J’ai envie de compléter vos propos, mais dans le sens inverse. Votre métier de veilleur vous permet d’affirmer que la sur-information empêcherait l’émergence d’un big brother, qu’une personne contrôle toutes les autres.
Mon métier de gestionnaire de bases de données / statisticien me dit parfaitement le contraire. La sur-information, même si elle empêche d’avoir des informations précises sur une personne précise, permet d’établir des statistiques toujours plus nombreuses et plus fines sur des catégories de personnes. Les réseaux sociaux ne noyent pas l’information, au contraire, ils la concrétisent et permettent d’établir comme un portrait robot quantitatif et qualitatif de la population. Et c’est justement connaître ces informations qui permet de cibler des portions pour les rendre maléables. Pour illustrer mon propos, c’est exactement ce que font les grandes surfaces avec les cartes de fidélité. La sur-information y est représentative : toutes les offres, publicités, les agencements des rayons, etc sont des conséquences de l’exploitation de données en apparence anodines et inutiles, mais qui combinées permettent de contrôler le comportement de nombreuses personnes : « tiens, une offre sur tel produit que je ne consomme jamais. Bah, c’est l’occasion d’essayer ». Et voilà, vous n’avez pas l’impression d’avoir été influencé ou manipulé, et pourtant... Vous n’avez pas été ciblé personnellement (encore que les techniques actuelles tendent vers ce modèle), mais vous avez été victime de ce système.
Imaginez ce système appliqué à un réseau tel que Facebook...
Le but final de big brother n’est pas d’avoir une liste exhaustive de chaque personne, mais bien de manipuler la population entière... Et là où « 1984 » se trompe peut-être, c’est qu’il n’est pas nécessaire d’établir un contrôle individu par individu pour contrôler tout le monde...
Alors non, Big Brother n’est pas dans la foule, Big Brother contrôle la foule comme un unique individu.
« Le meilleur des mondes » représente mieux que « 1984 » ce vers quoi on risque de se rapprocher : Une population divisée en 5 ou 6 classes, chaque individu étant assimilable et assimilé à l’une de ces classes.
J’aimerais bien savoir, une fois pour toute, si oui ou non le sang prélevé sur un donneur quelconque est SYSTEMATIQUEMENT vérifié, notamment contre le SIDA.
Si la réponse est non, alors je conçois que les homosexuels soient exclus du don du sang. Sauf qu’évidemment, ça voudrait dire de nombreuses affaires de sang contaminé (fourni indifféremment par des donneurs homo ou hétéro qui auraient menti ou non aux questions préliminaires).
Si la réponse est oui, alors la question ne se pose même pas : que la personne soit séro-positive ou non, qu’elle soit homosexuelle ou non, son sang sera testé de la même manière. Pas plus de risques, pas de coûts supplémentaires quelque soit la situation du donneur.
Si ça dépend des réponses de la personne, alors le système de santé français est vraiment descendu bien bas que de faire confiance en la simple parole du donneur. Il ne faudra pas s’étonner de voir un nouveau scandale au sang contaminé.
Le système en lui-même est très bon, mais je ne vois pas l’intérêt d’importer des vers des états-unis. Ca n’est pas vraiment écologique, et cela peut même être dangereux pour notre environnement car provoque un risque de déséquilibrer l’écosystème. Personnellement, je connais des personnes qui utilisent un composteur dans leur jardin. Pas d’achat de vers, ceux-ci sont venus directement du jardin (bon, ils ont été un peu aidés au début...).
@Julius Il ya une différence entre les élections nationales qui suit la Constitution (et les lois) et d’un vote organisé par le groupe des militants auto-proclamé
Quand on voit que les lois encadrant les élections nationales sont votées par moins de 10% des députés, on peut aussi émettre un doute quand à la légitimité des lois, et par extension, des élections et des élus, et de tout le paysage politique... Tout ça pour dire que finalement, la différence de légitimité entre votes institués et non institués ne me paraît plus si énorme que ça... Mais ceci est un autre débat.
