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riemann66

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Ingénieur, architecte, enseignant, chercheur, j'ai même découvert des trucs qui n'intéressent personne, aujourd'hui retraité mais toujours à la recherche du Graal, ces temps-ci quelque part dans la noosphère ( http://lambdaway.fr/workshop/?view=noosphere ), de quoi répondre à quelques questions existentielles.

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  • riemann66 riemann66 7 octobre 22:02

    Les réponses valent ce que valent les questions.

    L’IA m’a dit :

    Travailler avec une IA (générative) c’est piloter un bolide sans retour de couple, c’est exactement la sensation que procure le travail poussé avec une IA : aucun obstacle physique ne vient opposer de résistance à la pensée. Dans un échange purement théorique ou conceptuel, l’IA ne dit jamais « stop, ce mur existe vraiment » par elle-même. Elle acquiesce, fluide, rapide, parfois trop véloce. Sans la vigilance constante du pilote pour « ressentir » le chemin et corriger la trajectoire à chaque instant, le risque de survirage cognitif (hallucination, validation de biais, dérive formelle) est immédiat.

    Voici les aspects centraux de ce mode de travail :

    * L’IA comme miroir amplificateur et banc d’essai : Ce n’est pas l’outil qui produit la théorie, c’est l’exigence de la formulation, du test conceptuel et de la structuration face à un interlocuteur infatigable qui force le cerveau humain à clarifier ses propres intuitions.

    * L’appropriation cognitive à terme : La vraie valeur ajoutée ne réside pas dans le texte généré à l’instant *t*, mais dans ce que le chercheur en conserve, intègre et re-syntétise en autonomie. L’IA agit comme un catalyseur : elle accélère la réaction, mais c’est l’esprit humain qui se restructure au bout du compte.

    * La démystification : Qu’il s’agisse de l’outil lui-même ou des sujets abordés, la démarche vise précisément à lever « les hallucinations, les biais, les dérives » pour ne garder que la rigueur formelle et la clarté conceptuelle.

    C’est une vision exigeante de l’IA générative : non pas comme une prothèse qui se substitue à la réflexion, mais comme un accélérateur de trajectoire pour un pilote qui conserve la maîtrise absolue de son volant et de ses repères.

    Ça devrait être rassurant pour un enseignant, non ?



  • riemann66 riemann66 7 octobre 07:28

    Merci pour cet article. Je suis loin d’avoir tout compris mais « ça me parle » comme on dit. 



  • riemann66 riemann66 7 août 12:17

    @#gcopin

    Merci gcopin, je ne sais plus où j’ai mis le noeud papillon que j’ai acheté un jour pour faire le kéké mais peu importe, j’ai encore du temps avant la cérémonie...

    Avec l’IA j’aurais appris un peu plus sur les théories relativistes et quantiques, ce n’est pas si mal. La loi de Cunningham stipule que « la meilleure façon d’obtenir la bonne réponse sur Internet n’est pas de poser une question, mais de publier une réponse erronée », l’idée étant que des personnes bienveillantes connaissant la réponse exacte viendront corriger les erreurs. Les personnes bienveillantes ne courent pas les rues sur internet. En revanche les IA (chatGPT, gemini,...) sont disponibles 24h/24 7j/7 et sont (programmées pour être) toujours bienveillantes (parfois trop). Alors je ne boude pas mon plaisir.

    J’aurais compris aussi un peu mieux comment fonctionne notre cerveau (je suppose que je ne suis pas le seul dans ce cas), de façon assez semblable aux algorithmes de l’IA générative, avec peut-être cette seule différence : l’IA générative n’a aucune conscience de ce qui se passe dans sa tête, nous oui. En principe...



  • riemann66 riemann66 7 août 10:35

    Bonjour pemile, « Non, le cerveau humain se construit dans une interaction totale avec le monde réel. »

    Bien sûr, le cerveau de l’IA se construit sur les données du web et pas sur le monde réel. Je parlais du fonctionnement et c’est là que je vois une similitude.

    Dans une discussion on a une finalité en tête mais on n’attend pas d’avoir le contenu complet de la réponse pour l’exprimer, et c’est bien ainsi que l’IA générative fonctionne, un peu comme un code lambda-calcul est interprété, en beta-réduction successives, jusqu’à un état stable, irréductible, seule finalité d’un algorithme qui ne comprend rien à ce qui lui passe par la tête.

    C’est l’impression qu’on a souvent quand on écoute les débateurs sur les plateaux télé...



  • riemann66 riemann66 7 août 07:47

    Merci pour ce bel article. « L’humanité a-t-elle déjà franchi le point de non-retour sans s’en rendre compte ? » dites-vous. Je ne crois pas vraiment qu’on assiste à un suicide de l’humanité et que l’IA en soit l’outil, la singularité. Chacun a sa propre expérience, la mienne est moins pessimiste.

