Le Français n’est pas antisémite mais n’aime pas l’Israélien
Ce juif qui se bat pour sa survie, qui prend les armes pour se défendre des agressions des pays alentours, qui s’enorgueillit d’œuvrer au sein d’une armée moderne, ce juif fort, ce juif décidé à ne plus aller à l’abattoir, ce juif résolu à défendre cher sa peau, ce juif qui, revenu des fours crématoires, a juré sur la tombe invisible des millions de déportés, que plus jamais pareille tragédie ne se renouvellera, ce juif, qui est passé de statut de victime à celui de combattant.
Celui-là, d’un coup d’un seul, devient l’ennemi à abattre.
Le Français n’est pas antisémite, il aime bien son petit juif.
Il aime le juif lorsqu’il est faible ou pauvre, lorsqu’il est une espèce à protéger, lorsqu’il arbore le sourire d’une victime sacrificielle qu’il faut défendre envers et contre tous.
Le juif en pyjama rayé, le juif assassiné sur le territoire de la République parce qu’il est juif, le juif exécuté dans une école juive, le juif tué dans un hypermarché casher, celui-là, combien il aime à le défendre.
Celui-là est respectable. Celui-là est digne de compassion. Celui-là est digne d’être réconforté. Parce qu’il est faible. Parce qu’il est seul. Parce qu’il est impuissant face au déferlement de haine. Parce qu’il se pare des vertus de l’opprimé. Parce qu’il est innocent.
Le juif qui ferme sa gueule et va sans broncher épouser son destin de victime, celui-là a droit aux condoléances de la République.