Sisyphe, cette photo de Mme Le Pen est intolérable. Personne n’a le droit de se gausser de la souffrance terrible qui déforme le visage, habituellement serein, bienveillant et amoureux, de celle qui est appelée à diriger la Nation, épée au clair et bannière à la croix de Lorraine au vent, rênes de son coursier blanc fermement empoignées galopant à l’encontre des hordes de l’envahisseur mahométan. Cette souffrance, éprouvée, sûrement, lors de l’un de ses assauts mémorables ou troussage intempestif quelconque, doit être respectée. Vous ne le faites pas. Je vous moinsse !
La présomption d’innocence gêne partout et est combattue par tous les pseudos moralistes dans tous les pays du monde. Il en est de même pour un autre concept tout aussi important : la prescription des crimes et délits que l’on cherche à assimiler à une sorte de pardon.
La Justice et le Droit ne sont pas des inventions de Dieu pour protéger une morale quelconque. Ce sont les fondations même du cadre social dont nous nous sommes dotés afin que les différentes interprétations de ce qui est, ou non, moral, ne nous précipitent pas les uns sur les autres, armés de faux et de gourdins.
Ne faites pas semblant de vous intéresser à ce que j’écris pour inonder les commentaires de copies des délires du pauvre Meyssan. Argumentez quelque chose, au lieu de rabâcher les âneries des autres.
Vous écrivez : « Si j’étais un admirateur de DSK, comme ceux qui se ridiculisent depuis le début de l’affaire à agiter la présomption d’innocence pour disculper leur turbulent héros, j’aurais peur. »
La présomption d’innocence n’a aucun turbulent héros à défendre. C’est une liberté fondamentale qui implique des devoirs très précis. Elle protège tout autant les suspects que les plaignants car, ce n’est qu’en démontrant le bien fondé de la plainte que le statut de suspect peut évoluer vers celui de coupable et donc, celui de plaignant vers celui de victime.
« tout homme étant présumé innocent jusqu’à ce qu’il ait été déclaré coupable, s’il est jugé indispensable de l’arrêter, toute rigueur qui ne serait pas nécessaire pour s’assurer de sa personne doit être sévèrement réprimée par la loi »
Article 9 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.
Que veut dire européen pour un membre du BRIC ? Est-ce l’européen historiquement responsable du pillage du, mal nommé, tiers-monde que l’on vise ou l’héritier de la conscience de classe développée, tant bien que mal, sur ce continent ?
Quelle est la politique sociale mise en oeuvre sur leurs propres territoires par ces locomotives économiques ? Pourquoi leur croissance va-t-elle essentiellement dirigée à renforcer leur compétitivité sur le marché mondial, alors que la répartition du pouvoir d’achat au sein de leurs populations se cristallise autour de deux pôles radicalement opposés : la misère la plus noire de millions de personnes et l’opulence et l’ostentation de quelques milliers ? Pourquoi, dans ces pays, la propagande présente le club des pays nantis comme l’ennemi irréductible des économies émergentes alors que cette vision dialectique est applicable, en premier lieu, à leurs sociétés et contre leurs propres dirigeants ?
Les pauvres vivants dans les pays regroupés sous l’étiquette BRIC, sont de vrais pauvres - bien au dessous de n’importe quel critère européen -, des miséreux à qui on fait croire que leur condition insupportable est due à l’égoïsme et à la cupidité du, encore plus mal nommé, premier monde. Leurs dirigeants leurs montrent du doigt les coupables, déviant, ainsi, la colère que suscite le succès de leurs économies comparé aux systèmes publics de santé et d’enseignement délabrés, appareils judiciaires, exécutifs et législatifs dominés par la corruption, législations du travail infâmes, mobilité des populations quasiment nulle grâce aux infrastructures inexistantes - comme exemple, le Brésil où toutes les routes fédérales sont payantes et pleines de trous, il n’y a pas de réseaux de voies ferrées -, etc...
N’y-a-t-il pas là une belle conspiration a dénoncer ?