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ExSam

J’ai grandi dans le sud-ouest. J’habite dans les Yvelines et je sais pas où je finirai, mais ça sera pas loin de la mer.
Commencé comme animateur de ciné-club, j’ai continué comme représentant en capitalisation avant de plonger dans l’insertion, comme formateur, quelques temps.
Mon boulot actuel est un peu de côté. J’avais besoin de prendre l’air, de faire de petites choses et des plus grandes.
J’aime les études, je les ai poursuivies longtemps mais elles ne m’ont servi à rien, sauf à entretenir un pseudo-intellectualisme qui ne m’empêche pas de me raser.

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  • ExSam 3 juillet 2007 12:34

    Marx reste plus que jamais d’actualité pour comprendre les ressorts essentiels du système capitaliste, en termes de plues-values, d’exploitation, ainsi que certains « prolongateurs » dans son droit fil, sur la question de l’impérialisme notamment. S’il est prolongé, enrichit, il semble loin d’être dépassé.

    D’ailleurs, un économiste écouté aujourd’hui, Bernard Maris, qui n’est pourtant pas photographié avec un couteau entre les dents, confesse dans son dernier livre le caractère fondamental du travail de Marx pour comprendre le capitalisme et qualifie d’épigones la plupart des économistes qui le suivirent.

    On jugera par contre comment il faut considérer l’« obsolescence » de Marx, quand elle décrétée par un Raymond Aron, en lisant les propos de Didier Eribon sur lui.

    Didier Eribon, auteur de « Michel Foucault », « Echapper à la psychanalyse » qui fut longtemps Visiting Professor of Philosophy and Theory à Berkeley, puis Visiting Scholar à l’Institute for Advanced Study, à Princeton.

    Eribon est donc philosophe et écrit en 2006, dans « D’une révolution conservatrice », :

    Les références intellectuelles de la gauche devinrent les mêmes que celles de la droite, c’est-à-dire qu’elles devinrent des références de droite...

    Eribon s’exprime ici sur le Parti Socialiste. Cette phrase peut être considérée comme un résumé du thème traversant son livre : la dérive du PS et la droitisation globale des politiques, en lien avec une mise sous le boisseau des créativités et subversions qui fleurirent en 68 et perdurèrent quelques années après.

    ...L’on a prétendu que c’était une sorte de revanche de Raymond Aron sur Sartre. Ce fut beaucoup plus généralement celle de la droite française sur Mai 68 et sur ce que cet événement avait cristallisé. Raymond Aron n’est que la désignation métonymique du bagage politique que ses livres véhiculaient, de l’univers mental qu’il incarnait, de la figure - ô combien laide ! - de l’intellectuel au service du pouvoir et de l’ordre établi à laquelle son image renvoie, c’est-à-dire de toute une tradition de la pensée de droite opposée à la pensée critique, aux intellectuels de gauche, aux mouvements sociaux (et notamment, bien sûr, aux mobilisations et manifestations publiques du mouvement ouvrier).



  • ExSam 3 juillet 2007 11:48

    Le « fameux appel » dont parle l’auteur tranche effectivement avec les postures et les discours mesurés/connivents des soutiens des populations immigrées de différentes générations, concentrées dans des zones populaire, et bien sûr pauvres.

    Comme matrice de discours radical, je trouve qu’il doit être lu. J’ajoute que je suis d’accord avec l’ensemble de ce qui est écrit là :

    L’Appel a été rendu public en janvier 2005. Il a été signé par plusieurs milliers de personnes...

    Discriminés à l’embauche, au logement, à la santé, à l’école et aux loisirs, les personnes issues des colonies, anciennes ou actuelles, et de l’immigration post-coloniale sont les premières victimes de l’exclusion sociale et de la précarisation.

    Indépendamment de leurs origines effectives, les populations des « quartiers » sont « indigénisées », reléguées aux marges de la société. Les « banlieues » sont dites « zones de non-droit » que la République est appelée à « reconquérir ». Contrôles au faciès, provocations diverses, persécutions de toutes sortes se multiplient tandis que les brutalités policières, parfois extrêmes, ne sont que rarement sanctionnées par une justice qui fonctionne à deux vitesses.

