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Commentaire de Maël Donoso

sur Quel futur pour le prix Nobel ?


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Maël Donoso Maël Donoso 11 octobre 2008 12:23

Il y a ici trois questions différentes, qui méritaient effectivement d’être soulevées et sur lesquelles je ne me suis peut-être pas suffisamment étendu dans l’article.

La première question concerne la valeur (scientifique, morale...) réelle du prix Nobel. Il est difficile, à ce sujet, de départager ceux qui considèrent le Nobel comme une promotion essentielle du génie international, et ceux qui, à l’autre bout de l’échelle, se montrent beaucoup plus sceptiques quant à son objectivité. Je me contente dans cet article de soulever la valeur psychologique et historique du Nobel, qui, elle, est indéniable : indépendamment des opinions ponctuelles enthousiastes ou modérées, le Nobel est pour un large public le symbole durable de l’excellence scientifique, littéraire et humanitaire.

L’idée de base de mon article est qu’il serait dommage de ne pas exploiter davantage cette puissante valeur symbolique, pour (re)donner à la société internationale ce référentiel du progrès humain, qui est tellement nécessaire à la science, aux lettres et à la diplomatie. Nous en arrivons donc à la deuxième question qui a été soulevée : quelle marge possède la société civile pour refonder éventuellement le prix Nobel ? Comme les lecteurs peuvent s’en douter, je n’ai pas l’intention de ressusciter Nobel pour lui "dire ce qu’il doit faire de son argent". Mais les fondateurs du prix d’économie "en l’honneur d’Alfred Nobel" n’ont pas eu besoin, eux non plus, d’inventer une complexe technique de résurrection. L’idée que je propose n’est donc pas une nouveauté absolue : cela a déjà été réalisé par le passé, et avec des fonds qui n’étaient pas ceux de la famille Nobel.

La troisième question qui se pose, et la plus capitale à mes yeux, est celle que je laisse en suspens dans l’article : la multiplication des prix aura-t-elle un effet positif en valorisant de nouvelles disciplines (en particulier celles qui n’existaient pas du temps d’Alfred Nobel), ou un effet négatif en diluant le Nobel entre des branches trop nombreuses ? Je n’ai pas la prétention de donner une réponse définitive. Mais à mon sens, étant donné l’importance indéniable du Nobel dans notre société, il vaut la peine de dépasser les préjugés et de s’attarder sérieusement sur les enjeux de cette question.

Il y a peut-être une quatrième question, que j’ai cru lire en filigranes : "De quel droit nous mêlerions-nous de l’attribution des Nobel ?" À cela ma réponse est beaucoup plus claire : le Nobel est un thème de société récurrent, influent, et les conséquences de son attribution sont incalculables sur le progrès technologique, la reconnaissance internationale d’une idée ou d’une politique. Donc on peut reformuler la question en ce sens : "De quel droit la société civile se mêlerait-elle de ce qui la concerne ?"


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