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Universitaire.

Tableau de bord

  • Premier article le 19/10/2006
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  • T. Louafa 24 octobre 2006 12:18

    L’article « Du choc des civilisations aux changements climatiques » est une conséquence du climat malsain que certains hommes politiques, spécialistes éphémères de « disciplines conjoncturelles » ou médias, bien souvent par ignorance, et parfois par duplicité, contribuent à entretenir. Et puisque la mare n’en peut plus de recevoir des pavés, et repue, elle somnole ; un pavé de plus ne ferait qu’entrouvrir ses paupières pétrifiées.

    Dans tout ce qui suit, il n’est pas question en ce qui me concerne de répondre aux commentaires réducteurs qui appliquent la vielle méthode totalitaire d’une question fermée à une réponse : « occidental vs musulman », « intégriste vs modéré », « pro-palestinien vs pro-israélien », « impérialiste vs progressiste », « bien vs mal », « sunnite vs chiite » etc. Les variations et sous-questions sont si innombrables, que les questions à une seule réponse, quand elles sont éludées, mettent fin au débat. Ou alors le débat continue jusqu’à devenir une suite d’empoignades, sans issue, et parfois abjectes.

    Je remercie tous ceux qui ont réagi et combien souvent, leurs interventions, ou plutôt leurs interrogations, sont légitimes. Car en fait, l’article en lui-même pose brièvement un certain nombre de questions ou plus exactement de problèmes ouverts, pour lesquels il n’existe pas de réponse unique et définitive.

    Reste qu’il est possible d’identifier des pistes consensuelles ou relativement convergentes en scrutant l’ordre des priorités, sachant que ce travail n’est possible que si les comportements mentaux et opérationnels, restent attachés à un minimum de règles d’éthique et de loyauté.

    Mais à tout ceci, il y a un préalable : Est-ce que notre mode de communication est correct ?

    Les mots ont une importance capitale, car tout débat est faussé du moment qu’il y a confusion ou divergence sur le sens que l’on attribue aux termes que l’on utilise, et ce même dans les conditions « idéales » où les protagonistes ne sont le sujet d’aucune manipulation locale ou distante, et qu’ils ont une vraie volonté de débattre.

    C’est pour cette raison qu’il faut peut être s’essayer à une sorte de lexicographie limitée à l’objet de nos échanges. Elle est forcément partielle, non définitive, et tâtonnante.

    A : Occident

    Un ensemble de peuples non définis géographiquement, puisqu’on les situe à l’Ouest, à l’Est, au Nord, et même au Sud (ça dépend du repère...), n’ayant pas la même langue, organisés autour d’institutions parlementaires, sans références religieuses au plan juridique (vrai aussi pour les USA contrairement aux idées reçues), mais des individus, politiques, journalistes, spécialistes parachutés ou simples religieux, n’hésitent pas, devant le vide laissé par les idéologies, à rattacher l’Occident à des valeurs exclusivement judéo-chrétiennes.

    B : Influence de l’Occident

    D’abord, l’Occidental a été influencé par qui ? Pour être bref, par les Grecs (rationalité et mythologies), par les Arabes (poésie, astronomie et algèbre), les Asiatiques (art de vivre, raffinement, et explosifs). Il est alors clair que si on considère par exemple un Maghrébin, puisque c’est un peu le point focal, c’est un carrefour de culture berbère, arabe, musulmane et française. Et quand ce type s’exprime, certains le rappellent à l’ordre : « attention, tu es en train de véhiculer les valeurs occidentales que tu es sensé combattre », alors que la forme que prennent les paroles qu’il prononce ou qu’il écrit, ainsi que le fond qu’elles traduisent, est un métissage de cultures héritées.

    Dans quel contexte ces cultures se sont imposées à lui ?

    La culture berbère est « native », la culture arabe « au fil de l’épée », et la française « à la force du canon ».

    Ce qui nous amène aux statistiques relatives aux morts par violence : aucune concernant l’invasion arabe, c’est trop lointain, mais la résistance a été vive. Pour éviter toute polémique, citons ce qui est communément admis en ce qui concerne l’invasion de l’Algérie par la France : aucune idée concernant le nombre de morts suite à la guerre par « terre brûlée » contre Abdelkader (1839-1847), des milliers de morts pour les émeutes de Sétif (1945), un million de morts pour la Guerre d’Algérie (1954-1962). Le décompte macabre peut s’étendre sur plus de cent ans.

    Mais un fait est fait, et comme on ne dispose pas de machine à remonter le temps, on s’accepte comme on est, et sans complexe.

    C : Utopie du consensus

    Si toute idée appelant à se rassembler autour d’une priorité A, tout en débattant des priorités B, C, D,..., est une utopie, alors l’ONU et l’UE n’existent pas. C’était une utopie de concevoir la réconciliation franco-allemande et la naissance de l’UE, mais l’UE est une réalité tangible, progressant cahin-caha, mais l’argent et les personnes circulent. La SDN était une utopie. Rien qu’en faisant quitter le Gouvernement américain de sa stratégie de l’ « agir seul », avec l’appui officiel ou en en sous-main de beaucoup de pays, l’ONU, enfant « naturel » ou « robotisé » de la SDN, c’est selon, est une réalité tangible. Et par exemple, les Accords de Genève (Palestine-Israël/2004) sont une utopie, mais peut être qu’ils donneront naissance à une nouvelle utopie, et ainsi de suite jusqu’à déboucher sur une réalité tangible. C’est selon le contexte.

