Eh bien ! Voici la liste des propriétaires français. Choisissez parmi
les plus riches, afin de sacrifier moins de citoyens ; mais
choisissez ; car ne faut-il pas qu’un petit nombre périsse pour sauver
la masse du peuple ?
Allons, ces deux mille notables possèdent de quoi combler le déficit.
Ramenez l’ordre dans vos finances, la paix et la prospérité dans le
royaume (...).
Vous reculez d’horreur... Hommes inconséquents ! Hommes pusillanimes !
Et ne voyez-vous pas qu’en décrétant la banqueroute, vous vous souillez
d’un acte mille fois plus criminel ? (...) Croyez-vous que les
milliers, les millions d’hommes qui perdront en un instant, par
l’explosion terrible ou par ses contrecoups, tout ce qui faisait la
consolation de leur vie, et peut-être leur unique moyen de la
sustenter, vous laisseront paisiblement jouir de votre crime ?
Contemplateurs stoïques des maux incalculables que cette catastrophe
vomira sur la France, impassibles égoïstes, êtes-vous bien sûrs que
tant d’hommes sans pain vous laisseront tranquillement savourer les
mets dont vous n’avez voulu diminuer ni le nombre ni la délicatesse ?
Non : vous périrez."
Discours par lequel Mirabeau exhorta l’Assemblée
constituante, face à la crise, à décider la confiscation d’un quart des
plus grandes fortunes (1789).
Les institutions européennes sont les valets de la mondialisation.
C’est un constat.
Elles n’ont pas été créées pour se soumettre aux désirs du peuple,
fût-il citoyen, car leur rôle premier consiste à lui imposer les
directives du Nouvel Ordre Mondial.
La sphère d’action de la démocratie se limite donc, désormais et
vaille que vaille, aux espaces nationaux autour de compétences de
plus en plus réduites.
Quant aux parlementaires européens, ils sont plus inféodés aux
lobbies du grand capital, lui aussi mondialisé, qu’aux vœux de leurs
électeurs.
Dès lors, tout ce petit monde estime être en mesure de juger de ce
qui est bon pour le citoyen qui n’a donc plus qu’à la fermer.
Comme les
prisons, l’Union européenne a été bâtie afin de n’être jamais
réformable de l’intérieur.