Je vous propose un petit scénario, fictif - du moins, je l’espère -, qui tempèrera, peut-être, votre enthousiasme pour ce que vous appelez le web 2.0 - qui, en réalité, ne représente aucune innovation technique majeure sinon un mode d’exploitation de techniques déjà présentes avant l’explosion publicitaire de ce concept commercial - et vous en présentera les dangers.
Une étude fut faite révélant une corrélation entre les tweets et les fluctuations des valeurs boursières. Ce qui ne devrait surprendre aucune personne connaissant l’influence des facteurs psychologiques sur les cotations de celles-ci.
Les techniques de programmation informatique permettent largement l’élaboration de « lignes de tweets », totalement virtuelles - c’est-à-dire, non produites par des êtres humains - ciblant une réaction psychologique des marchés.
La conformation du réseau - l’internet - permet la centralisation d’une décision stratégique d’intervention psychologique sur les marchés masquée par la diffusion, à travers un réseau de bots, de tweets apparemment individuels et émis par des acteurs réels, des personnes.
Un serveur, programmé pour dégager de l’intention stratégique qu’on lui donne - l’input -, une suite tactique d’interventions virtuelles artificiellement décentralisée - l’output - est ainsi capable d’influencer, dans le sens de l’intention stratégique préalable, toute la marche d’un système sensible aux facteurs psychologiques.
Les types de systèmes, ainsi attaquables, ne sont pas seulement ceux dont l’automatisation est quasiment complète comme le marché continu. Tous les systèmes soumis à une influence déterminante de la psychologie des masses - c’est-à-dire tous les systèmes impliquant une action humaine à la base - prêtent le flanc à ce genre d’attaques : politique, économique, géostratégique, etc...
« 1. Est-ce que les fins de G8 sont-ils indépendants de ceux de BRICS ? »
Bonne question. Il semblerait que l’on se dirige vers une situation paradoxale impensable il y a quelques années.
Les puissances industrielles vireraient leur cuti du néolibéralisme des 30 dernières années cherchant une réforme « keynésienne » du système monétaire international et espèreraient pouvoir contrer, un peu, la brutale compétitivité des membres du BRICS en leur réclamant de réduire leurs déficits démocratiques internes.
Les dirigeants du BRICS ne l’entendraient pas de cette oreille, puisque favorisés par la situation actuelle, et tiendraient un double discours : réclamer, sur la scène internationale, une redistribution des cartes qu’ils ne désirent pas réellement mais dont l’exigence est obligatoire face à leurs propres populations dont ils ne désirent pas vraiment élever le niveau de vie avant de renforcer, encore plus, leurs taux de croissance et leurs réserves.
Ah oui, quelle belle histoire ! Keynes, fameux suppôt de Satan et de l’empire britannique, conspirant contre l’amérikkke de Roosevelt. Du pur Larouche, effectivement ! Heureusement que Chuminade est là, n’est-ce pas ?
Pour ma part, je pense que seule la création d’une unité de compte internationale (le bancor, http://www.pauljorion.com/blog/?p=12129) peut reconnecter la finance internationale et l’économie réelle.
Si on se retrouve à DSK Island, et bien on l’achètera et renommera Hayek-Friedman Island.