@Fergus ... Qu’il est doux, sur Avox, d’avoir été parfaitement compris. Merci pour ces témoignages, ô combien concordants, avec mon ressenti quotidien ...
@L’enfoiré, bonjour, Je peux tout à fait comprendre cette différence, qui ne me choque pas du tout. C’est tout à fait la fable que vous citez. Je vais quand même utiliser, pour défendre ma « ruralité heureuse », un seul exemple. J’en ai certes, six cent douze sous le coude, mais c’est l’heure très attendue du marché du samedi sur la place de l’hôtel-de-ville que je ne saurais manqué car je priverais la Famille de vivres, jusqu’à mercredi. Dans la grande ville, tous les matins, j’entrais dans un commerce qui vendait « du pain, mais pas que » ou une « dame-femme-fille-intérimaire » interrogeait la clientèle entassée : « C’est à qui ? », se dédouanant d’avoir à s’engager, laissant ces gens qui s’ignoraient superbement s’auto-réguler dans des espèces de sourires forcés qu’ils n’avaient pas emmenés en sortant de leur voiture garée en double-file qui faisait iech une cinquantaine d’autres types qui arriveraient au boulot passablement énervés. Une fois mon tour établi, à l’unanimité des regards glacés comme les hectolitres de boissons en vitrine, je m’entends encore prononcer assez fort, une phrase apprise par cœur du genre : « Une baguette, bien cuite, s’il-vous-plaît ... » en déridant moi aussi mon visage disgracieux dans un espèce de sourire foireux sans âme. Dès lors, elle attrapait la première venue, toutes étant égales par ailleurs, et me lançait son inénarrable : « et avec, ça ? » que j’entends encore résonner les rares soirs de blues. Ca voulait dire quoi ? Ca signifiait : tu as beau venir tous les matins, demander toujours la même chose, tu n’es qu’un, parmi la masse, et rien dans mon contrat précaire ne m’oblige à faire semblant de te reconnaître. C’est bien, je le confirme le « et avec, ça » reçu en dose massive, qui tua le Rat des Villes que j’étais, après y avoir passé, plus d’un demi-siècle ... Aujourd’hui, mais je n’aurais jamais le temps de décrire dans son entier MA boulangerie, de laquelle on ressort toujours avec : le sourire, des informations échangées sur la vie, les enfants, le temps, le travail, les cotisations, la prochaine fête, le prochain match, la reprise de la pêche, la taille des champignons, le réchauffement (qui se voit fort bien, quand on achète « du local et de saison »), etc. Et toujours avec un « cadeau de la maison » cinq croissants pour trois achetés, des chouquettes par poignées pour les enfants sans jamais bourse déliée. Et je jure ici, sur ma tête, que c’est du même ordre, dans le même esprit d’échange et de convivialité ordinaire, au Tabac, chez le Boucher, et à tous les stands du Marché, même aller à la Poste devient source de plaisir, c’est dire. Je vous raconterais un jour, « les Flics du coin », presque des copains ... ATTENTION : Ce message n’appelle personne à faire le voyage dans ce sens. Ne pas croire tout ce qu’on peut lire sur la Toile ...
Merci pour cette tranche de vie. Ayant quitté (fuit) une agglomération de 800.000 individus pour une bourgade de 8000 âmes, si je passe très rapidement sur l’absence de pollution, la qualité de la nourriture, la disparition des nuisances sonores et visuelles, l’impossibilité d’embrouilles tardives, je dois avouer que les « rapports sociaux » (les vrais, entre quatre yeux, tous les matins) m’ont quasiment donnés l’impression d’avoir quitté la voie lactée pour trouver un univers hors de l’espace-temps que je ne sais toujours pas qualifier mieux, que : le bon vieux temps. Le secret d’une « vie bonne » (pour ma pomme) résidait ainsi dans la ruralité, c’était couillon d’avoir passé un demi-siècle avant de s’en apercevoir, mais au moins c’était fait pour les générations futures, qui iront probablement se brûler un peu les ailes dans les lumières de la ville, avant de revenir assurément en courant, un beau matin ...
@eddofr ... Well done ! Mais quel était le but ? Comme si je me pointais avec mon statut de « mâle Alpha » (Père (x3) + Grand-Père (x3) + Célibataire + Indépendant + Boulanger + Jardinier + Bénévole associatif + possédant un Conatus gros comme un bras d’enfant de trente cinq ans résultant d’une moitié de vie à parcourir le monde, seul. Je passe sur des titres divers, des cuites mémorables et d’autres détails diaboliquement divins. A celui qui a la plus grosse (je ne parle surtout pas de la retraite) ? Réservez-moi une bonne place. Vous installerez Dieu, à ma droite ...
Merci d’avoir brillamment évoqué ce sujet avec une grande lucidité et une belle dose d’introspection. Je dois avouer, être tombé de ma chaise, tant j’ignorais cette surabondance à visée humanitaire. Côté toxicité, quantitative et qualitative, il est aisé d’imaginer les dégâts. Etre le pauvre d’un monde riche, éviterait ainsi la famine mais filerait tout le panier de crabes à l’intérieur. Il est probablement des produits (la liste doit être longue) qui sorte de la liste des nourritures gaspillées et dont il serait d’utilité publique d’en faire un grand brasero (en général, des paquets de douze) ! Est-ce-que vous en parlez, entre vous, avec eux ?...