Pour aller plus loin sur la notion de valorisation de la production « dématérialisée » >>>
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Ce
qu’il faut comprendre à propos du travail de conception c’est que
s’il produit effectivement une « valeur ajoutée » à la
production, elle s’y trouve donc néanmoins intégrée ex ante par
rapport au processus productif lui-même, et donc c’est
essentiellement une valeur ajoutée à la valeur du capital fixe, et
donc à amortir avec la vente de la production, et elle ne constitue
donc pas une plus-value par rapport au capital initialement investi
dans telle ou telle production, capital investi qui comprend donc
nécessairement le travail de conception de la chaîne de production
aussi bien que du produit lui-même.
Pour
dire les choses crûment, la réponse se trouve dans la situation où
le ou les concepteurs d’un produit et de son processus productif
viennent à disparaître alors que le processus est déjà lancé.
Le
salaire de ces personnels « concepteurs » a donc déjà
été versé et n’intervient plus dans la valeur du produit et/ou du
processus, contrairement à la force de travail des ouvriers
productifs encore éventuellement nécessaires sur la chaîne si le
processus n’est pas déjà complètement automatisé et robotisé.
La
situation est assez similaire en ce qui concerne les productions
« dématérialisées » accessibles directement au client,
indépendamment de leur support matériel éventuel, qui, lui, répond
toujours aux lois de l’économie « classique ».
Elles
ne peuvent être « valorisées » commercialement qu’en
fonction de la masse monétaire en circulation, c’est à dire
essentiellement de la dette, désormais.
Elles
ont une « valeur d’usage » mais pas réellement de valeur
d’échange au sens de l’échange entre travailleurs-producteurs qui
est à la base de l’économie capitaliste, même si indirectement et
avec prélèvement de la plus-value, au passage, par le capitaliste
investisseur, mais qui reste une part de la valeur ajoutée à chaque
produit par le travail productif directement incorporée au produit,
du moins jusqu’à la période actuelle de robotisation, qui cesse
donc d’être « capitaliste » à proprement parler, à
mesure que la robotisation se généralise, ce qui est déjà
majoritairement le cas, tant en termes d’effectifs ouvriers encore
réellement productifs au sens de l’incorporation directe de la force
de travail dans le processus et donc dans le produit, que de rapport
entre capital fixe et capital variable, surtout si, pour évaluer
correctement la plus-value encore réellement extractible on se
limite à ce qui en fait la définition de base, en réalité encore
incontournable pour comprendre, même si « par défaut »,
en quelque sorte, l’évolution actuelle de l’économie désormais
banco-centralisée.
« Lorsque Bille gates a vendu ses logiciels, il ne s’est pas endetté, il a fait du profit et s’est enrichi.
La conception des logiciels n’est pas, comme dans le capitalisme matériel, du capital fixe, mais du capitale variable. »
Non, c’est malheureusement tout à fait faux. Bill Gates n’est jamais qu’un parasite du banco-centralisme parmi d’autres, même si le fait est qu’en tant que tel, il s’enrichit...
La dette publique US atteint désormais 40 000 Milliards de dollars, qui, pas plus que nos 3 500 Milliards de dette publique française ne sont donc perdus pour tout le monde.
L’industrie « moderne » informatisée recycle donc une partie de cette dette qui circule en permanence dans l’économie, notamment comme « collatéral » de la plupart des opérations financières, y compris interbancaires.
Ce cycle est simplement plus efficient aux USA et permet donc à des gens comme Bill Gates d’en « capitaliser » formellement et concrètement une partie plus importante, mais ce qui serait néanmoins tout à fait impossible sans la circulation financière des titres de dette publique, qui sont donc la nouvelle « brique de base » de l’économie contemporaine, selon l’expression particulièrement appropriée de Nicolas Dufrêne, le nouvel « inspirateur économique » de J-L Mélenchon...
PS >>> et sinon, pour une définition plus complète de la plus-value >>>
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« Dans la « chaîne de valeur », à chaque étape du processus productif, et quelle que soit la proportion dans laquelle il y rentre, le travail est donc un ingrédient parmi d’autres, et il a donc et une valeur d’usage et une valeur d’échange.
Dans la chaîne de valeur du processus productif, le « vendeur » de l’ingrédient travail, c’est le travailleur lui-même, qui vend sa force de travail contre un salaire, qui est donc, pour lui, la valeur d’échange de sa force de travail.
La valeur d’échange de cette force de travail est donc déterminée par le rapport entre l’offre et la demande, sur le marché du travail, au moment de la signature du contrat de travail. Les proportions dans lesquelles elle peut varier résultent de multiples facteurs, sur lesquels on reviendra plus loin.
