insecticides différentes provenant du bacille de Thuringe. Du coup, il existe un risque que ces molécules se retrouvent dans l’environnement, un risque que la plante ne se comporte plus comme auparavant, etc., mais ce ne sont pas des risques liés à la technique Caspr-Cas9 elle-même. Dans la pratique, les deux sont inséparables, donc effectivement, il est difficile de dire qu’un de ces deux éléments est innocent, il est au moins complice... ;)



  • Chimel Chimel 12 août 2018 20:17

    @Matlemat - Si les agriculteurs sont forcés de racheter leurs semences OGM, c’est à cause du contrat auquel ils s’engagent avec Monsanto de ne pas resemer leur récolte, pas à cause du gène Terminator qui n’a jamais été commercialisé. Le contrat est écrit sur le sac de semences, le simple fait de l’ouvrir constitue un accord explicite avec les conditions de Monsanto.

    Mais c’est vrai que cultiver uniquement du maïs ou du soja ou du colza Roundup-Ready crée des problèmes, on a déjà identifié des dizaines de plantes adventices (« mauvaises herbes ») qui montrent des signes de résistance ou tolérance au Roundup. L’une d’entre elles a même développé une relation presque symbiotique avec le Roundup, elle utilise les molécules du glyphosate qu’elle transforme en certaines molécules dont la plante a besoin dans une réaction qui est plus économique (en énergie dépensée) pour elle que de prendre les nutriments du sol et les transformer. Il y a toujours des endroits comme les bordures des champs où les plantes adventices sont exposées au Roundup en quantité insuffisante pour les tuer, mais suffisante pour les pousser à développer une résistance, une évolution forcée par l’homme en quelque sorte.

    C’est pour ça que je suis contre les OGM résistants aux herbicides, ou ceux qui fabriquent leur propre insecticide, une des toxines (protéines) fabriquées par le bacille de Thuringe (Bt). Le maïs en particulier intègre plusieurs modifications génétiques combinées, il n’est plus juste Roundup-Ready ou Bt. Ça tombait d’ailleurs à pic pour Monsanto, dont le brevet Roundup-Ready arrivait à expiration et que tout semencier aurait pu reproduire à l’identique : ils ont créé le maïs Roundup-Ready 2, qui combinait plusieurs gènes, notamment plusieurs insecticides, et donc rendait obsolètes le maïs Roundup-Ready et ses concurrents, avec un nouveau brevet qui leur permettait de verrouiller leur maïs pour 20 années supplémentaires.

    Les semenciers savaient que ce phénomène de résistance allait se développer, mais ils savaient aussi qu’ils disposaient de plusieurs années avant de devoir changer un peu leur système, et les agriculteurs ont fait leurs années grasses avec le maïs. Les premières mesures contre la résistance consistaient à recommander de créer des « zones refuges », des bandes du champ où des semences non-OGM étaient semées. Puis il y a eu le « refuge in the bag », où parmi les sacs de semences OGM se cachaient des sacs de semences non OGM pour faciliter le travail des agriculteurs, qui n’avaient plus qu’à vider les sacs de semences dans n’importe quel ordre dans la planteuse.

    À peu près au même moment sont arrivés les OGM résistants à d’autres herbicides que le Roundup, et en premier lieu, le Suisse Bayer (le nouveau propriétaire de Monsanto) avec ses semences LibertyLink tolérantes à leur herbicide Liberty (dont le principe actif est le glufosinate). Il existe maintenant des semences tolérantes aux herbicides Dicamba et 2,4-D, et certaines combinent même la résistance à deux herbicides différents, pour que l’agriculteur puisse épandre ces deux herbicides à différents stages de la culture, pour que les rares mauvaises herbes tolérantes à l’un soient définitivement éliminées par l’autre. Évidemment, il faut s’attendre à ce que les plantes adventices deviennent tolérantes aux deux, même si ça prendra de nombreuses années de plus. Je pense que le postulat des semenciers OGM est qu’on sera tous morts d’ici là, donc pas de souci... ;(

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