On a perdu -( je parle des Chrétiens et aux Chrétiens au sens large, en y incluant les Musulmans qui, issus d’une secte chrétienne devenue autonome et protestante contre le culte des images et la trinité des trois personnes divines, reconnaissent le Christ et Marie et même « l’esprit saint » qui fait faire des miracles au Christ, voir la sourate V, Al-Maidah, La Table servie, (servie à la demande de Jésus, c’est-à-dire la Cène tombée du Ciel) verset 15, 110) - on a perdu, dis-je, la distinction entre la lettre et l’esprit qui est marquée dans l’auteur nommé Paul : la lettre tue et l’esprit vivifie, écrivait ce saint Paul dans ses Épîtres que l’Église chrétienne fait lire dans ses messes. Au fur et à mesure que l’esprit s’accroît en puissance, il s’affine, de même qu’un vieillard commence à se dématérialiser, pour ainsi dire : il ne cherche plus le plaisir, mais l’utile, comme dit Aristote dans sa Rhétorique.
Prenez l’exemple de la Vierge -Myriam ou Marie- et de la naissance de Jésus près du palmier, dans le Coran ; qui ne songe à l’accouchement de Freya, ancêtre des humains, près de l’arbre sacré, qui est l’axe du monde ? Je signale du reste que la couleur de Freya est le vert, et que son nom a donné Vendredi en langue nordique, le nom prétendu latin Vénus étant l’allemand « die Wonne », le plaisir. Mais ces mythes sont l’enveloppe d’une vérité surhumaine, alors que le mythe qu’attaque Sand est grossier, infrahumain, ou comme dit Nietzsche « trop humain », le paravent d’une entreprise belliqueuse, un argument d’avocat pour une cause indéfendable.
C’est pour souligner l’aveuglement de l’Ancien Testament à la lettre que les Chrétiens -à l’époque allemands- ont représenté à la cathédrale de Strasbourg la synagogue sous les traits d’une jolie femme aveugle, alors que la chrétienne a les yeux ouverts ce qui ajoute la vérité lumineuse à la forme de la pierre. Qu’Abraham ait vécu ou non à Ur en Chaldée, qu’il n’ait pas été en Égypte en chameau, ou que Pharaon ait ou non existé, que l’Égypte désigne le pays connu sous ce nom ou un autre endroit, comme le prétend l’équipe du professeur mathématicien et chercheur Anatoli Fomenko en Russie, présenté dans un autre article d’Agora, ne change rien au fond de l’affaire. Même si Abraham est tout autre que l’imagination nous le présente, sa brisure des idoles est du même ordre que celle qu’accomplit le dieu Thor avec son marteau ; et à cet égard, le noble Coran n’est pas un livre d’histoire, un art culinaire non plus, et ne mentionne du reste jamais le nom de Jérusalem -si j’ai bien lu-,et cite des hommes connus fans la légende des peuples, et ne prétend pas faire connaître leur biographie, sauf le sens de ce qui est dit d’eux.
Dans l’article commenté du professeur Sand il n’est essentiellement question que d’archéologie ; que les rédacteurs de la Bible aient non pas inventé mais recopié d’autres traditions qui donnaient un sens symbolique à leurs images, qui le nierait ? De nombreux passages comme le tour, 1 fois pendant 6 jours, de la ville de Jéricho qui fait tomber les murailles aux sons de la trompète, sont pris littéralement, alors qu’il sont une métaphore pour aider le peuple des fidèles à penser métaphysiquement. Je connaissais un Alsacien qui m’expliquait que les serpents de feu qui piquaient les Hébreux dans le désert étaient des « chakras » ou roues d’énergie dont parlent les Indiens, qui s’éveillaient. Peu donc importe qui sont ces « Hébreux », et où est ce désert, illustration d’une vérité et non la vérité en elle-même. Dans ce cas nous ressemblerions à ce troupeau dont parle Luther, qui s’agglomère autour d’un poteau indicateur, sans prendre la direction qu’il indique.
Merci à tous mes lecteurs, y compris les plus turbulents qui animent les discussions L’article soulève non pas la question du Monothéisme ou de la croyance en Dieu ; il n’y touche guère ; mais ruine une légende qui a été confondue avec la religion ; je dis bien « la » religion, en me conformant à cette pensée bien sage du philosophe allemand Kant, que la Religion est une idée unique, reposant sur une obligation d’accomplir son devoir, et qu’au lieu de parler de différentes religions, l’on devrait mieux dire, rites ou rituels et réserver la dignité de « la » religion à la plus haute forme. Chacun naturellement voit la religion selon son caractère populaire : « vous avez votre religion, j’ai la mienne » lit-on dans le Coran. Bien sûr, rares sont ceux aujourd’hui, par conformisme, qui oseraient comme le même philosophe Kant soutenir que le judaïsme -le mot Judentum dit à la fois en allemand la religion et le peuple - « n’est proprement absolument pas une religionmais purement et simplement une réunion d’un ensemble d’hommes qui, vu qu’ilsappartenaient à une lignée particulière se sont formés en une essence commune sous des lois purement et simplement politiques, partant aucunement en une église... : »( à lire dans son ouvrage « La Religion dans les limites de la pure et simple raison » 1793) . Les Allemands dans la pensée sont, me direz-vous, comme leurs Mercedes , solides, mais roulent vite, car ils le peuvent