tout à fait d’accord avec vous sur le dernier point ; d’ailleurs, il me semble que dans certains pays du nord (Suède, Danemark ou Finlande, je ne me souviens plus très bien d’un reportage vu sur la chaîne « Planète »), ça se pratique déjà :le personnel politique tient ses électeurs informés de leurs moindres gestes de dépenses !
De là à ce que ce genre de chose se mette en place chez nous.......
Par contre, ce qui constitue un point de désaccord entre nous(mais ce qui est bien, c’est que nous en parlions calmement), est votre attachement à ce vieux concept du couple « leader/suiveurs » !
En tant qu’ancien délégué syndical, je sais qu’une manif’ ne sert pratiquement plus à rien (de toute façon, monopoliser les gens devient de plus en plus difficile, même s’ils sont tout à fait conscient de l’importance de l’enjeu) ; idem pour une grève !
Ces moyens de lutte sont malheureusement obsolètes, face aux « armes » dont disposent dorénavant les adversaires, comme l’est cette dichotomie leader/suiveurs !
Je pense plus que les changements à venir, se feront sur un mode plus « soft », si vous me pardonnez cet anglicisme ! Cela se fera sur la continuité, sur une échelle temporelle beaucoup plus longue, que celle d’une révolution (succession d’évènements assez rapprochés dans le temps, aboutissants à des changements) .
Attention, je ne suis pas angélique :comme je l’ai écris plus haut, je suis conscient que le paramètre violence n’est jamais loin, pour les raisons développées dans le premier message, que je ne répèterai donc pas ici.
Par contre, ce qui est intéressant dans cette hypothèse, c’est que ce ne sont pas ceux à l’origine du changement, qui utiliseront la violence contre le système établi dans lequel ils ne se reconnaissent plus !
S’il doivent utiliser la violence, ce ne sera qu’en réaction à la violence du système établi, qui cherchera à mater des contestataires, même si à la base, ils ont développés leurs alternatives sans aucune violence : ils n’ont pas forcé quiconque à s’insérer dans leur tentatives, tout est de l’ordre du volontaire. Ils ne cherchent pas à imposer leur solution aux autres, ils se contentent disons d’exposer des faits, de les soumettre à la réflexion des autres :
« Voilà ce qu’on fait, voila comment on fonctionne ; on a des problèmes, mais on réussi à les résoudre ; nous remarquons globalement, que notre idée est viable et nous considérons qu’elle est plus appropriée aux enjeux du moment que votre modèle. Mais nous n’imposons rien, nous demandons simplement que nos choix soient respectés ; si vous voulez vous inspirer de ce que nous faisons, libre à vous. vous pouvez même faire pareil si vous voulez, ou bien modifier un ou plusieurs paramètres. »
Les autres, ce sont d’autres groupes testant d’autres solutions, mais ce
sont surtout ceux qui sont partie intégrante du système en place.
C’est un peu si vous voulez la démarche que l’on trouve dans la sphère du logiciel libre !
Tout le monde peut choisir Linux gratuitement, le modifier pour ses besoins, offrir les modifications aux autres si certains sont intéressés, mais les gens peuvent très bien continuer à utiliser des OS propriétaires pour lesquels ils payent, si c’est là leur volonté !
L’analogie avec le monde de l’informatique est intéressante je trouve, car que remarque-t-on ?
Les vendeurs de logiciels propriétaires, se sentent tout de suite menacés : logique, autant de gens qui passeront au libre, constitueront pour ces firmes, des clients potentiels ou existant, en moins.
Alors ces firmes, vont tenter au maximum, de terrasser cette démarche ! Au lieu d’un combat à la loyale, ils emploieront les coups bas, les manipulations diverses, pour bouter l’ennemi hors de la sphère !
C’est la réaction maladive, d’une humanité malade, qui ne s’intéresse qu’à des problèmes de concurrence, de compétition, de « parts de marché », etc,etc......
Cette maladie est très grave et difficilement curable. Elle existe tout simplement parce que c’est une composante de la nature humaine ; avant, c’était du genre « j’ai tué le plus gros mamouth, et ma caverne, c’est la plus grande »
A l’école, c’est « c’est moi qu’a la plus grosse quéqette et qui pisse le plus loin »
Après c’est « c’est moi qui gagne le plus de pognon, qui a la plus grosse bagnole, et qui se tape les plus belles blondes.. ; »
Bref, l’humanité n’est pas encore sortie de l’enfance !
