Bonjour easy, votre notion de « l’inconséquence des deux parents » m’a laissée songeuse. Bien entendu, vous n’avez pas tout à fait tort, mais vous n’avez pas tout à fait raison non plus. La réalité est souvent plus complexe. Pour juger d’un problème, il faut commencer par le placer dans son contexte spécifique : lorsque vous arrivez en Allemagne, vous êtes fasciné par la « vitrine », on pratique une telle propagande du « modèle allemand », tout vous semble être parfait, et il vous faudra souvent plusieurs decennies pour enfin apercevoir « l’envers du décor ». Vous arrivez donc avec des préjugés plus que favorables, ensuite vous êtes généralement jeune et donc peu expérimenté en matière d’étude sociologique. Vous rencontrez « l’Amour », et tout est tellement merveilleux, qu’il est impossible d’imaginer - un seul instant - le chemin de croix qui sera le votre. Les allemands vous sortent le grand jeux et vous clament haut et fort qu’ils sont avant tout « européens ». On se sent un peu investi d’une mission européenne. Oui, cette Europe, on la désire farouchement et on veut la construire sur les meilleures qui soient, celles de l’Amour. Tout se passe admirablement bien ... jusqu’à l’arrivée des enfants. Là, c’est le choc des Cultures et pour reprendre Emmanuel Todd, on découvre ahuri que « le modèle familial ancestral souche », c’est à dire autoritaire et inégalitaire existant en Allemagne, est non seulement aux antipodes du « modèle de la famille nucléaire égalitaire » francais, mais aussi et surtout, que ces deux modèles sont résolument incompatibles. « Ma » stratégie consiste à « sauver, ce qui peut l’être » au niveau de l’èducation de mes enfants. Résilience et assertivité... un éternel combat.
Bonjour Defrance, ATTENTION aux conseils que vous donnez ! Si l’on fuit en France pour demander le divorce, le parent allemand peut porter plainte pour « enlèvement d’enfant », ce qui est catastrophique évidemment. Je comprends parfaitement votre réaction très émotionnelle. J’ai moi aussi une amie francaise, divorcée d’un policier allemand également entraineur de karaté, qui la battait devant les enfants. Elle alertait la police, qui arrivait dans l’appartement, et là les policiers - collègues de son mari - prenaient un pot avec ce dernier, refusant d’enregister la plainte. Ma copine en larmes me téléphonait également et je la rejoignais scéance tenante. J’ai assisté à ce scénario au moins 4 fois. Le lendemain nous allions chez le médecin traitant pour faire constater les coups et hématomes dans le dos, etc. et ensuite nous allions au commissariat avec le document médical pour porter plainte. J’ai fait plusieurs fois une déposition indiquant que les collègues en question avaient refusé d’enregister la plainte... et bien même en allant au commissariat, on n’a rien pu obtenir et toutes les plaintes ont été « perdues » !!! Lors du divorce, le juge -une femme en plus- a déclaré que si « elle était battue, c’est qu’elle le méritait ». Je peux donc confirmer ce que dit Defrance est loin d’être abérrant !!! Je trouve qu’il y a ici deux pistes de réflexion : 1. comment peut-on aider Mille Feuille moralement et juridiquement ? 2. comme l’indique « non666 » dans son point 3) le coté médiatique est trés important ; les allemands sont très soucieux de la réputation de leur pays. Comment prévenir les francais et les francaises de cette réalité occultée ??? Je pense que nous sommes nombreux et nombreuses a avoir eu ce type d’expérience en allemagne. La moindre des choses est de témoigner ici pour rompre l’omerta. Merci de suivre ce dossier.
Chère Mille Feuille, votre article m’a beaucoup touchée. Il est écrit avec beaucoup d’intelligence, de sensibilité mais aussi de lucidité. Moi j’ai mis plus de 15 ans à découvrir « la réalité allemande ». La situation des francaises vivant en RFA et mariées à des allemands est souvent abjecte. Je connais cet enfer là par coeur... depuis la naissance de ma seconde fille, parce qu’avant mon mari jouait les grands francophiles... Toutes mes amies francaises sont divorcées ou séparées et toutes - sans aucune exception - ont été traitées comme vous. La facade est superbe : « L’intérêt de l’enfant » leur a t-on dit, mais de fait, cette société allemande est d’un machisme extrême, d’une misogynie exarcerbée, d’une religiosité étriquée surtout dans le sud du pays et ultra conservatrice voire intégriste : d’une facon générale, tout ce qui n’est pas allemand est nul et non avenu. Bref, c’est une société où la femme n’existe pas en tant qu’individu, n’a de fait aucun droit et aucun recours. Dans le sud de l’allemagne où je vis, mariée depuis presque 30 ans, mère de deux filles, on concoit la femme à la maison ou au maximum on lui laisse un peu de leste avec un mini job à 400 € par mois. La francaise est souvent rejetée d’emblée parce qu’elle est souvent diplomée, qu’elle veut travailler et - crime absolu - elle s’affirme, elle a un avis et le dit. Ici, on préfère les femmes carpettes, qui font des gateaux le week-end, le ménage toute la semaine et qui s’occupent de Monsieur et de ses enfants à lui... parce que la femme n’y est vraiment pas pour grand chose, à peine si on tolère qu’elle soit présente lors de l’accouchement !!! Je vis un enfer avec mon mari pervers narcissique (pathologie pratiquement inconnue ici) mais je suis restée pour protéger mes filles. Bien entendu, elle ne parlent pas le francais, cela déplaisait à mon mari que ses filles puissent être bilingues, mais enfin mon combat ne fut pas vain, puisque le souhait de leur père de les voir en apprentissage (ca suffit bien pour des filles) n’a pas abouti. Mes filles font toutes les deux des études universitaires. C’est ma revanche... mais je le paie très cher. J’aimerais cependant terminer par une note plus positive. Cherchez vous peut être un avocat humaninement engagé. Si vous le pouvez encore, renoncer au divorce qui va vous anéantir - vous et votre fils - et envisagez plutot une « séparation ». L’une de mes amies a réussi ce tour de force, elle habite dan s la même ville que son mari et leur fils vit à 50% chez son père et à 50 % chez sa mère. Plus il grandit, et plus il se détache de son père... Il y a donc une victoire possible mais seulement sur le long terme. Bon courage à vous.