L’objectif des gouvernements de gauche et de droite ultralibérale n’est pas de réduire les dépenses publiques, mais de justifier la casse du système social et de légitimer l’ordre social.
Notre système financier et bancaire reposent sur l’argent/dette. Pour éviter que ce système s’effondre, il est indispensable d’augmenter toujours plus les dépenses des ménages et de l’État, et donc, la dette publique.
Pour augmenter les dépenses, et donc, la dette publique, il est indispensable de gaspiller l’argent des contribuables et de « laisser faire » les évasions fiscales, tout en réduisant les dépenses sociales.
La finalité de ce gaspillage d’argent public est de légitimer l’autorité hiérarchique de l’élite économique et de maintenir l’ordre sociale.
La hausse du chômage est due à de multiples causes : les gains de
productivités, la restructuration des entreprises, les délocalisations, la
fermeture d’entreprises, la faiblesse des investissements au profit de
placements financiers et la stagnation de la croissance du PIB consécutive à la
stagnation des salaires et du pouvoir d’achat des ménages.
A l’inverse des avis trop largement répandu, ce n’est pas la baisse des
charges salariales qui motive un entrepreneur ou une entreprise à investir, et
donc, à augmenter ses effectifs, mais une perspective de croissance de son
activité et de ses profits. S’il n’y a pas de hausse de la demande, il n’y a
pas d’augmentation de l’activité, de hausse de profit, et donc, pas de création
d’emplois.
Pour en finir avec le chômage, le gouvernement de François Hollande a donc
deux solutions :
- la première consiste à relancer la croissance du PIB en
augmentant les salaires et en régulant le prix du logement pour augmenter le
pouvoir d’achat des ménages. A cause de la limite des ressources de la planète
et du réchauffement climatique cette solution n’est plus envisageable.
- la seconde consiste à utiliser les gains de productivités
générés par le progrès technique et l’organisation du travail pour réduire le
temps de travail à 3 jours par semaine. Cette solution n’est pas un simple
choix économique, mais un choix de société.
Pour approfondir vous pouvez consultez ces pages :
Pour remettre en question le pouvoir et la légitimité de
l’autorité de l’oligarchie économique, il est en effet nécessaire, d’une part,
de sortir de l’Europe et de l’Euro, et, d’autre part, de décoloniser notre
imaginaire de l’idéologie ultralibérale.
Mais surtout, il est également indispensable de remettre
en question la centralité de l’activité professionnelle dans nos vies au
quotidien. Même s’il est naïf de penser que l’idéologie n’influence pas la
construction de l’imaginaire collectif, cette perception nous empêche
d’envisager que c’est la pratique quotidienne d’une activité professionnelle
qui contribue à façonner en profondeur notre « servitude volontaire »
à l’ordre ultralibérale.
À l’inverse de l’idée largement répandu, la pratique
quotidienne d’une activité professionnelle ne relève pas du pragmatisme, du bon
sens et de l’exercice de la raison. Qu’ils soient cadres, employés ou ouvriers,
la plupart des salariés ne sont pas conscients qu’ils travaillent sous
l’emprise d’un système de croyances idéologique, de pratiques quotidiennes et
d’habitudes.
En France et dans l’ensemble des pays industrialisés, la
norme de la semaine de travail étant de 5 jours, l’entreprise apparaît
comme le « support » de référence
de la construction identitaire de l’individu. En effet, qu’il en soit conscient
ou non, qu’il soit antilibéral ou anticapitaliste, qu’il le veuille ou non, le
salarié qui travaille 5 jours par semaine adhère aux normes et aux valeurs
de la Religion économique
La légitimité de l’élite économique et l’ordre social en
place étant fondés sur la réussite financière, professionnelle et matérielle,
pour que les cadres et les classes moyennes acceptent l’autorité de l’élite
économique, ils doivent également être aliénés à l’activité professionnelle et
à la consommation ostentatoire. S’ils étaient autorisés à travailler moins, ils
risqueraient de se procurer du plaisir et de satisfaire leurs besoins en
expérimentant de nouvelles activités de socialisation et d’expression.
