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Les OGM en bio

Des agriculteurs bio américains expriment depuis maintenant plusieurs années leur opinion que bio et OGM ne sont pas incompatibles. Le règlement bio américain (programme NOP de l’USDA) est aussi ferme que le règlement européen à ce sujet, les OGM ou produits dérivés d’OGM ne sont pas certifiables en bio. À part quelques exceptions, comme des médicaments vétérinaires, car de plus en plus de principes actifs sont des molécules fabriquées par des bactéries modifiées génétiquement.

Avant de partir sur ses grands chevaux en criant « Monsanto mon salaud », il faut d’abord savoir ce que sont les OGM et même, comment on obtient de nouvelles variétés de plantes.

L’époque ou Madame ou Monsieur de Vilmorin caressait langoureusement le pistil mâle d’une variété de plante sur les étamines femelles d’une autre pour obtenir un hybride unique aux caractéristiques précises est révolue depuis longtemps, même si elle est toujours pratiquée à petite échelle. L’excellente pomme Chantecler, un croisement entre une reinette et une golden est un exemple relativement récent d’une telle reproduction sexuée.

De nos jours, beaucoup de semenciers travaillent à l’amélioration des variétés plutôt que la création de variétés aux caractéristiques différentes, disons recherche appliquée plutôt que recherche théorique. Les deux ont cours, pour des objectifs différents, et ne font généralement pas appel à la reproduction sexuée.

La méthode principale de création de nombreuses nouvelles variétés de plantes potagères consiste à soumettre l’ADN des plantes à un stress intense, en vue de forcer des mutations à un taux accéléré. Les plantes résultant de ces mutations sont ensuite cultivées et évaluées, et il se trouve peut-être dans le lot une nouvelle variété ou deux intéressantes commercialement, pour une commercialisation directe, ou pour une propriété qui pourra être introduite dans d’autres variétés, une sorte de banque génétique. Cette mutagénèse peut être induite par un bombardement de rayons X ou par des opérations chimiques, certaines pouvant d’ailleurs agir sur une séquence spécifique de gènes plutôt qu’au hasard. Dans tous les cas, le patrimoine génétique original est altéré, il s’agit d’une modification génétique, et d’ailleurs les plantes obtenues par mutagénèse sont considérées comme des organismes génétiquement modifiés (OGM) par le nouveau règlement européen sur l’agriculture biologique.

La technique la plus récente a connu beaucoup d’évolutions depuis ses débuts dans les années 1970. Il s’agit des plantes que nous connaissons sous le nom d’OGM, la technique de génie génétique ou transgénèse. À l’époque, la chirurgie de précision sur les brins des chromosomes n’existait pas, on y allait carrément au bazooka. Pratiquement littéralement, puisque des balles d’ADN recouvert d’or étaient tirées à coup de revolver sur les chromosomes, en espérant, 1) que la séquence d’ADN présente dans ces balles s’accroche quelque part dans le chromosome, et 2) quelle s’accroche au bon endroit, pas en détruisant un gène important de la plante originale. Un seul nouveau gène ne produisant pas suffisamment de la nouvelle protéine désirée, il fallait répéter l’opération jusqu’à ce que suffisamment de copies du gènes réussissent à s’infiltrer dans l’ADN. Ce procédé générait énormément de perte. C’est par exemple comme cela qu’on a amélioré le riz doré Golden Rice en Golden Rice 2, qui produit beaucoup plus de pro vitamine A que son prédécesseur, il suffit juste de consommer sa dose normale de riz et non plus plusieurs kilogrammes pour obtenir sa dose journalière de vitamine A.

Récemment, une nouvelle technique est apparue, Crispr, surnommée le ciseau génétique, car il permet à très peu de frais et à coup sûr de couper un chromosome à un endroit particulier de son génome, d’y insérer un brin d’ADN clandestin, et de recoller tout le chromosome ni vu ni connu.

