@Séraphin Lampion Européiste ou non, vous faites une énorme erreur d’analyse. Après le Brexit, il y aura une vie, et Johnson (ou son clan) ne resteront pas éternellement au pouvoir. En s’engageant dans de basses manœuvres, Corbyn prive les travaillistes de toute possibilité d’impulser après coup un Brexit de gauche, soit exactement ce que vous prétendez souhaiter. Car ne vous faites pas d’illusions, dans l’UE, il n’y aura jamais de justice sociale. Et si l’extrême-droite accède un peu partout au pouvoir, comme on peut le redouter (France comprise) ce sera la faute de tous ceux, de Delors à Merkel en passant par Mitterrand et Macron, qui auront construit cette Europe de la déflation et de l’austérité. Des guignols de gauche — Tsípras, Mélenchon, Corbyn, Iglesias — sabotent le boulot depuis des années, rendant inévitable qu’il soit fait un jour salement par d’autres qu’eux. C’est aujourd’hui le drame de l’Europe. Inutile d’être UPR, ce qui n’est pas mon cas, pour s’en apercevoir. Verstanden ?
Quand un premier ministre nommé de façon légitime affronte un parlement tout aussi légitime (si on oublie quelques défections dans son propre partie), il n’y a qu’une solution : retourner devant le peuple. A-t-on traité de Gaulle de dictateur parce qu’il a dissout l’assemblée en 1968 ? Et Chirac en 1997 — en étant assez couillon pour perdre. Le parlement anglais, tel qu’il est aujourd’hui, conduit le pays à sa perte. Après avoir refusé tous les accords proposés à Mme May, il promulgue une loi interdisant une sortie sans accord. Ensuite, il lui suffira de refuser tout accord pour qu’on en soit au même point dans vingt ans...
Quand je lis un article comme celui-là, je me demande toujours à quoi il est censé servir. Les Français n’étant pas en mesure de voter là-bas, quel est le but de cette bouillie européiste ? Se rassurer entre partisans de l’UE effarés par ce qui se passe en Grande-Bretagne, en Italie et en Allemagne ? Effrayer d’éventuels opposants ? Quoi qu’il en soit, si j’étais Britannique, lire une telle daube m’inciterait à voter deux fois plutôt qu’une pour le Brexit.
Un dernier point : même si le « danger » semble écarté en Italie, il y aura tôt ou tard des élections... Remarque similaire pour la Grande-Bretagne. Quant à l’Allemagne, avec le suicide du SPD, elle se prépare un bel avenir dans les bras d’une coalition CDU-AfD. Que ça nous plaise ou non ne changera rien à l’affaire.
Par souci d’hygiène, je m’abstiens en principe de commenter un torchon de l’impayable Sylvain. Mais là, une entorse au règlement s’impose...
En bon europhile, ce brave garçon croit que la déroute de Tsipras ouvre un boulevard à son camp. La réalité est plus complexe. S’il est vrai que la catastrophe grecque a servi de révélateur à la nullité des gauches dites radicales (Podemos, Die Linke, Corbyn, FDG puis LFI) qui feraient toutes du Tsípras si elles parvenaient au pouvoir, l’extrême-droite a (hélas) pris le relais, et aujourd’hui, ce sont les événements en cours en Italie qui détermineront l’avenir de l’UE et du continent. Qu’on s’en réjouisse ou qu’on le déplore, c’est comme ça, et il faudra faire avec. D’autant que l’extrême-droite, partout, surfe sur des thèmes porteurs comme la xénophobie, le racisme et l’immigration. (Des sujets qui méritent une approche sérieuse, mais c’est une autre histoire…) Pour mieux mesurer les risques, ne surtout pas oublier que ces oripeaux sont aujourd’hui les étendards de l’Amérique putride de Trump.
Alors, « cher » Sylvain, ton triomphalisme, il risque bientôt de te rester dans le gosier.
@Bernard Mitjavile N’avez-vous pas vu que j’ai mis aussi des guillemets à « provocateur ». C’est un usage répandu quand on veut signifier qu’on se réfère à des éléments antérieurs ou qu’on cite un texte précédent. Bonne continuation à vous aussi.
@Bernard Mitjavile C’est vous qui ajoutez le « simple » devant « provocateur ». Dans notre histoire, la liste des grands provocateurs est longue, de Danton jusqu’à un certain général, et ces hommes-là, conscients de ce qu’ils faisaient, ne se seraient jamais piteusement excusé comme M. Chouard. A bien y réfléchir, je me demande s’il ne s’est pas tiré une balle dans le pied pour montrer à Mélenchon qu’il est aussi bon que lui en matière de suicide politique. A part ça, tout à fait d’accord avec vous : Jean Marie Le Pen est un homme politique d’envergure, et qui nous lègue en outre sa descendance. Là où nous divergeons, c’est que je m’en désole alors que vous vous en félicitez. Un désaccord qui met un terme à notre charmant bavardage.