=Un drone percute le toit du quartier général de la flotte de la mer Noire russe à Sébastopol, en Crimée
Une
explosion s’est produite samedi, en début de matinée, dans les
bâtiments du quartier général de la flotte de la mer Noire russe, à
Sébastopol, en Crimée.
Le gouverneur – placé par Moscou – de Sébastopol, Mikhaїl Razvojaїev, a expliqué sur Telegram qu’un drone avait percuté le toit du quartier général. Dans un autre message, il affirme que la défense aérienne de la flotte avait abattu un drone « juste au-dessus du quartier général ; il est tombé sur le toit et a pris feu ».
Il
n’y a pas de victimes, et les dégâts sont mineurs, a-t-il ajouté. Il a
attribué le drone aux forces ukrainiennes, dénonçant leur « entêtement incroyable ».
Ainsi la géolocalisation du bâtiment a été transmis par le drone. la prochaine étape sera une frappe de missile ukrainien. les Russosnazis ont compris le message, ils sont en train de déménager du bâtiment.
"Les Russes s’attendaient à ce que
quelqu’un leur ouvre la porte de l’intérieur"Il semble que des
responsables politiques ukrainiens se tenaient prêts à incarner un
gouvernement prorusse pour remplacer celui de Volodymyr Zelensky, que
les services secrets voyaient fuir ou se faire tuer. Ce gouvernement
fantoche impliquait vraisemblablement l’ancien président déchu
Viktor
Ianoukovitch, exilé en Russie, et l’oligarque
ukrainien Viktor Medvedtchouk, arrêté lors de sa fuite en avril
dernier.
Une analyse des communications du FSB sur une période plus
longue, suggère que le plan de Moscou avait en fait commencé deux
ans avant l’offensive. Un afflux d’agents russes en Ukraine avait
bien été détecté par les services ukrainiens, a expliqué un de
leurs responsables, mais ils l’avaient interprété seulement comme
une tentative d’augmenter l’influence russe. "Nous n’avions
pas imaginé une invasion de ce type", a-t-il confié au
Washington Post, "dans le style de la Seconde
Guerre mondiale, avec tanks, artillerie et infanterie".
Selon lui, les Russes "s’attendaient à ce que quelqu’un
leur ouvre la porte de l’intérieur, ils ne s’attendaient pas à la
moindre résistance".
Il est très vraisemblable, à la lecture des communications du
FSB, que les Russes eux-mêmes n’envisageaient pas de mener une
offensive militaire de ce type. Volodymyr Zelensky a
d’ailleurs expliqué cette semaine, dans un entretien accordé au
même journal américain, que Vladimir Poutine s’était lancé dans
une « guerre hybride », tant psychologique,
qu’économique ou militaire.
Le plan du Kremlin, selon le président ukrainien, consistait à
une dislocation du pays comme État et comme nation, avant même le
déclenchement de l’offensive. C’est en tout cas bien le récit qui
avait été remonté à Moscou par les rapports du FSB, et que la
résistance acharnée du peuple ukrainien a invalidé dès les
premières heures de la guerre.
De F Senneville, pour ceux qui veulent savoirce qui s’est passé à l’invasion de février 2022.
"
À
quelques jours du déclenchement de l’offensive, les services secrets
russes croyaient à une guerre-éclair.C’est ce que
révèlent des enregistrements des communications de leurs espions,
relayés par Le « Washington Post ». Or, le Kremlin et
l’armée russe ont largement pensé leur stratégie sur la base des
rapports de ces agents.
À quelques jours seulement de l’offensive russe en Ukraine, les
responsables des services secrets russes (FSB) ont envoyé à leurs
informateurs basés à Kiev des messages qui indiquaient
implicitement l’imminence d’une prise de contrôle de la capitale
ukrainienne. Ces collaborateurs du Kremlin devaient quitter l’Ukraine
au plus vite... mais en laissant derrière eux les clés de leurs
appartements, pour que les agents du FSB puissent s’y installer. Le
plan supposait une chute rapide de l’État ukrainien, et son
remplacement par des responsables ukrainiens prorusses à tous les
leviers du pouvoir. Mais tout ne s’est pas passé comme prévu.
C’est le Washington
Postqui a obtenu des transcriptions de ces communications,
transmises notamment par les services de sécurité ukrainiens, et
que le quotidien a pu faire analyser par des responsables américains.
Ces échanges entre le "Département de l’information
opérationnelle" du FSB, et ses agents ou collaborateurs
infiltrés en Ukraine, laissent entrevoir l’invraisemblable erreur
d’analyse dans laquelle ce service tentaculaire du régime russe a
persisté, contre toute évidence. Or, c’est sur les rapports du FSB
que s’est fondée la stratégie du ministère de la Défense, en
prévoyant une victoire rapide et écrasante, et une prise de
contrôle totale de l’appareil d’État ukrainien.
Les services secrets russes
étaient tellement sûrs de leur fait, que ses responsables se
préoccupaient plus, quelques jours avant le début de l’offensive,
des appartements qu’ils allaient pouvoir obtenir à Kiev, que de la
difficulté à renverser le gouvernement Zelensky. Ils entendaient
récupérer pour cela les logements laissés vacants par leurs
informateurs ukrainiens, pour faire place aux nombreux agents russes
qu’ils avaient prévu d’envoyer sur place. Certains d’entre eux
seraient d’ailleurs effectivement entrés en Ukraine aux côtés de
l’armée russe, mais n’ont jamais pu atteindre l’objectif de la
capitale comme c’était prévu. Et ils ont dû se retirer comme les
militaires, quand ceux-ci ont été redéployés sur les fronts du
sud et de l’est de l’Ukraine.
Opérations de sabotage demandées par Moscou
Le FSB avait largement infiltré tous les échelons de la société
et de l’État ukrainiens, fruit d’un travail long de plusieurs
décennies. De nombreux contacts et informateurs étaient rémunérés
par les services secrets russes, mais semblent ne pas avoir répondu
de la façon qu’on attendait d’eux, quand l’offensive a finalement
été déclenchée le 24 février dernier. Certains, appartenant
notamment aux services de sécurité ukrainiens, ont bien obéi et
effectué les opérations de sabotage qui leur avaient été
demandées par Moscou, mais beaucoup semblent avoir rechigné, et
n’ont pas eu l’impact escompté.
Surtout, c’est l’analyse de la réaction de la population
ukrainienne qui semble avoir été complètement faussée. Le FSB
avait pourtant fait réaliser des sondages d’opinion, qui montraient
que des pans entiers de la population avaient bien l’intention de
résister en cas d’invasion russe. Mais c’est pourtant un récit tout
autre qui a été remonté à Moscou, et qui a amené le Kremlin et
les militaires à penser qu’ils seraient accueillis en libérateurs.
La raison de ce hiatus est inconnue, et sujette à diverses
interprétations.
Pour un responsable occidental de la sécurité, contacté par le
Washington Post, "il y avait beaucoup de vœux
pieux dans l’armée russe et dans ses propres services de
renseignements. Mais c’est du FSB qu’ils sont venus au départ".
Par peur de les transmettre, ou par incapacité à les comprendre,
ces informations faussées sont remontées jusqu’au sommet de l’État,
qui a basé sur elles une stratégie de guerre-éclair, pourtant
vouée à l’échec." A suivre