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  • koanzench koanzench 4 novembre 2007 20:16

    Ecrit par Alix Ducret

    "Depuis des années, certains politiques -parmi lesquels l’actuel ministre des Affaires étrangères français- se sont faits les chantres du droit d’ingérence. Un « droit » qui, par nature, implique de se substituer à une autorité existante, dans un pays autre, afin de lui dicter quelques mesures de bonnes conduites. Toute la question est alors de savoir quels sont les critères de bonne conduite, les bonnes valeurs ? Qui définit le bon du mauvais ? L’affaire de l’Arche de Zoé met en exergue ce problème, au point que désormais nombre de politiques, journalistes ou faiseurs d’opinion se la posent ouvertement. Car même si, dans ce cas précis, les faits sont poussés à l’extrême, l’ensemble de cette affaire repose clairement la question de l’ingérence et surtout des critères justifiant cette ingérence. Des critères qui n’ont jamais été définis et qui, de fait, dépendent entièrement de l’interprétation que l’on fait du bien et du mal, du bon et du mauvais, du confort et de l’inconfort, de l’admissible et de ce qui ne l’est pas. Les déclarations du fondateur de l’Arche de Zoé sont, sur ce thème, un véritable cas d’école lorsqu’il justifie son action sur le « il n’y a qu’à voir comme ils vivent » ! On croit rêver. C’est exactement comme si un Américain débarquait dans une famille française et décidait d’enlever ses enfants aux parents sous prétexte que la maison n’est pas assez chauffée, les vêtements pas assez « mode » et les ados pas assez ronds. La question est alors de savoir si le monde entier doit vivre sur les mêmes bases matérielles, intellectuelles et spirituelles. Actuellement, ce n’est pas le cas, mais l’uniformisation du monde et du mode de vie sont-elle nécessaires ? Comme le rappelait fort justement l’historien Jacques Marseille dans une émission de radio du 3 novembre au matin, la colonisation a commencé avec de bons sentiments. Avec le désir d’imposer à d’autres pays, d’autres cultures celle des occidentaux, sous prétexte que ces derniers la considéraient comme le summum de l’aboutissement intellectuel. Avec le désir de faire partager le savoir, les découvertes, la spiritualité... Imposer, serait-ce la meilleure des valeurs, c’est nier aux autres tout système de pensée propre. C’est nier sa liberté d’être humain, exactement comme Robespierre et Saint-Just voulurent imposer leurs idéaux par la Terreur. Pourtant, ils ne rêvaient jamais que d’égalité..."

    http://www.historia-nostra.com/index.php?option=com_content&task=view&id=685&Itemid=60



  • koanzench koanzench 3 novembre 2007 16:01

    Dans Le Monde

    "L’importance prise par l’affaire de L’Arche de Zoé et l’extrême confusion qui l’entoure ne tiennent pas seulement aux errements de ses membres, amateurs armés de simplismes, fourvoyés dans une situation complexe. Elles sont également liées à une question de fond, celle du sens donné aux événements qui se déroulent dans le cadre de la guerre civile au Darfour, menée par le gouvernement et ses milices contre des groupes rebelles et la population.

    En affirmant vouloir sauver des « orphelins du Darfour », bien que les enfants qu’elle s’apprêtait à embarquer à bord d’un avion fussent majoritairement dotés d’un parent et plutôt originaires du Tchad que du Soudan, L’Arche de Zoé a fait la démonstration qu’elle estimait pouvoir s’affranchir du respect de la vérité.

    Cette liberté est à rattacher avec la perception de l’organisation, qui rejoint une mouvance de groupes d’activistes - en France, l’organisation Urgence Darfour, ou, aux Etats-Unis, la coalition Save Darfur, entre autres -, selon lesquels un génocide aurait lieu au Darfour, amenant à justifier toutes les actions pour en sauver les victimes. Ce qui conduit des sapeurs-pompiers bénévoles à se transformer en kidnappeurs d’enfants comme sans doute ici, dans cette atmosphère que dénonce Rony Brauman, cofondateur de Médecins sans frontières, lorsqu’il dénonce « la responsabilité morale » de personnalités comme Bernard Kouchner et Bernard-Henri Lévy.

    Y a-t-il un génocide en cours au Darfour, c’est-à-dire une élimination méthodique des ethnies décrites comme « africaines », afin de faire place à des groupes « arabes » ? L’assertion, soutenue par le président américain George Bush, et que des groupes d’experts, notamment de l’ONU, ont réfutée, constitue déjà une dérive.

