"La mort du bac c’est sous la gauche en 1985 et son « 80 % d’une classe d’âge au niveau bac » que cela a été mis en place. Pour obtenir ce résultat il a fallu non pas élever le niveau (ce qui est
compliqué) mais baisser les exigences (ce qui est l’art des médiocres).
"
C’est bien ça le problème en effet. La gauche n’avait sans doute pas prévu que la droite préférerait baisser les exigences plutôt que de se tenir au défi d’élévation général du niveau, auquel la gauche s’était engagée. Qui sont les médiocres ?
@Aristide "— le diplôme du bac malgré tout ce que l’on
dit, donne aux titulaires un chance beaucoup plus grande de rentrer
rapidement dans la vie active que ceux qui n’en disposent pas. Toutes
les statistiques démontrent, même au seul niveau bac, que la recherche
du premier emploi est beaucoup plus courte et que les salaires sont
meilleurs surtout au bout de deux ans.
«
Je ne conteste pas cela, mais pour combien de temps encore ? Que voudra le bac demain dans l’esprit des entreprises et de quel bac parlera-t-on ? Celui qu’on a passé dans un lycée réputé ou celui qu’on a passé dans un lycée de ségrégation sociale ? Mon intervention visait précisément à alerter sur le risque que le bac ne représente plus une garantie nationale d’un niveau acquis, car il ne sera plus un diplôme nationalement reconnu comme tel, mais soit un faire-valoir ou soit un repoussoir selon le lieu d’obtention du diplôme. On peut s’en réjouir parce que ce serait un moyen comme un autre de sélection, mais on peut aussi se donner les moyens de nos ambitions : que TOUS les élèves sans exception aient un même niveau minimal reconnu au sortir du lycée. C’était la raison d’être du bac, ça ne le sera plus.
»— la compétition, terme mal choisi, moi
je parle de concurrence, sera la règle dans TOUTE la vie
professionnelle, et il ne s’agit pas de démonter leurs concurrents mais
simplement de mettre en avant sa compétence professionnelle, sa capacité
d’évolution, de maitrise, de management, ... idem pour l’évaluation qui
est une obligation indépassable ...
Il faut tout de même être en dehors des réalités que
rencontreront la quasi-totalité des jeunes bacheliers pour pondre de
telles inepties. Tous savent ou devront apprendre que les diplômes sont
utiles et que la concurrence n’est pas un méchant concept."
Non non, je ne parle pas de concurrence, mais je parle bien de compétition des élèves comme les espèces d’un biotope... S’il est vrai que le rôle de l’école est d’émanciper les jeunes, et donc de leur enseigner la réalité à laquelle ils seront confrontés, ça ne signifie pas que l’école doive elle-même promouvoir en son sein des valeurs qu’elle juge primitives ou rétrogrades...
Tout à fait d’accord sur le fait qu’il faille apprendre à l’école le lien de subordination, comme le fonctionnement des corps intermédiaires dans le cadre de l’instruction civique.. s’agissant d’un certain cadre de fonctionnement de notre société. Mais la encore, l’enseigner aux élèves ne signifie pas que l’école doive s’interdire d’interroger le cadre lui-même et ouvrir l’esprit critique sur ce qui permettrait de le dépasser.
@titi Vous m’aurez donc mal lu. Il faut vraiment faire preuve d’une grande malhonnêteté intellectuelle pour ne pas voir dans mes 400 lignes combien je suis inquiet pour l’avenir du bac, mais aussi et surtout pour l’avenir de l’éducation nationale de façon générale. Une ligne seulement pour alerter sur le statut des profs, que les réformes successives mettent à mal... Je n’en ai rien détaillé mais je pourrais.
Oui je soupçonne que depuis 30 ans, détruire notre statut est l’objectif inavoué des réformes successives qui en réalité sont des contre-réformes. Oui je soutiens qu’au nom de cette stupide idéologie néolibérale, les réformes visent à abaisser le statut des profs au niveau des autres statuts du privé pour la compétition de tous contre tous dans un moins-disant social, et sous prétexte illusoire d’un mieux-disant économique. Lisez « les mesures de stabilités peu dangereuses » des recommandations de l’OCDE à la page 30. Tout est prévu et écrit depuis les année 1990. Pour arriver à ses fins, Blanquer (mais aussi d’autres avant lui) sacrifie toute l’éducation de nos jeunes et compromet l’avenir de générations entières. Un gâchis par pure idéologie. Si vous regardez les choix de la politique menée dans le collège(réforme 2015), puis dans l’enseignement supérieur (loi Vidal), puis enfin dans le lycée(parcoursup), rien ne va dans le sens du soucis d’une meilleur éducation pour les jeunes, ce n’est pas leur sujet, même si bien-sûr tout est enrobé de belles paroles bienveillantes auprès de l’opinion, à destination des parents d’élèves.. « L’école de la confiance », blablabla... Et bien sûr, on n’oublie pas d’opposer parents et professeurs dans des campagnes de culpabilité
qui les mettent en cause. Les parents, sourds de nos alertes, de nos manifs, de nos grèves, se rendant bien malgré eux complices de la casse de l’école et de l’inculture de leurs propres enfants, pourvu que les profs perdent leurs vacances...alors que nous avons le même objectif... Entendez-nous s’il vous plait.