Ah, la manip, oups, je voulais dire, la manif. Il y a bien quelques mots à en dire En des temps d’alerte maximale, avec plan vigipirate au niveau le plus élevé... Vl’à t’y pas qu’on nous sort « venez tous manifester car le temps est révolu où vous étiez simplement des pigeons, des moutons, ou encore cet hybride que l’on appelle le mougeon, il vous faut désormais passer à la vitesse supérieure en devenant des »Charlie". Et ce jour là, absolument AUCUN incident. Pas même l’ombre d’un casseur. Probablement étaient ils tous en RTT, ou bien illuminés par l’illumination, ou encore purement et simplement avaient tous longuement séjourné dans des grottes au cours des derniers mois et n’étaient absolument pas informés du fait qu’une manif devait avoir lieu. C’est possible. Ils ne pouvaient pas à la fois faire des stages de troglodytes en réinventant les peintures rupestres de Cro magnon tout en se tenant informés de l’actualité. Plus sérieusement, j’ai trouvé pertinent un article récemment mis en lien par Fifi qui invitait à se poser quelques questions.
En plus, les propos du Pape ont été très clairs : La kalache, hors de question, jamais de la vie. La torgnole, par contre, ça peut éventuellement arriver. (avec un haussement d’épaule) En gros, hein. Je ne prétends pas ici faire de la haute exégèse.
Article intéressant, où l’on voit que le patient pense par lui même, et que le psy tente de rattraper le coup. Mais c’est peine perdue pour le psy : la charlisation ne prendra pas. En plus, si le patient sentait que l’on envisage de modifier sa personnalité et ses choix contre son gré, il prendrait sans doute la poudre d’escampette, enfin, tant qu’il le peut encore... Bref, un essai de psychanalyse fiction plutôt réussi, agrémenté de quelques commentaires fort bien inspirés. Quant à l’illusion groupale du moment, elle est à ce point abracadabrante, et, osons le mot, hallucinée, que l’on se demande bien quel patient désespéré pourrait la convoiter en guise de « retour à la normalité ». Une bonne chose à faire consiste à se tenir à l’écart de l’emballement mimétique.
Avec ce « je suis Charlie » qui tent à devenir un « je suis partout » par voie de manipulation de masse, il semblerait que Leo Ferré ne se soit pas trop trompé en affirmant que la gauche était la salle d’attente du fascisme.
A part ça, chapeau bas pour le Pape. Habemus Papam, et ça se voit !
Il y a en effet une telle pente au discrédit du politique et du religieux que l’on pourrait effectivement croire que c’est fait a dessein. Quelle déconvenue pour le quidam lorsqu’il réalise que l’inversion des valeurs fait son chemin chez des gens naguère considérés comme étant au dessus de tout soupçon. Quand aux mythologies du « surhomme », de l’« homme nouveau », on aimerait bien se rassurer en se disant que leur place est depuis longtemps dans les poubelles de l’Histoire, mais il n’en est probablement pas ainsi. D’ailleurs, du « nouveau » est proposé en la matière, tant et si bien que les vieilles lunes du conditionnement idéologique précoce ressurgissent sous une forme nouvelle.