Tu as une vision très réductrice du libéralisme. Le libéralisme a quand même besoin de l’état, tu ne peux pas avoir l’un en reniant l’autre. Sinon c’est de l’anarchisme.
La discussion requière une certaine égalité. Faute de quoi c’est le rapport de force qui s’impose.
Cette relative égalité est garantie par le droit et donc par l’état. Même la monnaie, avec laquelle tu vas pouvoir faire du commerce, est une émanation de l’état (ou des banques, protégées par un état).
Ce que tu déplores c’est la défaillance de certains hommes d’état, ou encore certaines imperfections dans son organisation. On peut aussi critiquer le système politique qui dirige cet état. Une dictature ne respectera en effet que rarement les droits de l’homme ou de l’individu, comme tu dis. En ce cas, il conviendrait de réclamer plus de démocratie, plutôt que du « libéralisme ».
Concernant la Suède, il existe de multiples facteurs à prendre en compte. Et d’ailleurs, c’est un pays moins libéral que la France, dans l’ensemble.
Elire les juges, pourquoi pas. Dire que tous les juges sont de gauche, c’est faux. Le SM (syndicat de la Magistrature) est certes de gauche, mais il ne représente que 30% des syndiqués. Ce qu’on oublie de préciser quand on parle du « mur des cons »...
Quant à une éducation « compétitive », qui n’aurait comme objectif que l’employabilité et la performance économique, n’amènerait qu’à une grande pauvreté culturelle.
Dire que l’état, par essence, bafoue le droit est idiot, puisque c’est lui qui fixe les règles du droit. Sans état, pas de droit du tout, c’est aussi simple que ça.
La notion de propriété est une illusion. Elle n’existe que dans la capacité à se l’approprier et à la défendre collectivement ou individuellement. Sans quoi, n’importe qui peut s’en emparer.
Sans état pour saisir un bien mis en gage par exemple, impossible d’accorder le moindre crédit bancaire.
Sans Etat, on est soumis à la loi du plus fort. Et l’Etat n’est qu’une extension de la loi du plus fort à une plus grande échelle.
Le chômage bénéficie toujours au libéralisme, ceci afin de créer une tension sur le marché du travail. Quand il n’y a pas assez de chômeurs, on fait venir des immigrés. Le libéralisme a besoin des chômeurs. A contrario, l’Etat crée beaucoup d’emplois, directs ou indirects. D’ailleurs, les systèmes très étatiques, comme le communisme, ne connaissent pas le chômage.
Enfin, sans état pour garantir le droit, un contrat n’aurait pas plus de valeur que le papier sur lequel il est écrit. A moins d’être organisé en mafia et d’avoir sa propre milice pour se faire payer...
J’aimerais que tu m’expliques en quoi le fait d’être dans le privé serait un gage d’impartialité. Toute activité « privée » est soumises à des enjeux économiques.
C’est un peu comme la fameuse « indépendance » des banques centrales. Qui ne sont indépendantes que de la souveraineté des peuples et totalement asservies aux intérêts d’une minorité de riches.
Et enfin, « choisir » l’école de son enfant en fonction de la taille de son portefeuille tend à reproduire la pyramide sociale. Le Libéralisme parfait a comme objectif de sélectionner les meilleurs. Celà suppose que tout le monde parte à égalité.
Tu tombe donc encore dans le piège des conservateurs qui consiste à dire « chacun pour soi » et « pas de taxes ».
« Laisser faire » le Marché, ce n’est pas « laisser faire » les hommes.