Excellent article, et noble combat qui est le votre.
Vous évoquez une "réforme en dentelle qui accorde plus de faveurs aux entreprises que de contre-pouvoirs citoyens et démocratiques" et, en toute fin, une "simplification de la vie des entreprises". Personnellement, je commence à en avoir ras la casquette de ces traitements de faveur à répétition dont bénéficient les entreprises, quelle que soit la forme que peuvent prendre ces privilèges (subventions, défiscalisation, dépénalisation, etc.). S’il était prouvé que l’entreprise apportait plus de bienfaits pour l’être humain que de nuisances en tous genres, peut-être ces différents cadeaux se justifieraient-ils. Seulement, on est très loin d’une entreprise salutaire pour le bien public aujourd’hui. Et celle-ci a tendance pourtant à devenir de plus en plus le centre névralgique de toutes choses, quels que soient les domaines de l’existence. On est en train de troquer la démocratie contre le capitalisme, ni plus ni moins. Peut-être même que ce troc a déjà eu lieu et que je suis trop naïf pour m’en apercevoir.
Vous dites aussi "Soit l’on accorde 15 milliards d’euros de remises fiscales aux plus riches de ce pays, soit l’on investit massivement dans la traque de la fraude fiscale". Pardonnez-moi mais, avant la lutte contre la fraude fiscale, il aurait été plus judicieux et plus juste de redistribuer au peuple ces 15 milliards honteusement dilapidés sous forme, par exemple, d’augmentations des salaires, des allocations chômage et des minima sociaux.
"Il n’y a rien de nouveau depuis un an [...] expliquez-nous ce qui a changé"
Il y a quand même quelque chose qui a changé, à la grande surprise de beaucoup, d’ailleurs. Le champion de la communication qu’était Sarkozy avant son arrivée à l’Elysée a laissé place par la suite à un piètre orateur sans aucune envergure rhétorique, grossier et vulgaire à souhait, insultant à tout va et traitant d’une manière incroyablement impolie certains responsables politiques étrangers (et là, je pense à Angela Merkel qui a subi plus d’une fois les mauvaises manières du président).
La gauche a tort d’exploiter cet incident anodin pour décrédibiliser Sarkozy (voir Hollande et Royal). En agissant ainsi, elle rend service à la droite qui a décidé de faire de la victimisation du président son argument principal dans la campagne des municipales, cela afin de résorber la déroute annoncée. Par exemple, hier midi sur France 2, la seule chose qu’a su dire Michel Barnier concernant ladite campagne était que la gauche est agressive.
Bref, que la gauche mette complètement de coté cet échange insignifiant et se concentre sur le fond, uniquement sur le fond. Il y a beaucoup de choses à dire de ce point de vue-là. Sur, entre autres, l’érosion des piliers de la république opérée depuis quelque temps par certains propos et agissements troubles de Nicolas Sarkozy.
Je dirais que ce bref échange de cour de récré est un non-événement dans la mesure où il ne fait que confirmer ce que l’on savait déjà, à savoir que Nicolas Sarkozy est dépourvu de la moindre classe, de la moindre élégance morale et que sa mentalité n’est pas si éloignée de celle des "racailles" qu’il se plaisait à stigmatiser quant il était au ministère de l’intérieur.
Seul le fond doit faire l’objet de nos préoccupations, et non de juvéniles et anecdotiques passe d’armes. Les brêches que tente de creuser Sarko dans la mécanique institutionnelle depuis quelques mois (dernier épisode en date : la volonté de contourner la décision du Conseil constitutionnel sur la rétention de sureté) me paraissent bien plus inquiétantes que le contenu de cette vidéo.
Que l’auteur de cet article ne m’en veuille pas mais ces lignes sont profondément inintéressantes. Je suis d’ailleurs surpris qu’Agora Vox ait décidé de les publier. Il en faut pour tous les goûts, certes, mais il existe quand même des sujets bien plus sérieux qui mériteraient le coup de projecteur dont bénéficie ce texte. Et puis, que l’on traite de la jet set n’est pas un problème en soi, mais à partir du moment où il y a une véritable dimension critique et où l’étalage complaisant de potins en tous genres - comme c’est le cas ici - est mis de coté.