oui mais fallait faire ça , y a 35 ans , dans les années 80 discours de mélenchon
Je propose d’inscrire dans la Constitution ce que
nous appelons la « règle verte », qui protège la planète, plutôt que la règle
d’or qui saccage toutes les protections sociales. C’est dire que nous aurons un
modèle productif et d’échanges nouveaux. Pour, y parvenir, il faudra donc un
grand effort d’invention, d’innovations techniques, une véritable bifurcation
qui fait appel à des investissements matériels et humains massifs. Nous nous
soucierons à chaque endroit, chaque localité, chaque production de faire en
sorte que la façon de produire et d’échanger ne coûte pas plus à la Terre que ce qu’elle est
capable de reconstituer : voilà ce qu’est la règle verte. La France serait le premier
pays au monde qui choisirait d’acquitter sa dette écologique. Nous, Français,
nous avons une responsabilité à l’égard de l’écosystème et devant l’humanité
universelle : si tout le monde vivait comme nous, il faudrait alors deux
planètes et demie pour y pourvoir !
Comment s’y prendre pour réussir cette
transition ? Face à la tyrannie du productivisme, nous proposons la
planification écologique comme moyen de redéfinir nos modes de production, de
consommation et d’échange en fonction de l’intérêt général de l’humanité et de
l’impact de l’activi té économique sur l’écosystème. Elle permettra de
préciser les orientations et les investissements publics nécessaires pour
enclencher une transition écologique et promouvoir un développement humain
durable, créateur d’emplois et facteur d’égalité sociale. Elle s’appuiera sur
un plan écologique débattu et voté au Parlement, assorti d’une loi de
programmation financière. Elle impliquera les citoyens eux-mêmes dans les
grands choix du pays : ainsi, sur la question du nucléaire, le peuple devra
trancher par référendum.
Pour agir tout de suite, le Front de gauche
appliquera un moratoire à toutes les politiques de déréglementation de
l’énergie. Nous mettrons en place un plan de financement pour la sobriété et
l’efficacité énergétiques et pour la diversification des sources d’énergie.
Nous créerons un Pôle public de l’eau pour une gestion dans l’intérêt général
et non dans le seul but d’enrichir des sociétés privées qui exploitent cette
ressource fondamentale et pratiquent des prix injustifiés : les premiers mètres
cubes seront gratuits car l’eau comme l’air sont vitaux et ne se marchandent
pas ! Nous empêcherons l’exploitation des gaz de schiste, qui menace
l’équilibre des sols et des réserves d’eau. Pour offrir au grand nombre une alimentation
saine, nous romprons avec le productivisme en soutenant l’agriculture
paysanne. Enfin, il est urgent de changer radicalement le mode de transport et
d’en finir avec le tout-camion, destructeur des hommes, des infrastructures et
de l’air que nous respirons. Le ferroutage de toutes les traversées du pays
entre frontières doit être réalisé en cinq ans !
Qu’on ne me dise pas qu’il y a plus urgent.
Ce n’est pas vrai ! La catastrophe écologique s’avance. Nous devons y faire
face, et c’est un moyen de construire une société de progrès humain et
d’intelligence collective. Voilà le beau défi que je propose de relever. Il
s’adresse spécialement à la jeune génération et aux travailleurs expérimentés,
femmes et hommes, ingénieurs, ouvriers et techniciens qui sont tous disponibles
pour mettre leur savoir-faire au service
//C:%5CDOCUME%7E1%5CGABAIX%7E1%5CLOCALS%7E1%5CTemp%5Cmsohtml1%5C01%5Cclip_image001.gif" height="2" width="522">LE samedi 6 avril 1974, l’agronome René Dumont, toujours en vadrouille
aux quatre coins de la planète, revient d’Alger. A l’aéroport d’Orly, où il débarque en djellaba, deux hommes
l’attendent, Georges Krassovsky
et Brice Lalonde. Ils lui expliquent que, Pompidou venant de défuncter
subitement et l’élection présidentielle approchant, le mouvement école tout juste naissant a décidé d’y
participer et que ses représentants ne voient qu’un seul candidat possible : lui. Dumont demande une nuit de réflexion, au terme de laquelle il accepte.
Certes, il ne fait pas l’unanimité chez les
écolos : « L’on sent que M. Dumont est
un converti de fraîche date », fait remarquer le précurseur Bernard Charbonneau, dans « La Gueule ouverte » (n° 21). Mais, ayant découvert
sur le tard les méfaits
du productivisme et del’agriculture
moderne, Dumont a
fait son mea culpa et a livré, dans « L’utopie ou la mort », une
critique argumentée, écologique, tiers-mondiste du monde comme il va.
Au cours de sa brève campagne, Dumont dénonce « la poursuite absurde de la
croissance industrielle » et
lance en feu
d’artifice une série d’idées nouvelles. Rechercher un type de société à basse
consommation d’énergie. Construire de nouvelles villes ne dépassant
pas 100 000 habitants (« Au-delà, les inconvénients l’emportent sur les
avantages »). Arrêter
les industries d’armement. Restreindre « la
construction démente de voitures individuelles
». Réduire la duréedu travail :« En se
contentant du niveau de
vie de 1920, avec l’équipement de
production dont nous disposons aujourd’hui, il suffirait de travailler
quatre heures par jour, de 25 à 40 ans ». Manger moinsde viande
(« Pourquoi
fabriquer des protéines avec les protéines ? C’est absurde »). Supprimer lapublicité. Bloquer lacroissance de consommation énergétique (« En doublant tous les dix ans,
elle nous condamne
à recourir
à l’énergie nucléaire »). Réduire la croissance de la population dans
les pays riches en supprimant les
allocations familiales après le deuxième
enfant.Diminuer les pouvoirs de
l’Etat et des bureaucrates. Décréter la croissance zéro de l’agglomération
parisienne. Empêcher la spéculation
foncière en municipalisant les sols. Engager partout la plus grande autonomie
possible de toutes les entreprises, de toutes les régions, communes, de tous quartiers, villages : « Il est très important
que les gens participent aux décisions qui
les concernent. » Obtenir, notamment d’EDF, une gestion tripartite : les consommateurs,
les ingénieurs et les ouvriers (et les représentants de l’intérêt national). Instaurer une médecine préventive : « 80 % des médicaments sont inutiles
! » Refuser toute
centrale nucléaire. Stopper
le bétonnage des terres fertiles. « L’écologie implique un
changement complet des structures de production. »
Comme on le voit, il y avait à
boire et à manger. Pourquoi ce bref rappel historique ? Simplement pour montrer que, il ya trente-huit ans, l’écologie politique était plus radicale, offensive, inventive que
celle d’aujourd’hui.
Celle qu’incarne Eva
Joly, qu’on entend si peu et mal qu’elle a, nous dit « Le Monde » (29/1), « disparu
des radars de la présidentielle »...