Tout ça est évidemment très simplifié pour aller plus directement à l’argument principal : Wikipedia ou les sites de vulgarisation scientifique vous permettront d’aller plus loin.

Pourquoi des OGM en agriculture biologique ?

Il existe en fait plusieurs raisons. La principale est un principe de base de l’agriculture biologique : éviter les pesticides de synthèse. Obtenir des nouvelles variétés de plantes résistantes aux pathogènes permet d’éliminer ou de réduire l’usage de ces pesticides, qu’ils soient de synthèse ou naturels. Le cuivre est par exemple toléré en AB, malgré sa toxicité pour le sol et les vers de terre, par exemple. Pouvoir s’en passer aurait donc des conséquences immédiates très positives pour toute l’agriculture, pas seulement l’AB.

La deuxième raison est que les OGM modernes (Crispr) produisent en une seule génération des plantes strictement identiques génétiquement à l’original, avec juste la nouvelle séquence de gènes en plus, insérée à un endroit précis du génome.

L’alternative en mutagénèse contrôlée n’est pas aussi « propre », et l’équivalent en reproduction sexuée est absolument impossible à réaliser, car la reproduction croisée implique par définition le mélange d’une moitié du génome mâle avec le génome femelle. On ne va donc pas récupérer juste le gène de résistance à la rouille quand on croise un blé productif mais non résistant avec un blé résistant, on récupère également des centaines de gènes indésirables, qu’il faut ensuite régresser au cours de cultures et sélections sur plusieurs années, sans compter les gènes aux effets « invisibles » pendant cette période.

La technique actuelle Crispr élimine beaucoup des interrogations sur les premières techniques de transgénèse. Le principe de base reste d’insérer un gène, dont le rôle est simplement de produire une protéine précise, d’un organisme à un autre, ce qui peut être d’une variété de blé à une autre, mais aussi d’un règne à un autre, par exemple d’une tourterelle (animal) à une pomme de terre (végétal). Il faut toutefois ne pas s’effrayer, le gène produisant cette protéine précise est le même, qu’il provienne d’une bactérie ou d’un champignon. Il n’y a donc aucune différence lorsqu’on l’insère, qu’il provienne de la même espèce de plante ou d’un animal.

Monsanto a totalement saboté l’image de marque des OGM dans le monde, c’est un cas d’étude étonnant où ils ont fait absolument tout ce qui était en leur pouvoir et même plus pour détruire leur propre raison d’être, en employant des pratiques et des déontologies douteuses qui ont fait l’amalgame entre leur société et les OGM, en ne communiquant pas ou mal sur les OGM, tant au niveau du grand public que des agriculteurs, etc.

Je ne pense pas que le grand public bio ou pas soit prêt à accepter les OGM de sitôt, malgré l’inoffensivité de la technique moderne Crispr mais je pense qu’à terme, il faudra se poser la question, car il ne faut pas nourrir bien que quelques privilégiés, mais il faut nourrir bien une population en pleine croissance et en réduisant et optimisant les surfaces cultivées.

C’est un petit article vite écrit pour transmettre ce que j’avais sur le cœur, et il n’engage que moi. Je souhaite simplement savoir s’il rencontre un écho parmi les personnes qui se sont fait leur propre recherche et éducation sur les OGM plutôt que de ne faire que suivre le courant de nos réseaux quelque fois un peu intransigeants. L’AB est également ouverte, progressiste et innovante (voir les nouveaux outils et techniques utilisés en bio), j’espère qu’elle évoluera sur ce point des OGM également.


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33 réactions à cet article    


  • cassini 11 août 11:54

    OGM et bio, science et foi. 


    • Chimel Chimel 11 août 17:21
      @cassini C’est vrai, les paysans bio doivent avoir la foi et être désintéressés pour sauver l’environnement et préserver la santé du monde sans aucune récompense ou reconnaissance.

      Et d’autres la mauvaise foi pour ignorer que beaucoup des nouveaux agriculteurs bio sont issus de formations agronomiques scientifiques et pas juste des bobos.