    L’extrême violence des attaques orchestrées par le gouvernement soudanais et ses milices, en quatre années de guerre civile, n’a été liée à aucune volonté identifiée d’organiser une « solution finale » pour les populations noires, dont certaines collaborent avec les forces gouvernementales. Cela n’empêche pas L’Arche de Zoé d’affirmer sur son site Web que « la réalité incontournable et accablante (...) laisse bien peu d’espoir de survie aux populations du Darfour ». Affirmant que, « dans quelques mois, des milliers d’enfants vont mourir », l’association promet d’arracher des enfants à « l’extermination ».

    Les responsables de L’Arche de Zoé sont allés plus loin dans la prise de liberté avec les faits. L’association avait « emprunté » des cartes de l’ONU en travestissant leurs légendes. Elle a cité des chiffres de mortalité infantile présentés comme des informations du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) - de loin l’organisation la plus efficace au Darfour - en leur faisant subir une « inflation » qui les rendait « grossièrement faux », selon une source du CICR. Ce dernier a obtenu que les manipulations au sujet de ses noms, de ses logos et de ses rapports disparaissent du site de L’Arche de Zoé. L’étendue de la crise au Darfour n’a pas besoin de ce type d’inflation. Outre que ces supercheries en série disqualifient une démarche fondée sur la morale, elles ont aussi pour effet d’instaurer une confusion dangereuse. Des dérapages de cette sorte ont déjà été sanctionnés par la justice. En août, des organisations regroupées autour de Save Darfur avaient lancé dans la presse, aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, une campagne affirmant que le conflit dans l’ouest du Soudan avait fait 400 000 morts. Cette campagne a été condamnée, par les tribunaux britanniques, pour publicité mensongère.

    L’estimation qui fait autorité émane du Center for Disease Control and Prevention, à Atlanta, aux Etats-Unis, selon lequel, entre septembre 2003 et juin 2005, on aurait compté 158 000 morts au Darfour, soit une augmentation de 131 000 personnes par rapport à la période d’avant-guerre civile. Fin 2007, ce chiffre s’établit à environ 200 000, dont 70 % sont dus à la dégradation dramatique des conditions de vie.

    Entre 200 000 et 400 000 morts, il ne s’agit pas d’une querelle de chiffres. Une autre distorsion consiste à affirmer qu’au Darfour les pays étrangers se payent de mots, sans jamais « agir », récidivant dans la passivité coupable qui avait permis aux autorités du Rwanda d’accomplir le génocide des Tutsis en 1994. Les manieurs de machettes y ont effectivement tué près d’un million de personnes en cent jours sans en être empêchés. La France, pays ami du Rwanda d’avant le génocide, s’y est même compromise. Mais au Darfour, inversement, la réponse internationale a été d’une ampleur inédite.

    La plus importante opération humanitaire au monde a été mise en place dans l’ouest du Soudan. Il y avait 200 travailleurs humanitaires au Darfour en 2004, il y en a aujourd’hui 10 000. Après les vagues d’attaques de 2003-2004 de l’armée soudanaise et de milices « janjawids » sur les villages d’ethnies « non arabes », la catastrophe semblait imminente, alors que les survivants de ces attaques risquaient de mourir de faim ou de maladies. Ils ont été sauvés par cette intervention humanitaire, à laquelle participent l’ONU et 80 ONG, financées en partie par des gouvernements. A lui seul, le Programme alimentaire mondial (PAM) a fourni 53 000 tonnes de nourriture au Darfour en septembre et permet à 120 000 enfants de bénéficier de programmes de nourriture à l’école. En contradiction avec les descriptions apocalyptiques de L’Arche de Zoé, le taux de scolarisation des enfants a augmenté de manière inédite dans l’ouest du Darfour depuis le début du conflit.

    Le déploiement humanitaire est naturellement impuissant à résoudre la crise. Il a également d’inévitables effets pervers, en premier lieu celui d’avoir donné naissance à de gigantesques camps de déplacés aux abords des villes du Darfour. Pendant que les alliés du gouvernement soudanais menacent de voler les terres des absents, les camps se transforment en sanctuaires pour les rebelles, entraînant des explosions de violence entre factions.