    D : Musulman

    Comment définir un musulman ou une musulmane ? J’avoue que c’est un casse-tête.

    Utilisons pour simplifier des mots clés au choix ou cumulés : prénom arabe, teint basané ou franchement sombre ; portant : une barbe, un voile ou voilage, une djellaba, des babouches, une burqa ; faisant : les ablutions, les cinq prières, le ramadan, le pèlerinage, le sacrifice du mouton, ou des manifestations, parfois violentes, lorsqu’on caricature son prophète ; pratiquant au plan politique : la modération, le fondamentalisme, l’intégrisme, ou une alchimie indéchiffrable.

    On n’est pas sorti de l’auberge. Franchement, je renonce. Il y a trop de variables ! Une mise en équation est impossible, et aborder cette question-là dans le cadre d’un repère euclidien relève au mieux de la forfanterie, et au pire d’une procédure à la « Machiavel ».

    Et si on disait : « est musulman ou musulmane, celui ou celle qui se prévaut comme tel ou telle ».

    Et qu’on laisse tous les autres vivre leur vie, sans qu’un speaker inculte ou un éditorialiste fourvoyé ne vienne troubler leur repas de famille.

    E : Musulman modéré

    Un artifice inventé par certains « spécialistes » de la communication (un avenir certain pour ceux qui sont en herbe) et du terrorisme, et certains requins insatiables, avocats, avocaillons, rebus des renseignements, déchets de ce que l’Humanité a produit de plus infâme, surveillant leur chiffre d’affaires et leur porte-monnaie, comme la prunelle de leurs yeux. Le musulman modéré, l’adjectif compliquant un sujet déjà complexe, c’est aussi une équation impossible. De quoi s’agit-il ? Du discours ou de l’acte ? De la revendication ou de la compromission ? Du comportement ostentatoire ou de l’invisibilité par intermittences ?

    Rien de tout cela, ou tout cela à la fois. C’est une notion mal-définie, abstraite, un non sens, d’autant plus qu’elle devient « multitude », selon certains. Donc, inacceptable et à jeter aux oubliettes.

    F : Rapport au sacré

    C’est bizarre, Mahomet ou Mohamed. « Mahomet » est une dérivation de « Mehmet », adaptation sans élégance due aux « prestigieux » Ottomans. Ces gens-là, dont le Gouvernement Turc d’aujourd’hui se lave les mains, sont peut être responsables historiquement, du moins en partie, de bien des crises actuelles. Mais c’est probablement aux historiens impartiaux qu’incomberait la tâche difficile, et ingrate dans le contexte actuel, de démêler l’écheveau.

    Les « philosophes » et « artistes » occasionnels n’ont pas compris qu’il y a une charge affective énorme chez ceux qui pratiquent ou non l’islam, associée à Mahomet et au Coran. Est-ce parce que c’est une religion relativement jeune (sept siècles après-JC) ? Est-ce parce que cette religion dont les adeptes qui se comptaient sur les doigts de la main, sont aujourd’hui plus d’un milliard ? Est-ce parce que l’Islam mêle vie spirituelle et vie temporelle, plus intimement que d’autres religions ?

    En tout cas, je suis plus partisan d’un débat d’idées, sans exclusive ni sacré, au lieu de tenter ridiculiser un personnage ou une référence religieuse écrite, pour mieux éloigner l’adversaire de la raison. Mais dans le fond, il n’y a que des homos sapiens, certains plus améliorés que d’autres, du fait d’environnements et d’outils différentiés par les décalages temporels.

    G : Marcel de Corte

    Monsieur de Corte, comme Monsieur Tartempion, pouvait penser et croire ce qu’il voulait de l’islam ou d’autres croyances, ou doctrines comme le marxisme. C’est son affaire.

    Ce que je sais, c’est qu’il a faux sur plusieurs points, pour ne pas dire sur toute la ligne.

    Car, pour ne citer que la perspective, selon lui, d’une alliance entre l’islam et le marxisme dans leurs combats convergents contre l’Occident, depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. L’Occident et l’Islam ont combattu côte à côte en Afghanistan ou ailleurs contre l’Union Soviétique, et cette même Union soviétique n’existe plus, et son héritière la Russie, a beaucoup de mal en Tchétchénie musulmane.

    Et puis la classique affirmation de pays musulmans formant un bloc monolithique, uniforme, sans plis, sans relief, ni particularismes, juste sujets à des tremblements convulsifs ou à une léthargie durable, a fait long feu, et ceux qui y croient encore, et il y en a, sont des naïfs ou l’utilisent comme fond de commerce pour faire peur au pauvre occidental sans défense.

    Et puis ce professeur a une méthodologie peu fiable : elle consiste à affirmer des thèses sans arguments, qu’ils soient vrais ou faux. Les plus malins utilisent des arguments à l’apparence vraie et provoquent une discussion plus intéressante.

    Et la bourde finale fut celle qui consiste à regretter que l’Occident ait contribué à la chute de l’Empire Ottoman, car ce dernier, toujours selon Monsieur de Corte, jouait le rôle de tampon et tenait en laisse les hordes musulmanes. Et qu’en est-il pour les pays musulmans qui n’étaient pas sous domination ottomane ? Les occuper ou créer des tampons virtuels, par exemple au-dessus du détroit de Gibraltar, entre le Maroc et l’Occident.

    Une référence à Voltaire aurait été plus sérieuse que l’article de Monsieur Marcel de Corte, de surcroît totalement dépassé du fait de son imprudence intellectuelle avérée, voire d’un défaut aggravé d’éthique professionnelle.







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