    • nono le simplet nono le simplet 11 août 14:09
      enfin une mauvaise nouvelle pour Monsanto, aujourd’hui avalée par Bayer !
      condamnée à 289 M$ par la justice américaine contre un jardinier ...
      Bayer fait appel mais c’est une première qui donne espoir aux milliers de plaintes ...

      • Chimel Chimel 11 août 17:49
        @nono le simplet Aujourd’hui, c’était le jugement du tribunal de San Francisco, pas le rachat, qui a été avalisé en juin. C’est une bonne nouvelle effectivement, un peu démesurée pour une seule personne, et je doute que les dizaines d’enfants morts ou estropiés à vie par les pulvérisations de Roundup au Brésil puissent malheureusement bénéficier des largesses du système judiciaire américain.

        Ce procès est quand même bizarre, il y a une notice de toxicité et de précaution d’emploi sur les bidons de Ranger Pro ou de Roundup Pro (encore plus toxique), et même un avertissement à tenir hors de portée des enfants, donc pas très cool pour une cour de récré d’école primaire...

        C’est aussi normalement une gamme professionnelle qui ne devrait pas être accessible aux jardiniers d’école, mais bon, je ne connais pas les aboutissants du procès, on verra à l’appel. Le « pro » est peut-être juste commercial, sans exiger une certification spéciale comme l’équivalent français CertiPhyto exigé de tous les agriculteurs, y compris les bio.

      • Jeekes Jeekes 11 août 14:49

        ’’Pourquoi des OGM en agriculture biologique ?

        Il existe en fait plusieurs raisons. La principale est un principe de base...’’

         
         
        Exact, la principale ?
        Faire du fric.
        Toujours du fric et encore du fric, tant et plus !
         
        Toute autre explication n’est que foutaise, de la propagande.
        Relayée par des illuminés inconscients, ou des crapules salariées de ces empoisonneurs patentés...
         
        J’ai dit !
         


        • Chimel Chimel 11 août 18:08
          @Jeekes Ah bah, s’il a dit, alors...
          Le riz doré Golden Rice est un exemple d’OGM humanitaire désintéressé, créé par des scientifiques suisses, pas par une multinationale avide de fric, toujours du fric, et encore du fric.
          Tous ces chercheurs du privé ou du public ne vont pas travailler gratuitement non plus.

          Des organismes comme l’INRA font exactement ce travail désintéressé, introduire de nouvelles variétés plus performantes ou résistantes. Ils ne travaillent pas pour l’instant sur les OGM parce que la culture en est interdite en France depuis 2008 par principe de précaution, mais ce moratoire ne durera pas éternellement, il n’y a aucune différence au niveau du risque entre une variété moderne issu de la mutagénèse ou de la transgénèse. Ce n’est pas la technique en elle-même qui est dangereuse, c’est ce qu’on en fait.

          Effectivement, je préfère acheter mes semences à une petite structure, je n’achèterai jamais de semences Bayer (sous leur différentes marques), mais Crispr permet maintenant à de petites structures de créer de nouvelles variétés OGM qui répondent aux attentes des agriculteurs, pas seulement celle des actionnaires. En tant que nouvel acteur sur le marché, ils ne disposent d’ailleurs pas des techniques de chantage des quasi-monopoles semenciers, il faudra vraiment qu’ils proposent une offre attirante aux agriculteurs s’ils souhaitent vendre.

        • pemile pemile 12 août 19:59

          @Chimel « Le riz doré Golden Rice est un exemple d’OGM humanitaire désintéressé »

          Dont les qualités nutritionnelles s’avèrent moindre que prévu et n’ont toujours pas fait leur preuve pour contrer les carences en bêta-carotènes, non ?