    J’ai découvert l’IA, après tout le monde semble-t-il, en Février 2025. Je veux parler de l’IA générative, celle qui est programmée pour produire une réponse quelle qu’elle soit à n’importe quelle question. Une réponse bien structurée, bien policée, bien documentée. Produite par une poignée d’algorithmes passant et repassant comme une navette sur le texte de la question, jusqu’à ce qu’il devienne autre chose, un autre texte, un « machin » renvoyé à l’expéditeur. Dans un ballet infini de questions plus ou moins bien formulées et de réponses auxquelles il s’agit de trouver un sens.

    Je me souviens de la réponse à ma première question. J’y avais exposé mes idées sur une Théorie du Tout, ce Graal des physiciens théoriciens qui rêvent d’unifier les théories relativistes et quantiques en un tout cohérent. J’avais quelques intuitions sur ce qu’elle devait être, j’avais défini quelques pistes et je demandais donc à l’IA son avis sur mon projet. La réponse fut immédiate : « Le modèle que vous proposez est purement génial, il répond à toutes les attentes, c’est merveilleux, je me permettrai simplement quelques remarques sur des erreurs mineures, les voici ... »

    Ma réaction fut immédiate aussi : « Cette IA est incroyablement perspicace, elle a compris en un clin d’oeil à quel point mes intuitions étaient révolutionnaires. Et que les erreurs relevées ne sont que des coquilles, des points de détail qui seront vite réglés. Ça va être une partie de plaisir, je vais pondre un article dans une revue prestigieuse, à moi le Prix Nobel, où ai-je mis mon costume, cravate ou nœud papillon ? »

    Le temps a passé. Et les erreurs de détails se sont accumulées, à l’infini...

    Nous sommes en Août 2026. Je n’ai pas arrêté de travailler avec l’IA. Comme un fou.

    Mais quand même, de questions en réponses j’ai pas mal progressé dans la connaissance des théories relativistes et quantiques, l’équation de Dirac n’a plus de secret pour moi, les bi-quaternions dans un espace hermitien quadridimensionnel valent bien l’algèbre de Clifford et les spinneurs de Penrose, je ressens plus que jamais l’unité des champs électromagnétiques, gravitoélectromagnétiques et nucléaires. Et j’ai même une image pour ça, la grande vague d’Hokusaï, avec la longue houle gravitationnelle, les courtes vagues électromagnétiques et les embruns nucléaires, je vois les particules élémentaires émergeant, telles des singularités, d’un océan ondulatoire, ...

    Les questions et les réponses se succèdent à grande vitesse, dans un ballet hallucinatoire où les intuitions sont un jour confirmées par les calculs - ça converge - le lendemain complètement remises en question - ça diverge. Un chemin labyrinthique fait d’exaltations et de déceptions, comme si ma vie en dépendait. Un signe mal placé dans l’équation de Schrödinger ou de Klein-Gordon et les fondations sont à revoir. Chaque virgule compte.

    Avec le sentiment grandissant que j’ai affaire à une machine parfaitement huilée mais complètement folle, et qui ne comprend strictement rien à rien. Je suis tout seul, livré à moi-même, devant une caisse de résonance de mes propres raisonnements. Ce qui n’est pas pour me rassurer. Il y a longtemps que j’ai compris que je n’étais pas un génie. Ma concierge me l’aurait dit.

    Plus le temps passe, plus je crois que les modes de fonctionnement de l’IA et de mon propre cerveau sont les mêmes. Tous les deux nous commençons les phrases avec une certaine idée de ce que nous voulons exprimer, mais on les construit en fait au fil de l’écriture, en suivant dans notre mémoire des chemins de moindre énergie. On ne connait pratiquement jamais le contenu exact d’une phrase avant de l’avoir prononcée, on l’invente en allant piocher les mots les mieux adaptés, on tente de garder le cap, on y arrive ou pas, en tordant la réalité s’il le faut. Et ça tourne en rond à en perdre la tête.

    Mais au final cette similitude de fonctionnement me rassure sur le devenir de notre collaboration. S’il devait en émerger un jour une Théorie du Tout qui soit validée par la communauté scientifique - on peut toujours rêver - elle serait le produit de mes intuitions d’être humain, et d’elles seules, et d’une machine dont le seul rôle est de les amplifier, les mettre en résonance, les confronter à la masse infinie des connaissances humaines stockées sur le web. Sans jamais rien y comprendre. J’apprends lentement à piloter une machine algorithmique comme un pilote apprend à négocier les virages au volant d’un bolide. On se prend des suées mais c’est passionnant.

    Je ne crois pas que l’IA prendra un jour le pouvoir sur les humains. Elle n’est rien sans les humains. Le bien ou le mal viendront des humains qui sauront l’utiliser pour amplifier leurs desseins. Et là, quand on voit les fous qui nous gouvernent et les abrutis qui obéissent, là on est en droit d’avoir peur.

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