Frida, vous dites jeune fille : à quel âge est pratiquée normalement cette excision ? Ne devrait-on pas parler de fillette et envoyer les défenseurs de cette barbarie à http://www2.ohchr.org/english/bodies/crc/index.htm ?
La pression sur l’enfance, de la part des religions, m’a toujours paru un crime similaire à la séquestration qui entraîne tout un cortège de troubles psychologiques dus à la réaction humaine face au péril de désintégration de la personnalité. Cette réaction va depuis la révolte, souvent violente, à la soumission totale. Dans le cas de l’enfance, la révolte est pratiquement exclue et la nécessité vitale de conservation d’un semblant d’identité individuelle pousse l’enfant à accepter l’agression comme un fait inclus dans une dure réalité qu’il ne peut comprendre. Il s’en remet, donc, aux adultes qui l’entoure. On parlerait de syndrome de Stockholm dans d’autres circonstances. C’est déjà un crime, même s’il n’y a aucune agression physique. Alors, dans le cas de mutilation, même chirurgicalement correcte, c’est un double crime aggravé et quiconque défendant la perpétuation de cette situation, est un criminel. Voilà ce que j’en pense.
Omar, n’essayez pas de me dire que puisque l’occident est pédophile, il ne doit rien dire, ni que la législation internationale destinée à protéger l’enfance n’a pas à se mêler des affaires religieuses. Ce serait une apologie de la torture sur les enfants.
« On a relevé dans la presse au moins treize cas de personnes poursuivies
sur la base des termes du Code pénal, notamment des médecins, des sages
femmes et des barbiers, accusés d’avoir pratiqué des MGF ayant entraîné
des hémorragies, des états de choc et des décès. »
Omar, sur ce coup, vous vous tirez deux balles dans le pied. Une, dès que l’on compare le nombre de personnes poursuivies ( 13 ) avec les taux d’excision publiés. Une autre, quand on s’aperçoit que pour qu’elles soient poursuivies, il faut qu’elles aient pratiqué des MGF « ayant entraîné
des hémorragies, des états de choc et des décès. ». Autrement dit, si ça se passe plus ou moins bien, pas de problèmes.
Oui, Frida, je suis d’accord. Le problème est un sacré problème même si les chiffres sont difficiles à obtenir. Pour ma part et sans intention de provocation, je pense que seule la montée en puissance d’un Islam laïc pourrait faire disparaître ces pratiques. D’ailleurs je ne comprends jamais les débats du genre : l’Islam est-il compatible avec la démocratie ? Ben, oui et non, comme n’importe quelle autre religion. Ça ne dépend que de ne pas envahir la sphère publique et ne pas enfreindre le Droit. Les exégètes et théologiens savent très bien arranger les interprétations, s’il le faut. C’est aussi bêtement con que ça.
Pigripi, merci pour les liens. Depuis mon ignorance de chiffres précis sur le sujet, je voyais l’Égypte dans une situation similaire au Sénégal plutôt qu’au Mali. J’ignorais aussi le taux d’excision si bas du Niger. Même si les chiffres ne sont pas précis, une décote de 20% ne changerait rien à l’affaire, c’est terrible.
Alors, Omar, expliquez à ces dames que la sécularisation des sociétés n’est pas un progrès immense pour l’humanité. C’est bien là qu’est le problème. La religion, aucune d’entre elles, ne peut organiser une société, et par définition puisque organiser implique l’usage de la rationalité humaine ( ça existe, oui ) et non pas d’une mystérieuse loi, mystérieusement interprétée par des hommes dotés d’une foi mystérieuse. Ce n’est pas une critique au contenu sinon à l’utilisation de ce contenu.
Les faits sont têtus... analyse sereine... et ... Asselineau, le prince des étoiles. Mort de rire.
Le niveau a peut-être baissé à Normale Sup., ( je n’en sais rien, je n’y suis jamais allé, heureusement pour moi ) mais en patience personne n’égale ici à Eratosthène. À noter que Asselineau utilise d’emblée son statut d’ancien des grandes écoles comme argument d’autorité tandis que Eratosthène s’est fait massacrer dès le départ pour son appartenance à celles-ci sans avoir employé cet argument. Donc les élèves des grandes écoles ont fait des progrès, je pense.