        • Chimel Chimel 13 août 04:48

          @pemile - Tout à fait, c’est surtout une réponse de technocrate inadaptée aux problèmes de base, la sous-nutrition et la malnutrition. Ses victimes n’ont pas besoin que de vitamine A. On n’a pas encore le résultat de toutes les études, mais certaines ont déjà été publiées qui démontrent un taux assez variable, en moyenne 10 fois plus faible que les légumes verts (la bêtacarotène participe à la photosynthèse) et la carotte, mais surtout, qui se dégrade très rapidement au stockage, puisqu’il n’en reste que 13 % après seulement 10 semaines. Sans compter les pertes à la cuisson, obligatoire pour le riz, pas pour la carotte râpée !


          La simple distribution de pilules, sirop ou bouillon multi-vitamines et oligo-éléments aurait suffit à éviter ce problème médical de cécité et bien d’autres.

          Permettre aux Africains d’accéder à des légumes frais, variés et cultivés localement serait encore 100 fois meilleur que de dépendre des sacs de riz et de maïs sans aucune valeur nutritive, juste calorique, de l’aide alimentaire américaine, et de dénaturer un riz blanc en riz orange.

          Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y aura pas d’autres OGM à but humanitaire ou médical, lorsqu’on maîtrisera mieux la science du vivant et lorsque ces réponses OGM seront adaptées. Il ne faut pas se leurrer, au vu de la progression des pathogènes globaux, on n’aura tout simplement pas le choix et les OGM sont inéluctables. La banane en est un parfait exemple. On n’en cultivait qu’une seule variété jusque dans les années 1960, la Gros Michel. Un virus unique s’est rapidement propagé à toutes les bananeraies du monde, qui n’avait aucune réponse,OGM (trop tôt) ou traditionnelle à proposer. Un peu par miracle, on a trouvé un plant mutant d’une variété, la Cavendish, qui résistait à ce virus. Aujourd’hui, partout dans le monde, on ne cultive plus que cette variété, et pire encore, tous les plants sont issus de l’Adam original de la banane moderne, ce plant unique résistant, par voie végétative, donc génétiquement, tous les plants de banane partout dans le monde sont le même individu, cloné des centaines de millions de fois. Cette absence totale de diversité génétique et l’absence de rotation des cultures en font une proie idéale pour les virus, et depuis quelques années, ce chancre est réapparu pour ravager presque toute l’Asie,condamnée à acheter des millions de plants éprouvette sains chaque année, parce que le virus est maintenant présent dans tous les champs. L’Amérique Centrale et du Sud ne seraient pas encore contaminées, mais ce n’est au plus qu’une question de quelques années. La réponse de l’industrie est d’utiliser les méthodes actuelles les plus efficaces, la transgénèse, pour créer un Cavendish résistant à ce virus. À moins de boycotter complètement la banane, je ne vois pas comment se passer d’OGM dans ce cas futur probable.

          Pareil pour le châtaignier, il n’en reste plus in seul aux États-Unis depuis plusieurs décades, ce sont des centaines de millions d’arbres qui ont disparus en une cinquantaine d’année, les plus âgés étant de taille gigantesque inimaginable en Europe, après qu’un amateur botaniste français ait planté quelques châtaigniers japonais dans son jardin de la Côte Est. Les Américains testent en parallèle des plants OGM et hybrides classiques, mais les hybrides sont toujours loin génétiquement du châtaignier autochtone, même après des décennies de sélection.

          Toutes ces évolutions de pathogènes nouveaux et globaux (au sens de présents dans tout le globe terrestre) me font penser que les OGM deviendront tout simplement inéluctables dans bien des cas, on commencera par exemple par accepter une exception pour « cas de force majeure » pour la banane, puis l’orange (situation pas brillante non plus), et ainsi de suite. Du coup, on aboutira à un paradoxe pour la bio : les plantes non OGM bio deviendront plus traitées que les plantes OGM résistantes.


          • Dom66 Dom66 11 août 20:11

            @Sozenz

            Trop long à regarder, pouvez nous dire c’est pour ou contre les OGM pour la grande agriculture ?

