" L’étude montre que si les opinions occidentales sur la Russie se sont durcies au cours de l’année écoulée, elles « n’ont pas réussi à convaincre pleinement d’autres grandes puissances telles que la Chine, l’Inde et la Turquie
», qui considèrent la Russie comme leur « partenaire » et leur « allié
», même si elles ne sont pas d’accord sur la question de l’Ukraine.
En Chine, en Inde et en Turquie, par exemple, une grande proportion
de personnes ont déclaré qu’elles estimaient que la Russie était « plus
forte » ou au moins « aussi forte » qu’avant le début de l’action
militaire il y a près d’un an. Ils considèrent Moscou comme un « allié »
stratégique et un « partenaire indispensable » pour leur pays.
Les répondants non occidentaux espèrent clairement que la guerre
prendra fin le plus tôt possible, même si cela signifie que l’Ukraine
devra abandonner une partie de son territoire. L’implication active de
l’Occident suscite le scepticisme en dehors de l’Occident, et les appels
à « défendre la démocratie » ne sont pas suffisamment crédibles.
Bien que les États-Unis aient tenté de « mondialiser » le sentiment
anti-russe, seuls 33 pays – représentant un peu plus d’un huitième de la
population mondiale – ont imposé des sanctions à la Russie et envoyé
une aide militaire à l’Ukraine.
Ces pays sont le Royaume-Uni, les États-Unis, le Canada, l’Australie,
la Corée du Sud, le Japon et les États membres de l’UE. En d’autres
termes, le projet antirusse a principalement impliqué des pays qui
tombent dans la sphère d’influence des États-Unis et où il y a une forte
présence militaire américaine.
Les autres nations, qui représentent près de 90% de la population
mondiale, n’ont pas suivi l’exemple de l’Occident. La guerre en Ukraine a
en fait renforcé les relations de la Russie avec plusieurs grands pays
non occidentaux, tels que la Chine et l’Inde, et a accéléré l’émergence
d’un nouvel ordre international dans lequel, au lieu de la Russie, c’est
l’« Occident collectif » lui-même qui apparaît isolé.
Le conflit ukrainien pourrait être un tournant marquant l’émergence
d’un ordre mondial « post-occidental », suggèrent également les think
tankers Leonard et Garton Ash. Selon eux, il est « hautement improbable »
que l’ordre libéral en perte de vitesse, dirigé par les États-Unis,
soit restauré. Au contraire, « l’Occident doit vivre comme l’un des
pôles d’un monde multipolaire ».
Un réalignement géopolitique est en cours, qui accélère le
démantèlement de la domination mondiale des États-Unis. Même les groupes
de réflexion occidentaux ont commencé à se pencher sur cette question
sensible, comme le montre une étude récente de l’ECFR (European Council
on Foreign Relations) intitulée « United West, divided from the rest »
(L’Occident uni, séparé du reste).
Le sondage, réalisé en janvier de cette année (qui a porté sur les
opinions non seulement dans neuf États membres de l’UE, mais aussi au
Royaume-Uni et aux États-Unis, ainsi qu’en Chine, en Russie, en Inde et
en Turquie), révèle des différences géographiques marquées dans les
attitudes à l’égard de la guerre, de la démocratie et de l’équilibre
mondial des pouvoirs.
« Le paradoxe de la guerre en Ukraine est que l’Occident est à la
fois plus uni et moins influent dans le monde que jamais auparavant », déclare le directeur de l’ECFR et coauteur du rapport, le politologue et auteur britannique Mark Leonard
« Alors que la plupart des Européens et des Américains vivent dans
un monde datant d’avant la guerre froide et structuré par l’opposition
entre la démocratie et l’autoritarisme, de nombreuses personnes en
dehors de l’Occident vivent dans un monde post-colonial fixé sur l’idée
de la souveraineté nationale », déclare le co-auteur de l’étude, l’historien britannique Timothy Garton Ash (photo).
Les deux Dirigeants l´ont clairement exprimé, á savoir apporter des changements jamais vu dans dans le monde depuis 100 ans.
" À Moscou cette semaine, les dirigeants chinois et russe ont
révélé leur engagement commun à redéfinir l’ordre mondial, une
entreprise qui n’a « pas été vue depuis 100 ans »."
Ils vont le faire ces changements qui, je dis toujours vont aussi profiter á cet Occident belliqueuse. Ces changements vont impacter le monde entier y compris en Occident qui n´aura pas d´autres choix que de s´aligner oú être effacé de l´histoire. Ces deux pays la Russie et la Chine, ne peuvent pas être ou faire comme cet Occident, eux au moins ont compris que pour avancer et réussir, il faut être ensembles, ce que l´Occident n´a jamais compris, c´est pourquoi cet Occident est entrain de perdre.
Bonjour HAMED et merci pour cet article, j´ai beaucoup aimé les questions que vous posez dans l´article surtout celle-ci á savoir « quel sens donner á cette guerre en Ukraine ». Dans cette question il ya tellement á dire, mais ce serait long... toutefois chacun de nous sait quel sens donner á cette guerre.
Nous sommes ici dans un débat et je voudrais vous poser la question de ce que vous pensez de la rencontre tenue du 21-22-23 Mars 2023 á Moscou entre le Président Russe Poutine et le Président chinois XI.
À Moscou cette semaine, les dirigeants chinois et russe ont
révélé leur engagement commun à redéfinir l’ordre mondial, une
entreprise qui n’a « pas été vue depuis 100 ans ».