    C’est dans ce cadre que doit bientôt se déployer au Darfour la plus importante mission de maintien de la paix de la planète, une force commune des Nations unies et de l’Union africaine (UA) de 26 000 hommes, dont le principe a été arraché aux autorités de Khartoum au terme de pressions internationales soutenues. Cette force prendra le relais de la mission de l’Union africaine, paralysée sur le terrain. Et il est évidemment impossible d’affirmer à l’avance qu’elle sera inefficace à endiguer la crise du Darfour, compte tenu de l’intérêt international pour son déploiement."

    http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-974133,0.html



  • koanzench koanzench 1er novembre 2007 18:30

    Antoine Glaser, directeur de La Lettre du continent, spécialiste de l’Afrique, s’étonne de l’inaction des autorités françaises.

    France Soir. En tant que spécialiste du continent africain, que pensez-vous de cette affaire ?

    ANTOINE GLASER. Il faut déjà comprendre que l’Afrique n’est pas un continent où l’on peut faire n’importe quoi ! Au-delà de l’intervention « sauvage », illégale - et sûrement riche en « belles âmes » - de l’ONG Children Rescue le matin, transformée en Arche de Zoé l’après-midi, cette affaire relève également d’un dysfonctionnement manifeste franco-français. On peut en effet se demander si les agents secrets de l’Opération Epervier, présents sur le terrain, parlent parfois aux diplomates... Aujourd’hui, les « humanitaires » - dont les effectifs dépasseraient aujourd’hui les 15.000 entre le Tchad et le Soudan - sont majoritaires et travaillent sans filet. Parallèlement, on constate une perte significative des moyens de la diplomatie et de la coopération françaises. Elle entraîne une régression de l’influence de Paris en Afrique.

    Les membres de l’Arche de Zoé auraient-ils été manipulés ?

    A priori, j’écarte toute idée d’instrumentalisation. Je crois qu’un petit nombre d’associations pratique une certaine forme « d’ingérence humanitaire » prônée par quelques maîtres à penser. Fort de l’appui de la fameuse « société civile » sans visage et de la détresse de quelques familles en mal d’enfants, les membres de l’Arche de Zoé se sont auto-investis en chevaliers blancs. Mais on ne peut pas dire qu’ils avançaient vraiment à visage masqué ni en costume d’espion. Ils sont toujours emprisonnés avec leur chaude tenue de sapeurs pompiers volontaires... L’administration française aurait dû intervenir et a du mal aujourd’hui à avouer ses propres insuffisances.

    L’opération de stabilisation au Tchad, baptisée Eufor, est-elle menacée ?

    Bernard Kouchner et Nicolas Sarkozy ont démontré avec force qu’ils ne voulaient pas que cette affaire compromette l’opération. Pour eux, il ne pouvait pas arriver pire catastrophe ! Ils ont été obligés d’aligner leur position sur celle du président tchadien Idriss Déby, interlocuteur difficile et d’autant moins malléable aujourd’hui qu’il dispose d’un pactole pétrolier de plus d’un milliard de dollars cette année.

    Y a-t-il d’autres enjeux ?

    C’est une région géostratégique, une charnière entre monde arabe et africain, anglophones et francophones, où les enjeux pétroliers et la lutte contre le terrorisme sont également importants. La présence militaire de la France lui permet de conserver une influence au niveau international dans ce pays à la rivalité future manifeste entre les Etats-Unis et la Chine.

    La France devra-t-elle officieusement « payer » pour régler le sort des ressortissants ?

    La facture de cette affaire, s’il y a en a une, se paiera surtout en soutien encore plus politique et militaire au président Idriss Déby qui est lui-même le « parrain » du président centrafricain François Bozizé qu’il a aidé à prendre le pouvoir à Bangui, après un coup d’Etat.

    http://www.francesoir.fr/



  • koanzench koanzench 1er novembre 2007 10:46

    Dans Libération du 01.10.07 :

    [Arche de Zoé. Des humanitaires dénoncent la responsabilité de l’ex-French doctor. Mais où est donc passé Bernard Kouchner ? Depuis le début de l’affaire de l’Arche de Zoé, le ministre des Affaires étrangères, en tournée en Asie, n’est sorti qu’à deux reprises de son silence pour la qualifier de « triste aventure » et pour expliquer que l’action humanitaire devait respecter des « règles ». Y a-t-il, dans ce silence peu habituel, une gêne, voire une volonté de faire oublier des déclarations passées, peu compatibles avec son statut actuel ?