            Merci


          • Chimel Chimel 11 août 20:28

            @Sozenz Un chercheur du CRIIGEN, fondé par Séralini et feu Jean-Marie Pelt et qui travaille surtout avec les agences bio n’est peut-être pas très objectif. La vente de cette vidéo finance d’ailleurs directement les Faucheurs Volontaires. Cela étant, j’ai presque tous les livres de Jean-Marie Pelt depuis les années 80, et je les apprécie beaucoup.


            La vidéo de Christian Velot est une assez bonne introduction à la transgénèse. Il simplifie peut-être trop en disant que tous les organismes connus fonctionnent avec l’alphabet ADN AGCT. Les virus par exemple utilisent l’alphabet ARN AGCU. Mais je suis d’accord avec lui concernant les questions liées aux OGM, je suis pour les OGM, mais bien sûr pas à tout prix ou à toutes les sauces sans contrôle.

            Mon intérêt principal, c’est surtout la résistance à certains champignons et virus, la même chose qu’en mutagénèse, mais en s’assurant de ne pas perdre la spécificité de la plante originale.
            Après, on peut aussi imaginer des plantes qui synthétiseraient de la vitamine B12, qui ne se trouve actuellement que dans les produits animaux, plutôt que d’ajouter de la vitamine B12 de synthèse dans les céréales, même pour les personnes qui ne sont pas végétaliennes. Il y a certainement d’autres cas de figure où les OGM pourraient jouer un rôle utile.

          • Sozenz 11 août 20:32

            @Dom66

            c est vrai que c est mieux de passer 2 heures a regarder un match de foot plutot que de savoir ce que l on risque avec les ogms ;
            si vous etes incapable de voir et de comprendre pourquoi il faut impérativement arreter les ogms ( je parle bien des ogms et non des hybrides ) vous allez vous faire balloter à droite à gauche .

            Christian velot est un biologiste contre le ogms .
             







          • Chimel Chimel 11 août 20:40

            @Dom66 - La vidéo pose des questions valides à la fin, par exemple sur les études d’autorisations de mise sur le marché qui n’abordent pas tous les risques connus potentiels. Il n’y a pas vraiment de parti pris pour ou contre dans la vidéo, même si le chercheur est activement contre.


          • Dom66 Dom66 11 août 22:28

            @Sozenz

            Mais voila une info quelle est bonne. Réponse agressive faite par un/une imbécile.

            Vous avez quelque chose contre les matchs de foot, moi non, mais là c’est du suspense.

            Pas dans une vidéo, vous vous connaissez la fin.

            Perso je suis contre les OGM, sauf pour la recherche médicale par exemple, mais sans savoir que ce C. Velot est contre les OGM je n’ai pas envie de passer 2 heures pour écouter un gus qui en vanterait les bienfaits.

            Voilà, et d’une. Et de deux, croyez vous que je suis incapable de comprendre pourquoi il faut arrêter les OGM ? Qui vous permet de croire ? Idiote comme réflexion.

            Vous balancez un post sans commentaire une vidéo d’1h 25, et vous trouvez blizzard que l’on pose la question.


          • Dom66 Dom66 11 août 20:10

            J’ai commencé à lire votre article, et j’ai vite arrête de lire votre torche bal.

            Monsanto >>> Bayer n’ont pas travaillé sur les OGM pour le bien de l’humanité, et d’une

            Je ne vais pas entamer une longue discussion stérile sur les OGM.

            Juste 2 choses.

            Planter des OGM permet de rependre le l’herbicide en grosse quantité...que les mauvaise herbe meurent (les insectes aussi)

            Les Agriculteurs utilisant des OGM sont obligé d’acheter les graines….donc dépendance


            • Chimel Chimel 11 août 20:50
              @Dom66
              "Monsanto >>> Bayer n’ont pas travaillé sur les OGM pour le bien de l’humanité« 
              Je suis bien d’accord. Où ai-je parlé une seule fois de Monsanto de manière positive ?

               »Planter des OGM permet de rependre le l’herbicide en grosse quantité« 
              D’accord aussi, je condamne cet usage irresponsable.
              Mon intérêt, c’est surtout les champignons et virus qui nécessitent par exemple d’utiliser du cuivre en AB.

