Marc Bruxman > Vous oubliez la troisième possibilité :
- L’entreprise ne fait rien, elle garde l’intégralité de la réduction pour sa poche.
Excepté quelques rares exemples du prétendu « capitalisme patrimonial », il n’y a pas eu beaucoup de cas qui montrent une rationalité des entreprises et des acteurs financiers. J’entend par rationel le principe du « Plus on partage le gâteau, plus il devient gros » qui profiterait à tout le monde même à l’entreprise elle-même. Donc ils augmentent les salaires etc... Si on ne force pas, ça ne se fait pas facilement.
Mais admettons que ça se passerait comme ça :
J’avais aussi imaginé l’idée qu’on vire les cotisations mais qu’en contre-partie, toute ou au moins 75% de la somme est reversée au salarié, en contrepartie d’une augmentation de la fiscalité car il faut bien tourner le service public.
Conséquences envisagées :
- Le système reste similaire : On n’a fait que déplacer un problème histoire de tout regrouper sur la tête des impôts, car ça ne suffit jamais ^^ La pression sur la libéralisation d’absolument tout sera accentuée : Santé, éducation, etc... car l’Etat cédera à un moment sur les impôts, et il faudra donc qu’il privatise encore plus pour baisser les coûts.
Ça ne plaira qu’aux ultra-libéraux au mieux.
- Le système ne reste pas similaire et les effets attendus arrivent : Les gens ont davantage d’argent. Ok bien. Les entreprises ont moins de mal à joindre les deux bouts (ça ne veut pas dire qu’ils auront davantage de commandes mais admettons). Ok bien. On augmente la TVA pour compenser. Ok bien. La consommation est boostée (au dépend de l’environnement mais c’est un détail ^^)...
... Sauf que la plupart des produits disponibles ne sont PAS made in France... On n’est plus en 1900, mais dans une société très ouverte à l’ère de la mondialisation, une société de services. « Consommer » une coupe chez un coiffeur et acheter un produit chinois, c’est assez différent.
Le résultat est que les entreprises nationales ne seront pas beaucoup plus avantagés qu’avant, mais les produits étrangers rapporteront davantage à leurs producteurs vu que l’augmentation de la consommation leur profitera. Rien ne dit que nos entreprises n’augmenteront pas leurs exportations, mais ça m’étonnerait franchement vu qu’à l’étranger, il n’y aurait pas une telle mesure pour booster la consommation. En gros on aidera le monde en flinguant toute notre épargne, ce qui nous plombera totalement.
Cette mesure ne peut marcher qu’après la mise en place d’un régime très protectionniste visant à réduire les importations, mais cela poserait des problèmes politiques, économiques et technologiques.
Ce qui fait qu’au final, c’est une très mauvaise idée. Elle aurait été bonne dans le contexte des années 1900, mais là non.
Comme la TVA sociale d’ailleurs. Enfin dans la version qu’on a envisagé, c’était un ajout, ce qui pénaliserait les « rouges » comme vous dites, autrement dit ceux dont la propension à consommer est déjà quasi de 100%, autrement dit les pauvres et classes moyennes basses alors qu’ils ont déjà assez des augmentations de loyers et autres. Ce n’était pas une bonne idée aussi bien électoralement qu’économiquement.
L’ennui, c’est l’impératif médiatique. Il faut des termes qui choquent et seront retenus par les gens, or TEPA et paquet sont moins sexy que « bouclier fiscal » qui maintenant désigne tout TEPA en péjoratif. Le problème habituel en gros...
Cela permet aussi d’embrumer l’esprit des citoyens qui finissent par ne plus rien comprendre, et d’autres comme vous qui tombent dans le piège, car vous oubliez TOUT LE RESTE du dispositif qui est la partie la plus importante.
Ces 15 Milliards ne sont pas une invention : C’est un fait, mais ce sont surtout des manques à gagner, pas des coûts. Ce qui a « coûté » le plus dans ce nombre, ce sont les réductions sur les heures sups qui les ont même rendu souvent moins chers que les heures normales...
Le bouclier n’est qu’une partie qui n’a effectivement coûté que quelques centaines de millions. La question des inégalités, elle n’est pas née depuis la TEPA, seulement au fil des ans elle a empiré, même s’il reste la question de bien définir le « riche » comme vous le dites, donc il faut un bouc émissaire, et le bouclier fiscal l’est devenu.
Les 40 Milliards ne sont pas inventés non plus : Sur 3 années de TEPA, l’état s’est allégé de 40 Milliards de cotisations (ce n’est pas 15 Milliards fixe par an ^^ mais pas loin à chaque fois) qui auraient pû aider à maintenir un budget plus raisonnable.
Et au final aussi, le problème, ce sont que les gens sont mal informés, d’où le mauvais usage des termes. Difficile de l’être vu la qualité des médias de masse d’aujourd’hui.
Il est impressionnant de constater que peu importe la réalité des chiffres sur le travail en France encore rapellée dans cet article, il y a toujours des aveugles pour prétendre qu’on est un pays de fainéants.
Franchement, je ne comprend pas comment on peut être aussi obnubilé par l’envie de CROIRE à des CLICHES, au lieu de SE BASER sur les FAITS...
Un agent du rail est comme un boulanger donc... Comparer un employé d’une grande entreprise à un travailleur indépendant possédant son activité le plus souvent, faut le faire quand même... :/
En supplément, le nombre de grèves sur le rail baisse chaque année en ce moment, mais il est vrai qu’ils ont le plus fort pouvoir de nuire à leurs usagers. Si vous avez une idée pour obtenir la même chose sans recourir à cette méthode, vous êtes le bienvenu pour le dire.
Enfin, à propos « S’ils veulent défendre leurs droits ils sont assez grands pour faire eux-mêmes la grève ! », oui ils sont assez grands, mais ils ne le feront pas parce qu’ils ont peur pour leur emploi. Il est préférable de s’écraser. Le monde réel est plus compliqué que de dire « ils ont le droit ». Oui mais... non.
Un jour, on arrivera à revenir à la grande et belle époque du début 1900, et on ne comprendra pas pourquoi il y a surproduction & crise...
Une régularité de coucou suisse ? Il serait bon de se baser sur les faits non ?
« Dans le détail, le Conseil national des transports confirme que le nombre de jours perdus pour grève a diminué dans les transports routiers (11 982 en 2005, 10 276 en 2006), à la RATP (21 271 en 2005, 19 002 en 2006) et, surtout, à la SNCF (238 962 en 2005, 129 213 en 2006). Une évolution qui est donc antérieure au vote, l’année dernière, de la loi sur le service minimum, précédée, comme à la RATP, par la négociation de dispositifs de prévention des conflits. »
Je n’ai pas encore trouvé les chiffres plus récents, mais je doute qu’ils soient si différents. Mais comme une grève du rail est génante, peu importe leur nombre, même une seule ferait vous bondir... Et je suppose qu’il vous sera difficile d’admettre que même les prétendus « nantis » font des efforts...