Pour l’employeur la valeur d’usage de cette force de travail, répondant aux besoins de son entreprise, est donc réalisée par l’emploi de cette force de travail dans une phase particulière du processus de fabrication du produit, une phase au cours de laquelle elle y ajoute donc une quantité de valeur particulière et déterminant la « valeur ajoutée » à ce stade du processus productif.
Au cours de cette phase particulière du processus, l’entreprise « consomme » donc littéralement, en fait, la force de travail.
Pour l’entreprise, la force de travail est donc bien une valeur d’usage, à priori parmi d’autres, qu’elle a acheté à sa valeur d’échange, parmi d’autres marchandises dont elle a le besoin et l’usage pour survivre en tant que processus productif.
Pour autant, la force de travail, par nature, n’est pas un objet ni une substance plus ou moins inerte, mais bien, par nature et par définition, une substance vivante, une énergie qui fait donc littéralement « corps » avec son vendeur, le travailleur !
Les limites dans lesquelles elle peut varier, en tant que valeur d’échange, sont donc déjà biologiquement celles de la survie physique du travailleur, et même, plus précisément, celles de sa survie dans les conditions qui permettent une reproduction optimum de sa force de travail.
Et de plus, ces conditions ne sont pas déterminées uniquement de manière biologique, mais aussi socialement, par la capacité d’adaptation du travailleur à la société de son époque et donc aussi à son environnement culturel, éventuellement déterminant en termes de formation professionnelle.
Tous les déterminants de la reproduction de la force de travail, pour le travailleur, sont donc des valeurs d’usage, correspondant à ses divers besoins de consommation, sur tous les plans, que ce soit alimentaire ou autres.
Au moment de la signature du contrat de travail, tous ces déterminants deviennent donc ceux de la valeur d’échange de la force de travail, sous forme de salaire.
Dans la mesure où le prix du kilo de steak est l’un de ces déterminants, par exemple, nécessaire à la reproduction de la force de travail de l’ouvrier, on peut effectivement résumer symboliquement le processus de la chaîne de valeur, en termes de valeurs d’usage, en exposant simplement que le patron consomme la force de travail de l’ouvrier comme l’ouvrier consomme le steak !
Autrement dit, si la valeur ajoutée à la production par la force de travail est supérieure à la valeur du steak et autres biens consommés par l’ouvrier, il y a donc production d’une plus-value au bénéfice du patron, détenteur, par contrat, de la force de travail de l’ouvrier.
C’est pourquoi, selon Marx, on peut définir la plus-value comme la différence entre la valeur d’échange de la force de travail, le salaire, et la valeur d’usage de cette force de travail, au cours du processus productif. »
"le
modèle de compréhension initial du capitalisme classique n’est
pas, comme vous dites, scolaire, mais marxiste, via l’analyse de la
valeur comme temps de travail et de la plus-value comme écart entre
le temps de travail effectif et le temps de travail nécessaire à la
reproduction du travailleur (le salaire, qui aujourd’hui peut être
étendu à certaines cotisations)."
Mais ce qui vous égare,
l’un comme l’autre, est donc bien qu’il s’agit d’un « modèle »
défini par Marx au milieu du XIXème siècle sur la base du travail
humain productif directement intégré à la marchandise en tant que
« quantum de travail » moyen au cours du processus
productif.
Cette plus-value au
véritable sens du terme, qui est donc une partie spécifique de la
valeur ajoutée par le travail productif, se réduit et tend
carrément à disparaître avec la robotisation de la production .
>>> donc elle
ne peut pas être à l’origine des superprofits actuels.
>>> la marge
de profit actuelle ne provient donc quasiment plus du peu qu’il reste
de cette plus-value mais bien de la masse monétaire « extra »
en circulation dans l’économie du fait de la dette publique et
privée.
>>> la dette
privée devant être soldée tôt ou tard, c’est donc bien la dette
publique qui sert en quelque sorte de « vase d’expansion »
de l’économie globale pour permettre la circulation monétaire
« extra » et les superprofits qui en découlent.
>>> elle sert
en outre de « collatéral », c’est à dire de caution de
garantie, à travers la circulation des titres de dette, pour la
plupart des transactions financières à grande échelle.
>>> c’est la
base de l’économie « moderne », banco-centralisée, et
non plus « capitaliste » au sens originel marxiste du
terme, fondé sur la plus-value extraite du travail productif.
>>> une
évolution qui semble donc vous échapper complètement et ce qui
vous empêche d’y voir clair dans le monde actuel, malgré ce qui
semble être une grande sincérité, chez l’un comme chez l’autre.
>>> il vous
faut simplement « atterrir » dans la réalité du XXIème
siècle.
>>> même si
c’est un atterrissage « douloureux » par rapport à vos
préjugés idéologiques.