               »Les Agriculteurs utilisant des OGM sont obligé d’acheter les graines"
              Ce n’est pas un argument nouveau, c’est déjà le cas avec tous les hybrides performants. On ne peut pas en récolter les graines pour les resemer. Pratiquement tous les poivrons sont des hybrides F1. Leurs graines donnent n’importe quoi, ni le parent mâle, ni le parent femelle, ni l’hybride de première génération, ou plutôt, de façon exceptionnellement rare. Les générations suivantes sont aussi souvent moins vigoureuses, donc les maraîchers commandent leurs graines tous les ans.

            • Dom66 Dom66 11 août 22:32

              @Chimel

              Ok, merci pour vos explications, pas évident en lecture au début. d’article.

              Cordialement



            • pemile pemile 12 août 20:04

              @Chimel « Pratiquement tous les poivrons sont des hybrides F1 »

              Et vous trouvez cela positif et pérenne ?


            • Chimel Chimel 13 août 05:11
              @pemile - C’est avant tout le consommateur qui veut des poivrons bien gros, dodus, croquants, juteux et de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Bien avant les agriculteurs fourbes et les semenciers avides.

              Mais d’une certaine manière, oui, c’est positif et pérenne, puisqu’il s’agit d’un complément à l’offre actuelle, ce n’est pas un choix hybride ou pas. Cette année, j’ai semé (très tard) et acheté des plants de poivrons bio hybrides et traditionnels. Pratiquement tous les poivrons bio en grande distribution sont aussi des hybrides F1. Question pérennité, il faudrait ne cultiver qu’une seule variété de poivron dans un rayon de 3-4 km pour en récolter des semences pures. Ce n’est évidemment pas le travail du maraîcher, cette pérennité est assurée depuis longtemps par des semenciers professionnels.

            • nono le simplet nono le simplet 13 août 05:47

              @Chimel

              Question pérennité, il faudrait ne cultiver qu’une seule variété de poivron dans un rayon de 3-4 km pour en récolter des semences pures.
              c’est encore pire pour les cucurbitacées ... entre autres les courgettes qui ont la fâcheuse tendance à croiser avec les autres, surtout les courges ...
              pour les tomates on peut garder la même variété sur plusieurs générations ... les croisements naturels étant plus rares ... j’ai la même variété de grosses tomates semées par une voisine depuis plus de 50 ans ...

            • Chimel Chimel 13 août 10:01
              @nono le simplet - Oui, plutôt que de reprendre à tort l’exemple du poivron juste parce qu’on en parlait déjà (les solanacées sont relativement autogames), j’aurai dû prendre celui de la betterave (anémophile, pollinisée par le vent) ou de la courgette (entomophile, par les insectes), qui elle, est bien allogame (pensez allo=téléphone=à distance) et couche avec le premier venu ! D’ailleurs, ne cultivez pas de coloquintes ou autres gourdes amères près de vos courgettes, il y a eu récemment plusieurs cas d’empoisonnement à la cucurbitacine par pollinisation croisée. Dans deux cas, des femmes en ont même perdu leurs cheveux.

              À part le pois, l’autogamie est rarement à 100 %, donc conservez de bonnes distances de plantation. Mes 3-4 km correspondaient d’ailleurs plutôt au rayon d’action supposé des abeilles, la distance pratique retenue est inférieure au pire à 2 km, au mieux à 2 m (pois, laitue, tomate). Ce n’est pas un problème pour les semences paysannes comme le blé (autogame), où on cultive 20 ou 30 variétés justement pour leur diversité, donc 1-2 % d’hybrides inconnus en plus sont plutôt un avantage : même si ça finit par faire beaucoup d’hybrides au bout de 20, 30, 40 ans, et que ça ne ressemble plus trop au mélange original, cela sélectionne surtout les variétés les plus adaptées au terroir, ce qui est le but recherché.

