Est-ce que les professeurs sont vraiment ceux qui risquent le plus dans cette affaire ? En gros, il ne s’agit pas de les virer, mais plutôt de ne pas les remplacer - juste de rendre leur travail plus difficile et moins efficace... au nom des nécessités économiques. D’accord, les professeurs sont un peu trop passifs et désabusés, ils ne croient plus aux journées de grève et aux flambées d’indignation sans lendemain. Et ils laissent les élèves agir tous seuls. Ils ne leur ont même pas donné l’idée. Mais les autres gens, ceux dont les enfants vont pâtir de ces suppressions, ne peuvent-ils pas, tout aussi bien, manifester leur mécontentement ? Agir ? Faire le dos rond, c’est assez généralisé, non ? Les profs ne sont pas les pires...
Bien sûr, le mouvement lycéen est le reflet de la société dans son ensemble... et du délitement du politique, de l’immobilisme des politiques, du verbiage et de l’absence de remise en question de ce qui ne marche pas. Sans parler de ce qui n’est pas juste. On pourrait rêver cependant que l’enthousiasme juvénile permette de dépasser tout cela, que des forces neuves aboutissent à quelque chose de neuf. Mais je n’en vois guère de signes.
Eh oui. Ils auraient de bonnes raisons de manifester, et ce ne sont sans doute pas leurs raisons cependant. L’auteur aimerait bien !
Ce matin, les élèves préparaient leurs banderoles devant les barricades qui bloquent le lycée. Ils étaient en train d’y écrire "Non aux JO de Pékin" quand je suis passée...