@knilhcs Mon commentaire pour Julius s’applique également pour vous. Ce que je veux dire, c’est qu’il me semble que même si ces AG ne sont pas encadrées par des lois, elles ont quand même droit au respect, et ne doivent pas être qualifiées de « légitimement dévaluées ». Les personnes qui y participent, même si elles font des choix que je n’approuve pas toujours, prouvent quand même qu’elles sont capables de s’organiser et de se battre pour des idées.
Quand aux personnes « qui ont autre chose à faire », j’en reviens au cas des blocages (l’exemple qui reflète, selon moi, très bien la mentalité des quatre cinquièmes d’étudiants). L’université est bloquée, ils ne peuvent donc pas aller en cours. L’AG se déroule pendant ce temps, ils n’y sont pas. Qu’ont-ils donc d’autre à faire ? De plus important que se battre pour retourner en cours ?
Pour résumer ma pensée, j’ai envie de dire que vous avez raison, j’ai été trop loin en comparant les AG étudiantes à nos élections nationales. Mais prenez-le plutôt comme un exemple au lieu d’une comparaison. Par contre, je trouve que vous « tapez » trop fort sur ceux qui organisent et participent aux AG, et protégez et excusez trop ceux qui n’y vont pas. J’ai tendance à camper sur la position clichée « ils n’avaient qu’à être là », évidemment avec quelques nuances. Mais les plus grands idiots sont ceux qui ne participent pas aux AG alors qu’ils n’ont rien d’autre à faire, pour avoir quelques jours de congés. Ceux qui sont toujours là pour critiquer les mouvements étudiants sont les mêmes qui ne saisissent pas leur chance de se faire entendre.
Tout d’abord, je tiens à préciser que je suis absolument contre le fait que quelques étudiants, en AG, décident d’un bloquage de l’université. Mais je ne suis pas du tout d’accord avec les idées défendues dans l’article !
Le fait qu’un cinquième des personnes puisse imposer des décisions à tous les autres est un fait connu de tous. Il n’y a aucun seuil pour valider une décision.
De même qu’il n’y a aucun seuil pour valider chacune des élections qui régissent la vie politique française ! Avec votre raisonnement, que pourrait-on dire de la légitimité de nos présidents et députés ? Notre actuel président a été élu par 52% des votants, soit 30 à 40 % du peuple. Quelle légitimité a-t-il selon vous ? Et quelles légitimités ont des lois votées par moins de 10% des députés (pour un vote à 14h, imaginez à 22h...) ?
De plus, vous dites que les étudiants qui n’étaient pas à l’AG n’ont pas à subir les conséquences d’une décision d’un cinquième des étudiants, pourtant au vu des nombreux comportements constatés pendant les blocages (décidés par AG), la plupart de ceux qui ne s’étaient pas déplacés lors des AG n’avaient pas l’air mécontent de rester dans leur lit jusqu’à 14h plusieurs jours d’affilée (et pas la peine de me dire que j’exagère, c’est du vécu et constaté, étant jeune employé qui fréquente encore beaucoup d’étudiants de tous bords) !
Je pense qu’il y a simplement un manque de responsabilité et de maturité des deux côtés : les absents qui s’en foutent de payer pour des études qu’ils ne suivent pas, et les présents qui croient gêner le gouvernement alors qu’ils font seulement chier leurs camarades ! Ils pensent bloquer des réformes et des lois, mais ils bloquent seulement l’apprentissage des jeunes.
Ce qui me fait rire (jaune), c’est qu’on assiste aux mêmes immaturités chez nos députés : vote surprise à 23h00 deux jours avant le vote prévu pour être sûr de le remporter, puis re-vote pour un renforcement de la loi étudiée, puis comme le résultat ne convient pas à ceux qui ont organisé le vote, on refait voter.