              Pour les tomates, il est facile de voir si la variété présente un risque d’allogamie plus élevé : leurs fleurs pas encore écloses ont le pistil (mâle) décalotté qui dépasse un peu alors que les plus autogames ont un prépuce d’étamines (femelles) qui entoure le pistil comme un préservatif !
              Pour compliquer la chose, une variété autogame au nord de la France peut être plus allogame (40 %) au sud ou lors d’un été à fortes chaleur et humidité qui, allez, on va juste dire dilate le pistil.

            • zygzornifle zygzornifle 12 août 10:11

              Cultiver bio sur une planète entièrement polluée du sol a l’air en passant par l’eau, bon courage .....


              En plus si on est retraité sans dentier, RSA ou Smicard le bio on s’en tape , on a tout juste les moyens de se payer de la merde bien présentée ....

              • zygzornifle zygzornifle 12 août 10:13

                Monsanto-Bayer travaille pour le bien de l’humanité comme Macron travaille pour le bien des pauvres ....


                • Matlemat Matlemat 12 août 19:13

                  Le progrès a parfois du bon mais aussi du mauvais, les OGM séviront surtout à maximiser les profits des semenciers, il y a des droits de propriété sur le vivant et des gènes Terminator qui forcent le paysan a toujours racheter des semences. Le risque aussi de créer des espèces résistantes est que les maladies seront au retour plus résistantes elles aussi et le paysan soumis sera obligé d’acheter la semence OGM.


                  • Xenozoid Xenozoid 12 août 19:28
                    @Matlemat
                    ben oui, c’est logique la propriété ne peux avoir qu’un but...le vivant

                  • Xenozoid Xenozoid 12 août 19:30

                    @Xenozoid
                    la propriété étant prédatrice et authoritaire,le vivant sera domestiqué


                  • Chimel Chimel 12 août 20:17

                    @Matlemat - Si les agriculteurs sont forcés de racheter leurs semences OGM, c’est à cause du contrat auquel ils s’engagent avec Monsanto de ne pas resemer leur récolte, pas à cause du gène Terminator qui n’a jamais été commercialisé. Le contrat est écrit sur le sac de semences, le simple fait de l’ouvrir constitue un accord explicite avec les conditions de Monsanto.

                    Mais c’est vrai que cultiver uniquement du maïs ou du soja ou du colza Roundup-Ready crée des problèmes, on a déjà identifié des dizaines de plantes adventices (« mauvaises herbes ») qui montrent des signes de résistance ou tolérance au Roundup. L’une d’entre elles a même développé une relation presque symbiotique avec le Roundup, elle utilise les molécules du glyphosate qu’elle transforme en certaines molécules dont la plante a besoin dans une réaction qui est plus économique (en énergie dépensée) pour elle que de prendre les nutriments du sol et les transformer. Il y a toujours des endroits comme les bordures des champs où les plantes adventices sont exposées au Roundup en quantité insuffisante pour les tuer, mais suffisante pour les pousser à développer une résistance, une évolution forcée par l’homme en quelque sorte.

                    C’est pour ça que je suis contre les OGM résistants aux herbicides, ou ceux qui fabriquent leur propre insecticide, une des toxines (protéines) fabriquées par le bacille de Thuringe (Bt). Le maïs en particulier intègre plusieurs modifications génétiques combinées, il n’est plus juste Roundup-Ready ou Bt. Ça tombait d’ailleurs à pic pour Monsanto, dont le brevet Roundup-Ready arrivait à expiration et que tout semencier aurait pu reproduire à l’identique : ils ont créé le maïs Roundup-Ready 2, qui combinait plusieurs gènes, notamment plusieurs insecticides, et donc rendait obsolètes le maïs Roundup-Ready et ses concurrents, avec un nouveau brevet qui leur permettait de verrouiller leur maïs pour 20 années supplémentaires.

