Non je ne répondais qu’à votre affirmation suivante :
« Ha ha ha ! Mr le savant, je vous montre ci-dessus que vos théories sont réductionnistes et bonnes pour des raisonnements binaires : les experts ! »
La Théorie des jeux n’est pas un raisonnement binaire, c’est une science qui fait l’objet de nombreux travaux aujourd’hui et je vous garantie qu’elle est à la base de toutes les réflexions de tous ceux qui ont à prendre des décisions stratégiques dans le monde.
Un des résultats de cette Théorie consiste justement à montrer que des joueurs placés en concurrence, et qui souhaitent avant tout défendre leurs propres buts, peuvent avoir intérêt à coopérer pour maximiser leurs gains réciproques.
C’est un paradoxe qui s’énonce comme suit : il faut parfois être altruiste pour atteindre des buts égoïstes !
Le dilemme du prisonnier est un jeu à deux partenaires et cela est réducteur, mais il n’empêche qu’il décrit suffisamment bien les différentes options disponibles pour que l’on s’aperçoive que ni la Chine, ni les USA, n’ont intérêt à se tirer dans les pattes, au delà d’un certain seuil.
C’est pourquoi ils se chamaillent, sans jamais se cogner comme des sourds.
Et nous ne sommes que des comparses dans ce jeu principal, ce qui veut dire que nous risquons d’être instrumentalisés lorsqu’un des deux compères voudra marquer un point.
Est-ce une situation enviable ? Même si nous recevons un pourboire pour avoir été utilisé ?
C’est pour ça qu’il faut faire l’Europe avec les Russes, car alors il y aura au moins un jeu à trois, qui n’a pas encore été entièrement conceptualisé mais qui le sera peut-être un jour.
J’ai bien peur que ce soit les Mathématiques et certaines de ses branches qui gèrent aujourd’hui les affaires du monde. Par exemple la Théorie du Chaos, ou la Théorie des Jeux.
L’Economie mondiale libérale repose sur le Théorème de Arrow et sur la définition des équilibres de Pareto tandis que les relations stratégiques et économiques entre puissances sont gérées par des spécialistes des équilibres de Nash.
Tout ceci laisse de moins en moins de place au discussions de café du commerce, et on ne saurait trop recommander au lecteurs qui ne sont pas familiers de ces matières de ne pas trop se préoccuper des relations Sino-Américaines !
Les discussions d’aujourd’hui entre la Chine et les USA concernant la valeur du yuan rappellent les discussions d’il y a vingt ans entre le Japon et les USA concernant la valeur du yen.
Le Japon hier, et la Chine d’aujourd’hui, ont fondé leur développement sur la vigueur du marché intérieur américain, qui joue le rôle d’acheteur en dernier ressort en payant avec la seule monnaie acceptée par tous les opérateurs dans le monde sur tous les marchés financiers comme monnaie de paiement internationale : le dollar.
La Chine et les USA sont deux partenaires qui se tiennent par la barbichette et qui ont chacun tout intérêt à ce que l’autre soit aussi prospère que possible. C’est une situation bien connue en Théorie des Jeux que l’on appelle : situation gagnant-gagnant.
Cela signifie que celui des deux partenaires qui cherchent à s’octroyer un avantage décisif sur son partenaire se suicide du même coup.
Pour ceux que cela intéressent, voir en Théorie des Jeux :
- Le problème du dilemme du prisonnier
- La définition des équilibres de Nash
La Théorie des Jeux est aujourd’hui enseignée dans toutes les bonnes universités du monde et sert de base théorique employée par tous les les gouvernements dans la définition de leurs politiques internationales, tant sur le plan militaire (équilibres stratégiques) que sur le plan économique (politique de libre-échange).
Et cette Théorie nous enseigne que la Chine et les USA sont condamnés à s’entendre. Espérons seulement que cela ne sera pas au détriment des autres !