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Maël Donoso

Maël Donoso

Étudiant à l’Université Pierre et Marie Curie (Paris 6), je termine un Master de Biologie intégrative et physiologie, spécialité Neurosciences, au Laboratoire de Neurosciences Cognitives de l’École Normale Supérieure.

Je suis également responsable rédaction du Conseil de Réflexion des Jeunes Européens Universités de Paris.

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  • Premier article le 10/10/2008
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Derniers commentaires



  • Maël Donoso Maël Donoso 16 octobre 2008 16:57

    Merci d’avoir pris la peine d’écrire ce long commentaire, et de signaler des points qui n’ont, sans doute, pas été suffisamment développés dans mon article.

    Je vais donc tenter de préciser mon analyse. D’une part, les sommes immenses mises en jeu dans le projet Masdar impliquent que toutes les étapes de ce programme, de sa conception technique jusqu’à son marketing, aient été très précisément calculées au mieux des intérêts de ses promoteurs (par puissances pétrolières, j’entends non seulement les pays exportateurs de pétrole, mais tous les lobby et entreprises, occidentaux ou non, qui y sont rattachés). Il est donc difficile de voir dans le film de présentation du projet une simple "publicité savante", selon vos propres termes, et plus difficile encore de la croire sans arrière-pensée politique.

    Mon raisonnement central, sur lequel l’ellipse était certes importante, est le suivant. Le développement durable était, jusqu’à il y a quelques années, l’apanage de groupes écologiques et souvent altermondialistes, dont le principal message était qu’il fallait, pour protéger la planète, changer notre mode de vie producteur de déchets et de pollution. Plus récemment, les enjeux écologiques ont pris toute leur place dans la politique et les débats de société généraux. Aujourd’hui, il semble que le débat sur le développement durable soit, au contraire, sur le point d’être accaparé par les grands groupes industriels qui ont les moyens de créer des projets technologiques sophistiqués comme Masdar.

    Oubliée, donc, la possibilité de protéger l’environnement en adoptant des habitudes moins coûteuses en énergie. Masdar est, je le repète, un laboratoire extrêmement intéressant pour les énergies nouvelles, mais il ne peut pas servir de modèle à l’échelle planétaire. Lorsque ses promoteurs affirment qu’"un jour, toutes les cités seront construites comme Masdar", ils ne peuvent croire eux-même ce message. Très vraisemblablement, leur but est plutôt de séduire des acheteurs potentiels de haute technologie "verte", et pas de proposer un modèle de société valable pour tous.

    C’est cette confusion que je trouve potentiellement dangereuse. Vendre à ceux qui pourront les acheter des équipements high-tech propres, très bien. Mais cela ne doit pas nous détourner d’une autre nécessité majeure, celle de réduire la consommation d’énergie et la production de déchets au quotidien, avec les infrastructures et les moyens limités qui nous sont disponibles. À trop voir en Masdar le futur de l’écologie, nous risquons d’oublier que l’écologie se joue dans le présent, et que les grands groupes industriels n’en détiennent pas toutes les clés. Voilà ce que j’entends en affirmant que nous ne devons pas remettre aux grandes puissances pétrolières les "pleins pouvoirs" en termes de développement durable.

    Par ailleurs, l’ambition de ces puissances de se présenter en tant que leaders dans le domaine écologique n’est pas une analyse personnelle. C’est un objectif clairement affiché des promoteurs de Masdar, comme je vous invite à le vérifier dans leur film de présentation.

    J’espère avoir en partie répondu à vos remarques, que je vous remercie une fois de plus d’avoir formulées. Je ne relève pas vos derniers conseils d’ordre pédagogique, dont le ton condescendant est sans doute dû à un égarement ponctuel (compréhensible puisque ce sujet semble vous tenir à coeur).



