Ce qui permet, une fois de plus, au député de gagner un
temps précieux en attendant les prochaines élections législatives.
Loin de penser que cette absence était un coup monté, il
convient de rappeler que Manuel Aeschlimann, à l’instar de ses pratiques de
« contournement » des marchés publics, n’en est pas à son coup
d’essai en matière de manipulation de la justice :
-2003-2007 : Manuel Aeschlimann, alors maire
d’Asnières, saisit la justice à tour de bras pour attaquer des opposants –
politiques, associatifs, ou simples citoyens – qui auraient osé dénoncer
certaines pratiques non démocratiques du maire. On dénombre dans la presse plus de 30
plaintes déposées et 40 procès aux motifs principaux de « diffamation » ou de
« refus d’insertion de droit de réponse » sur des sites
contestataires. Tout cela pour être débouté dans 70 à 80% des cas ! Au
passage, l’avocat de la ville d’Asnières, un intime et actuel employeur de Me
Manuel Aeschlimann, qui n’est autre que Me Schnerb (le fameux avocat souffrant
qui a fait reporter le procès en appel), a bien profité des 500 000 €
dépensés chaque année par la municipalité en frais d’avocat pour défendre les
intérêts de la ville… et accessoirement ceux de leurs élus, directeurs de
cabinet, etc.
-Juin 2006 : alors qu’il était témoin lors de
l’enquête dans l’affaire du festival folklorique, Manuel Aeschlimann demande
par courrier au juge d’instruction chargé de l’enquête sa mise en examen !
Il en profite pour critique ouvertement les « méthodes de travail »
du juge, ce qui provoque un tollé au sein de l’Union syndicale de la
magistrature (USM). Quelques mois plus tard, il sera bien mis en examen, pour
le résultat actuel que l’on connaît.
-Novembre 2007 – mars 2008 : il parvient à dissimuler
aux Asniérois un rapport accablant sur sa gestion d’Asnières rédigé par la cour
régionale des comptes d’Ile-de-France. Finalement, le rapport sort en douce, ce
qui contribue à la perte de la mairie d’Asnières en 2008. Le rapport est
effectivement lapidaire, de nombreuses irrégularités y figurant. (voir article)
-Avril 2010 : son procès en correctionnelle dans
l’affaire du marché de restauration des écoles asniéroises est reporté à
septembre car un des avocats des prévenus a saisi le Conseil Constitutionnel sur la conformité de la garde à vue avec la Constitution.
Hasard ou pas, Manuel Aeschlimann se démenait depuis un
moment à l’Assemblée Nationale pour réformer la procédure de garde à vue !
Alors, l’absence de Me Schnerb était-elle préméditée ?
Difficile à dire, mais cela rajoute un item aux rapports délicats qu’entretient
Manuel Aeschlimann avec la justice.
@ tonimarus45 : c’est juste, et ça, on a vraiment du mal à le comprendre... Si quelqu’un pouvait expliquer s’il existe dans la loi un rapport établi entre un chef d’accusation et une peine d’inélibilité, je suis preneuse !
Dans le même ordre d’idée, par quel mécanisme une peine d’inéligibilité est systématiquement réduite en appel ?
Si la justice se doit d’être indépendante, elle devrait aussi être transparente...
@ frugeky : vous avez raison de préciser que Manuel Aeschlimann est un proche de Nicolas Sarkozy qui, malgré ses déboires judiciaires, ne le lâche curieusement pas ! Serait-ce un retour d’ascenseur pour celui qui a bien servi l’UMP et Nicolas Sarkozy lors de la campagne de 2007 ? Il faut rappeler aussi que Manuel Aeschlimann a été l’un des artisans de la stratégie de récupération des votes du FN, élément déterminant dans la victoire finale de Sarkozy. D’ailleurs, un jugement favorable pour l’ancien maire d’Asnières risque fort d’être interprété comme la marque du soutien du chef de l’Etat à son encontre... et relancera le débat de l’indépendance de la justice en France.