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Matthieu Poux

Matthieu Poux

38 ans, professeur en archéologie romaine et gallo-romaine à l’université Lumière Lyon 2. Etudes secondaires au collège Claparède de Genève ; licence d’archéologie des Provinces romaines soutenue à Bâle en 1995 ; doctorat-ès-lettres soutenu en 2000 à l’université de Lausanne ; thèse d’habilitation à diriger des recherches soutenue en 2005 à l’Université de Provence. Spécialiste des processus de romanisation en Gaule romaine et préromaine (commerce et consommation du vin, pratiques religieuses, urbanisation et conquête militaire). Responsable, depuis 2001, des recherches menées sur l’oppidum gaulois de Corent (Puy-de-Dôme), et depuis 2008, des fouilles de la villa romaine de Saint-Laurent-d’Agny (Rhône).

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  • Premier article le 03/04/2009
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Ses articles classés par : ordre chronologique




Derniers commentaires



  • Matthieu Poux Matthieu Poux 26 mai 2009 08:30

    « Je suis désolé pour vous que les archéologues soient de purs crétins »

    Maladie revendiquée en ce qui me concerne, étant originaire des abords de l’arc alpin !

    Je reproduis ci-dessous le texte d’un communiqué adressé la semaine dernière à l’ensemble des rédactions locales de la région Rhône-Alpes-Auvergne. Curieusement, aucune d’entre elles n’a jugé bon de le reprendre, après une série d’articles mensongers consacrés à la fausse opposition Corent-Gergovie. Pas assez polémique, sans doute...

    COMMUNIQUÉ

     

    Mercredi 6 mai 2009

     

     

    Gergovie et les oppida du bassin clermontois :
    pour un débat scientifique de qualité !

     

     

    La région Auvergne recèle un patrimoine archéologique exceptionnel, qui donne lieu chaque année à des découvertes spectaculaires dont la presse nationale et internationale se fait régulièrement l’écho. À la fin de l’époque gauloise, pas moins de trois pôles d’agglomération majeurs (Gergovie, Corent et Gondole) se concentrent dans un rayon de quelques kilomètres au sud de Clermont-Ferrand, un cas unique à l’échelle de l’Europe ! Ils mobilisent, depuis plusieurs décennies, l’investissement de scientifiques issus de diverses institutions, qui en explorent la surface avec le soutien de l’État, des collectivités locales et de mécènes privés.

     

    Les fouilles menées simultanément sur ces trois sites apportent des informations fondamentales sur le processus d’urbanisation et de conquête de la Gaule. Année après année, les vestiges qu’elles mettent au jour suscitent de nouvelles hypothèses et des débats qui constituent l’essence même de toute démarche scientifique.

     

    Afin que ce travail se poursuive dans la sérénité, nous tenons à réagir solidairement aux allégations inexactes et tendancieuses véhiculées par certains articles récemment parus dans la presse auvergnate, en précisant les points suivants :

    L’affirmation, selon laquelle aucun vestige gaulois n’aurait été découvert sur le plateau de Gergovie, est totalement erronée et ne saurait être imputée à aucun des signataires du présent communiqué. La localisation du site de la bataille de 52 av. J.-C. fait l’unanimité au sein de la communauté des chercheurs, qui reconnaît également la qualité et le sérieux des travaux menés sur les trois oppida du bassin clermontois. Seules la nature et la chronologie des occupations reconnues sur chacun d’entre eux font encore l’objet de discussions, qui ne peuvent encore être tranchées définitivement en l’état de la recherche.

     

    Ces discussions se poursuivent, hors de toute considération partisane, entre archéologues spécialistes de l’âge du Fer qui oeuvrent en Auvergne. Elles se déroulent sans esprit de concurrence entre les différentes institutions auxquelles ces archéologues sont rattachés (universités, opérateurs d’archéologie préventive…), dont les signataires réaffirment la complémentarité des apports.

     

    Le public auvergnat continuera à être informé régulièrement, comme nous en avons toujours eu le souci, de l’avancée des travaux et des hypothèses qui en découlent.

     

     

    Matthieu POUX, Professeur d’archéologie à l’université Lumière Lyon 2, vice-président du Laboratoire Universitaire d’Enseignement et de Recherche en archéologie Nationale (LUERN), responsable des fouilles de Corent et membre de l’ARAFA.

    Vincent GUICHARD, Directeur de Bibracte / Centre Archéologique Européen de Bibracte, président de l’Association pour la Recherche sur l’Âge du Fer en Auvergne (ARAFA).