    Pour exonérer la République, on accuse nos parents de démission alors que nous savons les sacrifices, les efforts déployés, les souffrances endurées. Les mécanismes coloniaux de la gestion de l’islam sont remis à l’ordre du jour avec la constitution du Conseil français du Culte Musulman sous l’égide du ministère de l’Intérieur.

    Discriminatoire, sexiste, raciste, la loi anti-foulard est une loi d’exception aux relents coloniaux. Tout aussi colonial, le parcage des harkis et enfants de harkis. Les populations issues de la colonisation et de l’immigration sont aussi l’objet de discriminations politiques. Les rares élus sont généralement cantonnés au rôle de « beur » ou de « black » de service. On refuse le droit de vote à ceux qui ne sont pas « français », en même temps qu’on conteste « l’enracinement » de ceux qui le sont. Le droit du sol est remis en cause.

    Sans droit ni protection, menacées en permanence d’arrestation et d’expulsion, des dizaines de milliers de personnes sont privées de papiers. La liberté de circulation est déniée ; un nombre croissant de Maghrébins et d’Africains sont contraints à franchir les frontières illégalement au risque de leurs vies.

    La France a été un Etat colonial... Pendant plus de quatre siècles, elle a participé activement à la traite négrière et à la déportation des populations de l’Afrique sub-saharienne. Au prix de terribles massacres, les forces coloniales ont imposé leur joug sur des dizaines de peuples dont elles ont spolié les richesses, détruit les cultures, ruiné les traditions, nié l’histoire, effacé la mémoire. Les tirailleurs d’Afrique, chair à canon pendant les deux guerres mondiales, restent victimes d’une scandaleuse inégalité de traitement.

    La France reste un Etat colonial ! En Nouvelle Calédonie, Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion, Polynésie règnent répression et mépris du suffrage universel. Les enfants de ces colonies sont, en France, relégués au statut d’immigrés, de Français de seconde zone sans l’intégralité des droits. Dans certaines de ses anciennes colonies, la France continue de mener une politique de domination. Une part énorme des richesses locales est aspirée par l’ancienne métropole et le capital international. Son armée se conduit en Côte d’Ivoire comme en pays conquis.

    Le traitement des populations issues de la colonisation prolonge, sans s’y réduire, la politique coloniale. Non seulement le principe de l’égalité devant la loi n’est pas respecté mais la loi elle-même n’est pas toujours égale (double peine, application du statut personnel aux femmes d’origine maghrébine, sub-saharienne...). La figure de l’« indigène » continue à hanter l’action politique, administrative et judiciaire ; elle innerve et s’imbrique à d’autres logiques d’oppression, de discrimination et d’exploitation sociales.

    Ainsi, aujourd’hui, dans le contexte du néo-libéralisme, on tente de faire jouer aux travailleurs immigrés le rôle de dérégulateurs du marché du travail pour étendre à l’ensemble du salariat encore plus de précarité et de flexibilité.

    La gangrène coloniale s’empare des esprits. L’exacerbation des conflits dans le monde, en particulier au Moyen-Orient, se réfracte immédiatement au sein du débat français. Les intérêts de l’impérialisme américain, le néo-conservatisme de l’administration Bush rencontrent l’héritage colonial français.

    Une frange active du monde intellectuel, politique et médiatique français, tournant le dos aux combats progressistes dont elle se prévaut, se transforme en agents de la « pensée » bushienne . Investissant l’espace de la communication, ces idéologues recyclent la thématique du « choc des civilisations » dans le langage local du conflit entre « République » et « communautarisme ».

    Comme aux heures glorieuses de la colonisation, on tente d’opposer les Berbères aux Arabes, les Juifs aux « Arabo-musulmans » et aux Noirs. Les jeunes « issus de l’immigration » sont ainsi accusés d’être le vecteur d’un nouvel anti-sémitisme.

    Sous le vocable jamais défini d’« intégrisme », les populations d’origine africaine, maghrébine ou musulmane sont désormais identifiées comme la Cinquième colonne d’une nouvelle barbarie qui menacerait l’Occident et ses « valeurs ». Frauduleusement camouflée sous les drapeaux de la laïcité, de la citoyenneté et du féminisme, cette offensive réactionnaire s’empare des cerveaux et reconfigure la scène politique.