La vraie révolution, c’est lorsque cette maladie guérira d’elle-même !
Quand cette maladie de vouloir à tout prix empêcher l’autre d’exister, simplement parce qu’il n’a pas fait les même choix que la masse n’existera plus, alors oui là, se produira une véritable révolution !
Ne vous inquiétez pas, « I’m not a dreamer », comme disait John ! Je sais que ce n’est pas demain la veille, mais ça viendra !
La seule question qui alors s’avance est celle-ci :vue la complexité des enjeux en cours, ne sera-t-il pas trop tard ?
a mon humble avis, le terme de « révolution » ne s’applique pas à notre époque, beaucoup trop conditionnée à l’individualisme, et détournée des vraies valeurs ( à savoir pouvoir bouffer correctement, des aliments sains et non des saloperies industrielles, pouvoir se chauffer, pouvoir sans cesse développer sa curiosité, avoir une existence relationnelle satisfaisante et non pas virtuelle à la Fesse Bouc, avoir un toit assurant une existence convenable, avoir accès à une eau qui n’est pas saturée de résidus de l’industrie chimique, pouvoir s’épanouir dans une activité physique ou intellectuelle, qui soit de préférence utile à soi-même, et au bien commun de la communauté ) :là, Iris a complétement raison :les gens n’ont pas encore assez faim !
C’est un résumé, une proposition, je peux comprendre que pour d’autres individus, de telles valeurs ne soient pas fondamentales :ils préfèreront avoir le dernier écran plat, le dernier téléphone, des fringues de marque, etc, etc....
Le terme de « révolution » implique comme vous l’expliquez, en général un leader, et des gens qui suivent...quoique l’hypothèse avancée par l’ami le naïf, est tout à fait pertinente :un leader peut émerger, d’un sentiment d’extrême lassitude, exprimé par un certains nombre de gens !
Là, surgira alors la question essentielle : est-il un opportuniste, où bien est-il sincère ? Émerge-t-il parce que ces capacités naturelles à mieux exprimer et mieux formaliser les attentes du moment font en sorte que les gens admettent sa position de leader, de représentant de ce qu’ils estiment juste, où bien ne s’agit-il que d’un autre petit malin de plus, qui une fois qu’il aura l’adhésion et le pouvoir, oubliera totalement ce pourquoi il a été porté, et le détournera à son propre profit ?
C’est grosso mode, ce qui se passe dans beaucoup de « démocraties » actuelles, soit dit en passant !
Exemple simple, dans le cas de notre pays : une population s’exprime à propos d’un texte qu’on lui propose, et qu’elle estime dangereux. Un referendum est organisé, et le résultat est clair, 55% de ceux qui ont exprimé leur vote, rejettent ce texte.
Deux ans après ce referendum, le personnel politique change, et considère lui, que ce texte doit être adopté ! Il fait en sorte que ce soit fait, au mépris de la manifestation suprême de la démocratie, survenue deux ans auparavant !
Après, certains s’étonnent, que qu’un certain manque de confiance s’établisse, entre les électeurs et leur personnel politique ......
Que nous apprend ce simple exemple ?
Que le modèle leader éclairé/ populations suivistes, est de moins en moins valable, ce qui implique que si pour combattre ce schéma, il faut utiliser un schéma semblable mais inversé dans les valeurs (leader « révolutionnaire » / populations converties et suivistes), vous avez raison, cela ne marchera pas !
Autre exemple concret :grosses manifs dans les rues, pour lutter contre tel point de réforme : les dirigeants n’en ont rien à foutre, ils continuent sur leur voie ! D’autant plus qu’en y regardant bien, il n’y avait pas tant de monde que ça dans la manif, en fin de compte les gens ne se mobilisent pas tant que ça, etc, etc.....
A mon avis, les changements qui viennent, émaneront plutôt de groupes de population, qui à un moment donné, décideront en leur âme et conscience, qu’ils n’acceptent plus le modèle de société proposé, et décideront la mise en application d’une autre solution.
Celle-ci aura-t-elle été décidée collectivement, ou bien suivra-t-elle le schéma traditionnel à savoir un individu X propose une chose, d’autres individus se reconnaissent dans ce projet, et y adhèrent ? Ils décident alors de s’unir et de tenter la mise en application de la dite solution. Dans l’absolu, peu importe, serai-je tenté de dire !