    John COLLIS, Professeur émérite à l’université de Sheffield, président d’honneur de l’ARAFA

    Yann DEBERGE, Institut National de Recherches Archéologiques Préventives (INRAP), responsable des fouilles de Gondole et membre de l’ARAFA

    Magali GARCIA, doctorante à l’université Lumière Lyon 2, responsable des fouilles du temple de Gergovie et membre de l’ARAFA

    Christian CHANY, Président du LUERN, membre de l’ARAFA




  • Matthieu Poux Matthieu Poux 26 mai 2009 08:20

    Bonjour Monsieur Mourey,
    L’archéologue « qui se trompe » souhaite apporter la précision suivante :
    Altitude max. du plateau de Gergovie = 744 m m NGF
    Altitude max. du plateau de Corent = 610 m NGF
    Altitude max. du Crest = 653 m NGF
    Comparables à quelques mètres près, les trois sites sont susceptibles de correspondre à l’expression latine in monte utilisée par César pour décrire la position de Gergovie. Ce qui n’est pas le cas, en revanche, de l’oppidum de Gondole, situé au bord de l’Allier. Quant à l’oppidum de Corent, mes étudiants qui se sont aventurés à en gravir les pentes à pied ont compris depuis longtemps qu’il ne se situe pas vraiment en plaine !
    Seules les découvertes archéologiques permettront de trancher entre ces différents sites, s’il y a vraiment lieu de le faire !



  • Matthieu Poux Matthieu Poux 8 avril 2009 02:57

    Monsieur Mourey,

    Un peu de sérieux : j’ai moi-même pris la peine de vous répondre à deux reprises, et c’est bien volontiers que je continuerai à le faire, mais sur un terrain moins polémique. Faut-il vraiment répéter que cet article n’a strictement rien à voir avec la question de Gergovie, certes passionnante, mais très technique pour le lectorat interpellé au sujet des conditions dans lesquelles travaillent les enseignants-chercheurs en archéologie ?

    Le recours à la bibliographie constitue la première règle du débat scientifique et je précise, à toutes fins utiles, que je ne touche aucun droit d’auteur sur mes productions livresques. Quarante billets de synthèse sur Internet ne remplaceront jamais une monographie de plusieurs centaines de pages, un article publié dans une revue à comité de lecture, un argumentaire structuré et un appareil de notes bien fourni. L’étape dite "de vulgarisation", qui vise à diffuser le résultat de ces recherches auprès du grand public, ne peut se faire qu’en aval du travail de démonstration scientifique, dans un cadre reconnu par l’ensemble de la communauté des chercheurs...

    Pour la dernière fois : merci de reporter ce débat en d’autres pages, plus en rapport avec le sujet...



  • Matthieu Poux Matthieu Poux 4 avril 2009 16:53

    Cher M. Mourey,
    J’ai bien pris note de votre position quant au dossier d’Alésia, qui vous honore en ces temps de remise en cause de faits largement établis par l’archéologie. 
    L’article posté relève d’un autre débat, qu’il n’y a pas lieu d’entreprendre ici. Ma propre "vision" de la Gergovie césarienne s’appuie sur un argumentaire de plus de 300 pages développé dans mon mémoire d’HDR soutenu en 2005 à l’université de Provence, qu’il m’est difficile de résumer en quelques lignes. Une version grand public sera bientôt disponible, dans un ouvrage à paraître avant l’été aux éditions Infolio : http://livre.fnac.com/a2502030/Matthieu-Poux-Les-Arvernes-face-a-Rome?Mn=-1&Origin=FnacAff&Ra=-1&To=0&Nu=1&Fr=3.
    Mon intervention sur AgoraVox ne visait qu’à éclairer ses lecteurs sur les conditions dans lesquelles se bâtit le discours historique. Je ne souhaite pas en faire le lieu d’inutiles polémiques et ne répondrai donc plus aux interventions sans rapport avec le sujet.
    Cette précision s’adresse également aux amateurs de détection illégale et autres provocateurs, dont nous subissons régulièrement les assauts sur les chantiers comme sur les forums Internet, dès qu’il y est question d’archéologie ou de sauvegarde du patrimoine...



  • Matthieu Poux Matthieu Poux 4 avril 2009 12:53

    Bonjour à tous et merci pour vos soutiens !
    Une réponse de l’auguste "penseur" à la Cyber-France d’en bas
    Il y a belle lurette que l’archéologie s’intéresse davantage aux modes de vie, aux formes d’organisation politique ou aux conceptions symboliques des civilisations passées qu’à "l’identité nationale", sujet que je laisse volontiers aux mains d’un pouvoir pour lequel, soit dit en passant, je n’ai pas voté.
    La connaissance de périodes révolues, qui voyaient des populations entière se massacrer entre elles et tuer leurs enfants impunément (je parle là d’une époque qui remonte au moins à trois ans en arrière !), ne donne pas vraiment envie d’y retourner. Le (modeste) travail de l’historien consiste surtout à mettre en garde une société qui serait tentée par ce voyage dans le temps. Le reste est affaire de lutte politique, laquelle, je le concède, ne se mène pas uniquement sur Internet...
    Dans mon intitulé, j’aurais dû remplacer l’enclume par la faucille : celle que j’utliserai lorsque j’aurai été envoyé dans les champs pour y moissonner les fruits de la terre, au leu de chercher dans cette dernière un dérivatif petit-bourgeois aux maux de ce monde...

    MP

    PS - A l’attention de MM. Mourey, Antenor & Gasty : même si je ne partage pas vos hypothèses concernant Gergovie ou Alésia, je vous remercie pour l’intérêt que vous portez à nos travaux. Les collectivités locales nous soutiennent pleinement, de même qu’une majorité de fonctionnaires du Ministère de la Culture qui ne partagent pas forcément l’avis (consultatif) de la commission.

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