    Activistes. C’est ce que lui reproche Rony Brauman, ex-directeur de MSF, qui a dénoncé hier et avant-hier la « responsabilité morale » de Kouchner, mais aussi de BHL et d’Urgence Darfour dans le scandale en cours. L’Arche de Zoé n’aurait, selon lui, fait que mettre en œuvre les incantations de Kouchner à l’action et à l’ingérence - étatique certes - pour mettre fin au « génocide » et à « l’horreur » au nom d’une morale universelle. Quelques jours avant de devenir ministre des Affaires étrangères, Kouchner soutenait la mouvance des activistes sur le Darfour, principalement regroupée dans trois ONG : Urgence Darfour, SOS Darfour et Sauver le Darfour. Sans être membre d’aucune d’entre elles, il a participé à des rassemblements, comme celui du 20 mars à la Mutualité : « 300 000 morts, 2 millions de déplacés... Oui c’est un génocide qui s’accomplit sous nos yeux. Un de plus. Un de trop [...] Nos frères du Darfour sont en train de mourir. N’acceptons plus cela. Soyons plus forts que les obstacles », déclarait-il à la tribune, reprenant la terminologie américaine outrancière sur le « génocide » au Darfour, très contestée par les humanitaires français, à commencer par MSF. Kouchner toujours, écrivait dans le Monde du 27 décembre 2006 : « Que fait la France ? Elle hésite [...] Triste tergiversation d’un pays considéré comme le défenseur des droits de l’homme, qui inventa l’ingérence humanitaire. » Dans ce même article, il livrait le chiffre de 10 000 civils tués par mois alors que l’ONU estime que l’on est tombé depuis la mi-2004 à 500, ou à 1 000 tout au plus.

    Au printemps donc, Kouchner militait aux côtés de Jacky Mamou, président d’Urgence Darfour et ex-dirigeant de Médecins du Monde, qui estimait que « se taire, c’est se rendre coupable de non-assistance à personnes massacrées » et qu’il n’était « plus temps de dénoncer mais d’agir ». Quant à Bernard-Henri Lévy, il préconisait « d’armer les rebelles », comme en Bosnie.

    Ingérence. Puis Kouchner est devenu ministre. Pendant ses premiers jours au Quai d’Orsay, il défend l’ingérence humanitaire, qu’il a théorisée avec Mario Bettati et testée en Irak en 1991 : il propose des « corridors humanitaires » destinés à sauver, depuis le Tchad, « les survivants des massacres » au Soudan. A sa grande colère, les humanitaires n’en veulent pas : ils sont déjà 13 000 au Darfour et craignent surtout le mélange des genres avec l’action militaire ainsi que les effets pervers d’une opération qui accélérerait paradoxalement le nettoyage ethnique souhaité par Khartoum.

    Réfugiés. Puis, c’est l’état-major qui enterre son projet de mettre en œuvre une no fly zone au-dessus du Darfour depuis le Tchad. Finalement, Kouchner, qui partage avec Sarkozy l’horreur de la passivité, réussi à arracher au président tchadien Idriss Déby le principe d’une force européenne destinée à sécuriser les réfugiés du Darfour en proie à des attaques transfrontalières dans l’est du Tchad. Mi-octobre, Kouchner soulignait devant ses partenaires européens « la mission humanitaire » de l’Eufor au Tchad, suscitant un communiqué désapprobateur de l’ONG Oxfam sur le mélange des genres.

    Mais pour préserver son principal acquis, Kouchner a dû modérer son langage. Il ne parle plus depuis son entrée en fonction de « génocide au Darfour ». Ces deux derniers jours, Jacky Mamou dans Libération et BHL dans le Parisien, lui ont emboîté le pas, désireux de se démarquer du fiasco de l’Arche de Zoé.

    Eric Breteau, le responsable de l’Arche de Zoé, ne se voit-il pas comme un héritier de Kouchner en 1994 au Rwanda, lorsque ce dernier tentait en vain d’arracher des orphelins tutsis aux génocidaires hutus ?

    Au Tchad et au Darfour aujourd’hui, on est loin de ce cas de figure. Il n’y a pas de génocide et on trouve sur place suffisamment de structures humanitaires.]

    http://www.liberation.fr/actualite/monde/288664.FR.php



  • koanzench koanzench 30 octobre 2007 15:05

    Une petite revue de presse récapitulative sur http://abandon-adoption.hautetfort.com

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