Est-ce que ça marchera ? on ne sait pas, il faut voir, il faut essayer ! La méthode empirique a du bon parfois !
Sont-ils sincères, sont-ils de doux rêveurs, vont-ls réussir ou se planter ? Même remarque que pour la première question.
Ce qui me gène dans votre papier, ce sont les dernières lignes : selon vous, le modèle en cours se perpétuera longtemps, car il n« y a rien à proposer en face !
C’est très »fin de l’histoire« votre idée là, très » TINA« (There Is No Alternative) !
Personnellement, je trouve que c’est accorder trop de confiance aux leaders en place, qui ont tout intérêt à pérenniser le système, car ils en profitent largement.
C’est surtout nier aux êtres humains, cette capacité infinie qui s’appelle l’imagination et la volonté d’essayer des choses nouvelles !
Il y a à mon humble avis, autant de solutions alternatives, qu’il y a de cerveaux en état de marche sur cette planète ! c’est pourquoi je me méfie à l’extrême, des leaders auto-proclamés et de leurs solutions clés en main ! Par contre, parmi les individus lambda, il existe sans doute des idées à analyser !
A la limite, il suffit de faire des essais ! Bon certains se planteront, c’est indéniable, et reviendront à la case départ !
Mais imaginez juste un instant, que certains réussissent dans leur projet, que d’autres, voient leur réussite, et décident de s’en inspirer, et réussissent à leur tour !
Et que le mouvement prenne corps, et devienne une vraie force de proposition reconnue viable ? A ce moment là, et seulement à ce moment là, on peut évoquer un point inhérent à la notion de révolution :le possible recours à la violence, car le système dominant, se sentant menacé, tentera de reprendre les commandes, de lutter contre la dissidence, l’alternative !
Alors oui, si ceux qui sont menacés parce qu’ils ont choisi une alternative qui fonctionne, sentent le poids grandissant de cette menace, et qu’ils veulent continuer dans la voie qu’ils ont choisi, alors malheureusement, seule la violence pourra trancher !
Je le déplore, mais c’est une composante de la nature humaine : un système puissant, avec tant d’intérêts en jeu, luttera pour se maintenir, d’autant plus fort qu’une alternative aura prouvé sa futilité, fondée sur l’illusion.
Non l’homme n’est pas fait que pour produire, travailler, et s’intégrer dans ce vieux système dont les fondations sont bien atteintes :la croissance n’est pas éternelle, les ressources naturelles dont elle dépend non plus, la finalité de la vie n’est pas d’être un rouage d’un système, ou alors d’un plus petit, un système à taille humaine, encore contrôlable, encore modifiable !
En fait Easy, n’auriez vous pas une peur maladive du changement ?
Je n’oublierai jamais une de mes premières leçons de philo, avec un prof au talent hors du commun : »ne niez jamais aux choses et aux gens, le droit et/ou la volonté de changer«
»Tout le pouvoir aux communes" ! Certains auront compris pourquoi cette phrase est entre guillemets, car elle n’est pas de moi !
Je ne dirai qu’une chose :j’ai beaucoup aimé votre papier : style rapide, bien adapté au thème, une bonne analyse du « phénomène » Fesse Bouc, ou bien « fiche-toi tout seul avec Face Book ! La DCRI te remercie de ton travail ! »
Par contre, étant un réfractaire à ce genre de choses (j’ai reçu de nombreux messages d’invitation, toujours déclinés), je voulais, pour ma gouverne personnelle, vous poser juste une question technique : A quoi correspond « XD » ?
J’arrive grosso modo à maîtriser ce nouveau sabir moderne, le langage texto phonétique (je suis souvent obligé de lire à haute voix, pour mieux marquer les sonorités), mais je me rends compte à la lecture de votre papier, que j’ai encore quelques lacunes, aussi si vous pouvez m’éclairer..
Même question pour un « kikoolol » ? Que désigne ce « substantif » ?
En tout cas, votre papier résume bien la futilité absolue de ce genre de comportements, où l’on encourage le narcissisme, où les gens s’imaginent être des sortes de stars, parce qu’ils racontent en long et en travers, l’insupportable médiocrité de leurs pauvres vies inaccomplies.