                    Les semenciers savaient que ce phénomène de résistance allait se développer, mais ils savaient aussi qu’ils disposaient de plusieurs années avant de devoir changer un peu leur système, et les agriculteurs ont fait leurs années grasses avec le maïs. Les premières mesures contre la résistance consistaient à recommander de créer des « zones refuges », des bandes du champ où des semences non-OGM étaient semées. Puis il y a eu le « refuge in the bag », où parmi les sacs de semences OGM se cachaient des sacs de semences non OGM pour faciliter le travail des agriculteurs, qui n’avaient plus qu’à vider les sacs de semences dans n’importe quel ordre dans la planteuse.

                    À peu près au même moment sont arrivés les OGM résistants à d’autres herbicides que le Roundup, et en premier lieu, le Suisse Bayer (le nouveau propriétaire de Monsanto) avec ses semences LibertyLink tolérantes à leur herbicide Liberty (dont le principe actif est le glufosinate). Il existe maintenant des semences tolérantes aux herbicides Dicamba et 2,4-D, et certaines combinent même la résistance à deux herbicides différents, pour que l’agriculteur puisse épandre ces deux herbicides à différents stages de la culture, pour que les rares mauvaises herbes tolérantes à l’un soient définitivement éliminées par l’autre. Évidemment, il faut s’attendre à ce que les plantes adventices deviennent tolérantes aux deux, même si ça prendra de nombreuses années de plus. Je pense que le postulat des semenciers OGM est qu’on sera tous morts d’ici là, donc pas de souci... ;(


                  • Matlemat Matlemat 12 août 22:30

                    @Xenozoid

                    Oui des espèces vivantes qui n’appartiennent à personne voilà qui est intolérable.


                  • Xenozoid Xenozoid 12 août 22:38

                    @Matlemat


                    et les pensées aussi,genre comment il a droit de souffrir...tu vois...les mots ont un sens...lol

                  • Matlemat Matlemat 12 août 23:24

                    @Chimel

                    C’est d’accord, il ne faut peut être pas jeter le bébé avec l’eau du bain mais le problème fondamental des OGM est que c’est le profit qui motive la recherche et pas le bien être de l’humanité ou la préservation de l’environnement. Je trouve également dangereux de jouer aux apprentis sorciers, l’humanité n’est pas encore assez mature pour cela. Je vous crois qu’il y a eu des progrès dans la connaissance de l’ADN mais c’est le système societal non durable qui est le problème, personne ne peut prédire comment sera le monde dans un siècle avec les catastrophes économiques et écologiques qui arrivent. Personne ne peut garantir qu’on arrivera à rattraper les erreurs comme l’invention d’une espèce invasive et destructice. Il est sans doute difficile d’arrêter le progrès mais il était beaucoup plus simple de laisser faire la nature.


                  • pemile pemile 12 août 19:46

                    @Chimel « malgré l’inoffensivité de la technique moderne Crispr »

                    Sur quelles bases vous appuyez vous pour affirmer cela ??!!


                    • Chimel Chimel 12 août 20:30

                      @pemile Crispr-Cas9, les « ciseaux génétiques » consiste simplement à découper les brins d’ADN du chromosome à un endroit précis, ce qui ne change strictement rien au génome une fois recollé. C’est ce qu’on en fait, c’est à dire les séquences de gènes qu’on introduit avant de rattacher les deux bouts du brin d’ADN, qui change le génome.

                      Par exemple, on peut introduire des gènes qui fabriquent plusieurs toxines insecticides différentes provenant du bacille de Thuringe. Du coup, il existe un risque que ces molécules se retrouvent dans l’environnement, un risque que la plante ne se comporte plus comme auparavant, etc., mais ce ne sont pas des risques liés à la technique Caspr-Cas9 elle-même. Dans la pratique, les deux sont inséparables, donc effectivement, il est difficile de dire qu’un de ces deux éléments est innocent, il est au moins complice... ;)


                    • pemile pemile 12 août 21:35

                      @Chimel

                      La technique est simple, efficace pour la manip recherchée, mais ne peut être « vendue » comme inoffensive.

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