Cette élection n’est qu’un moment de la « révolution citoyenne » appelée par le Front de Gauche. Elle peut en être un temps fort, mais l’élection présidentielle et l’avènement inéluctable d’un autre modèle de société peuvent ne pas du tout coïncider. En tout cas, vous avez raison : la pédagogie est indispensable. Et j’ajouterais : la prise de conscience politique.
Hollande n’est pas le « seul recours » : la social-démocratie participe complètement au fonctionnement de la société néolibérale, elle ne la remet absolument pas en cause. L’erreur serait d’assimiler ce réformisme mou à la gauche. Or, cette confusion étant à l’oeuvre, le mandat de Hollande décevra nécessairement. Ce qui est à craindre c’est : que choisiront ensuite les Français qui ne voudront plus de la droite (ils ont déjà donné et ça devient invivable) et qui auront été trompés par cette (fausse) gauche ?
Aucune division au Parti de Gauche, qui ne constitue qu’un seul parti, indivisible. Vous pouvez ne pas vouloir sortir de la crise. Vous avez le droit de refuser le débat sur le nucléaire, sur les services publiques, sur la maîtrise des tarifs de l’énergie, etc. Vous pouvez continuer à vouloir un président-monarque omnipotent. Vous pouvez refuser les mesures réellement contre la finance. C’est votre liberté. Entendez que d’autres pensent que la France mérite autre chose.
Aller à la soupe ? Et pourquoi croyez-vous que PS, MoDem et d’autres reprennent le langage du Front de Gauche, s’il ne représente rien ?
Par ailleurs, personne ne vous oblige à lire cette analyse trop longue pour vous. Si vous n’avez pas compris que la distortion entre l’apparence et le fond constitue le coeur de cet article, j’en suis désolé, je n’ai peut-être pas été assez clair.
Quant au « feu d’artifice », ce n’est pas moi qui consacre autant de temps de parole à Hollande ! Le feu d’artifice est ailleurs (allez jeter un oeil sur le temps de parole octroyé aux différents partis, sur le site du CSA).
Enfin, « battre Sarko » ? Ce n’est pas l’enjeu ! Ce qui compte c’est de changer sa politique, et ça, Hollande ne le propose pas, je crois l’avoir démontré.
Si François Hollande était élu, il ne mènerait pas seulement une politique très voisine de celle qui prévaut actuellement, il ferait du même coup la preuve que « la gauche » est incompétente. C’est ça qui est le plus grave. Or, cinq ans plus tard, après cet échec (et afin de ne pas retrouver la même droite qui a sévi sous Chirac et sous Sarkozy), je crains que les électeurs n’en viennent à se tourner vers d’autres aventures, bien plus dangereuses... Voilà le double risque du vote Hollande.