  • Maël Donoso Maël Donoso 16 octobre 2008 12:38

    Le programme ITER fournit, par la recherche fondamentale, une réponse crédible aux défis énergétiques à long terme que devra affronter l’humanité. Et rappelons que si des programmes de recherche fondamentale n’avaient pas été menés dans le passé, il n’existerait aujourd’hui aucune de ces formes d’énergies renouvelables chères à mon critique, ni même aucune industrie énergétique tout court. Les pouvoirs publics auraient donc bien du mal à y investir comme il le suggère.

    Je ne prendrai pas la peine de répondre à ce que je considère comme des clichés malhonnêtes et ignorants, en particulier l’usage du terme "apprentis sorciers" pour désigner des scientifiques compétents, qui ont consacré leur vie à construire, dans des conditions souvent difficiles, le bien-être futur de l’humanité. Mais puisque nous sommes dans les citations, je suggère à mon critique de méditer cette phrase de William Leahy en 1945, dont le contenu prédictif me semble aussi pertinent que le sien : "C’est la plus grande folie que nous ayons faite. La bombe atomique n’explosera jamais, et c’est un expert en explosifs qui vous le dit."



  • Maël Donoso Maël Donoso 11 octobre 2008 12:23

    Il y a ici trois questions différentes, qui méritaient effectivement d’être soulevées et sur lesquelles je ne me suis peut-être pas suffisamment étendu dans l’article.

    La première question concerne la valeur (scientifique, morale...) réelle du prix Nobel. Il est difficile, à ce sujet, de départager ceux qui considèrent le Nobel comme une promotion essentielle du génie international, et ceux qui, à l’autre bout de l’échelle, se montrent beaucoup plus sceptiques quant à son objectivité. Je me contente dans cet article de soulever la valeur psychologique et historique du Nobel, qui, elle, est indéniable : indépendamment des opinions ponctuelles enthousiastes ou modérées, le Nobel est pour un large public le symbole durable de l’excellence scientifique, littéraire et humanitaire.

    L’idée de base de mon article est qu’il serait dommage de ne pas exploiter davantage cette puissante valeur symbolique, pour (re)donner à la société internationale ce référentiel du progrès humain, qui est tellement nécessaire à la science, aux lettres et à la diplomatie. Nous en arrivons donc à la deuxième question qui a été soulevée : quelle marge possède la société civile pour refonder éventuellement le prix Nobel ? Comme les lecteurs peuvent s’en douter, je n’ai pas l’intention de ressusciter Nobel pour lui "dire ce qu’il doit faire de son argent". Mais les fondateurs du prix d’économie "en l’honneur d’Alfred Nobel" n’ont pas eu besoin, eux non plus, d’inventer une complexe technique de résurrection. L’idée que je propose n’est donc pas une nouveauté absolue : cela a déjà été réalisé par le passé, et avec des fonds qui n’étaient pas ceux de la famille Nobel.

    La troisième question qui se pose, et la plus capitale à mes yeux, est celle que je laisse en suspens dans l’article : la multiplication des prix aura-t-elle un effet positif en valorisant de nouvelles disciplines (en particulier celles qui n’existaient pas du temps d’Alfred Nobel), ou un effet négatif en diluant le Nobel entre des branches trop nombreuses ? Je n’ai pas la prétention de donner une réponse définitive. Mais à mon sens, étant donné l’importance indéniable du Nobel dans notre société, il vaut la peine de dépasser les préjugés et de s’attarder sérieusement sur les enjeux de cette question.

    Il y a peut-être une quatrième question, que j’ai cru lire en filigranes : "De quel droit nous mêlerions-nous de l’attribution des Nobel ?" À cela ma réponse est beaucoup plus claire : le Nobel est un thème de société récurrent, influent, et les conséquences de son attribution sont incalculables sur le progrès technologique, la reconnaissance internationale d’une idée ou d’une politique. Donc on peut reformuler la question en ce sens : "De quel droit la société civile se mêlerait-elle de ce qui la concerne ?"







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