    Elle produit des ravages dans la société française. Déjà, elle est parvenue à imposer sa rhétorique au sein même des forces progressistes, comme une gangrène. Attribuer le monopole de l’imaginaire colonial et raciste à la seule extrême-droite est une imposture politique et historique. L’idéologie coloniale perdure, transversale aux grands courants d’idées qui composent le champ politique français.

    La décolonisation de la République reste à l’ordre du jour ! La République de l’Egalité est un mythe. L’Etat et la société doivent opérer un retour critique radical sur leur passé-présent colonial. Il est temps que la France interroge ses Lumières, que l’universalisme égalitaire, affirmé pendant la Révolution Française, refoule ce nationalisme arc-bouté au « chauvinisme de l’universel », censé « civiliser » sauvages et sauvageons.

    Il est urgent de promouvoir des mesures radicales de justice et d’égalité qui mettent un terme aux discriminations racistes dans l’accès au travail, au logement, à la culture et à la citoyenneté. Il faut en finir avec les institutions qui ramènent les populations issues de la colonisation à un statut de sous-humanité.

    Nos parents, nos grands-parents ont été mis en esclavage, colonisés, animalisés. Mais ils n’ont pas été broyés. Ils ont préservé leur dignité d’humains à travers la résistance héroïque qu’ils ont mené pour s’arracher au joug colonial. Nous sommes leurs héritiers comme nous sommes les héritiers de ces Français qui ont résisté à la barbarie nazie et de tous ceux qui se sont engagés avec les opprimés, démontrant, par leur engagement et leurs sacrifices, que la lutte anti-coloniale est indissociable du combat pour l’égalité sociale, la justice et la citoyenneté.

    Dien Bien Phu est leur victoire. Dien Bien Phu n’est pas une défaite mais une victoire de la liberté, de l’égalité et de la fraternité !

    Pour ces mêmes raisons, nous sommes aux côtés de tous les peuples (de l’Afrique à la Palestine, de l’Irak à la Tchétchènie, des Caraïbes à l’Amérique latine...) qui luttent pour leur émancipation, contre toute les formes de domination impérialiste, coloniale ou néo-coloniale.

    NOUS, descendants d’esclaves et de déportés africains, filles et fils de colonisés et d’immigrés, NOUS, Français et non-Français vivants en France, militantes et militants engagé-es dans les luttes contre l’oppression et les discriminations produites par la République post-coloniale, lançons un appel à celles et ceux qui sont parties prenantes de ces combats à se réunir en Assises de l’anti-colonialisme en vue de contribuer à l’émergence d’une dynamique autonome qui interpelle le système politique et ses acteurs, et, au-delà, l’ensemble de la société française, dans la perspective d’un combat commun de tous les opprimés et exploités pour une démocratie sociale véritablement égalitaire et universelle.

    Le 8 mai 1945 , la République révèle ses paradoxes : le jour même où les Français fêtent la capitulation nazie, une répression inouïe s’abat sur les colonisés algériens du Nord-Constantinois : des milliers de morts !

    Le 8 mai prochain, 60ème anniversaire de ce massacre, poursuivons le combat anticolonial par la première Marche des indigènes de la République



  • ExSam 2 juillet 2007 22:16

    L’avenir jugera si ces consommateurs auront réalisé le bon choix.

    Dans la série : les promesses ultra-libérales rendent les fous joyeux.



  • ExSam 2 juillet 2007 22:13

    98% des immigrés sont à faible valeur ajoutée...

    Rhétorique réificatrice ordinaire du forumeur addict aux discours Sarkolepénistes communs.



  • ExSam 2 juillet 2007 22:09

    Reinette

    Tu as raison, Reinette, on n’en finirait pas de pointer les dérives du PS, depuis l’initiale participation aux répartitions du racket organisé par Chirac et sa clique. Pour lequel il faudra bien que démocratie passe et Chirac paye.

    Cependant, comme dans tous les partis, il est au PS des militants sincères et qui ne peuvent supporter ce délitement. Une refondation de gauche, par des Etats Généraux en devenir les concerne. La suite, il devront la faire eux-mêmes : rénover ce PS moribond, ou en sortir sur les bases d’une gauche de transformation sociale en fondant un nouveau PS qui retrouvera le sens des valeurs fondamentales et servira la gauche de gauche.

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