En
pratiquant des activités artistiques, politiques, culturelles, artisanales, sportives, associatives, bénévoles, etc, au quotidien, ils changeraient leurs habitus, leurs
manières d’être au monde et se libéreraient de leur personæ professionnelle.
Leurs pôles de référence n’étant plus l’activité professionnelle et la
consommation, de manière consciente ou inconsciente, ils remettraient en
question les normes et valeurs de la Religion économique, et donc,
l’autorité de l’élite économique et l’ordre social en place.
Par conséquent,
pour conséquent, pour en finir avec la domination de l’élite économique, il est
indispensable de revendiquer la réduction radicale du temps de travail à 3 ou 2
jours par semaine.
Afin d’approfondir cette question, je vous invite à consulter cette article : Comment obtenir la servitude volontaire des cadres et des classes moyennes ?
Cette article met en évidence que les jeunes et les
moins jeunes sont en compétition pour satisfaire les besoins d’estime, de
reconnaissance et d’appartenance. Ils cherchent à se démarquer et à exister
« toujours plus » au détriment des autres. Ils disent moi, moi, moi, etc.
Est-ce que ce besoin d’estime ou d’égo est un problème ? Est-ce que
cette compétition pour satisfaire le besoin d’estime est nouvelle ?
Comme la fait remarquer Thorstein Veblen dans l’essai
« Théorie de la classe de loisir », le besoin d’estime de soi existe
depuis la nuit des temps. Les moyens utilisés pour le satisfaire varient selon
les époques : « Être » le meilleur chasseur, le meilleur
guerrier, le combattant le plus courageux ou« Avoir » le plus d’argent, la plus belle voiture, etc, fait
partie de la nature humaine.
Le marketing a transformé le besoin d’estime en objet
marchand. J’affirme ma réussite, mon appartenance sociale, mon statut, mon
groupe d’appartenance par l’intermédiaire de la consommation ostentatoire.
J’achète une BMW pour affirmer mon appartenance social, ma réussite et l’estime que j’ai
de moi et me démarquer des autres.
Ce qui pose problème, ce n’est pas le besoin d’estime ou l’ego
disproportionné de l’individu, mais les moyens qu’il utilise pour le satisfaire. Au lieu de déplorer cette situation, il apparaît plus
pertinent de lui proposer des moyens de satisfaire ces besoins autrement.
Par exemple, donner à chacun la possibilité de satisfaire le
besoin d’estime de soi et de se réaliser en pratiquant une activité artistique, intellectuelle,
manuelle, sportive, militante, etc. Seulement, pour pratiquer ces activités au
quotidien et pour construire notre identité social autour de ces activités,
nous avons besoin de temps libre qualitatif.
Comme la norme de la semaine de travail est de 5 jours par semaine, nous sommes plus
ou moins contraint de satisfaire ces besoins par l’intermédiaire de l’activité
professionnelle et de la consommation.
Par conséquent, afin de permettre aux jeunes et moins jeunes
de satisfaire leurs besoins d’estime autrement que par la consommation ostentatoire, il apparaît pertinent d’utiliser les gains de productivité pour réduire le temps de travail à 3 ou 2 jours par semaine.
En réduisant le temps de travail, non seulement, nous permettrons aux jeunes et aux moins jeunes de satisfaire autrement leurs besoins d’estime, mais en plus, nous en finirons définitivement avec le fléau social qu’est le chômage.
Afin d’approfondir cette réflexion, je vous invite à consulter ces articles :
Les gains de productivité générée
par le progrès technique et l’organisation du travail sont responsables de la
hausse du chômage. Pour en finir avec le chômage, nous pouvons utiliser ces
gains de productivité pour relancer la croissance du PIB ou réduire le temps de
travail.
À cause de la limitation des
ressources de la planète et des déséquilibres écologiques et climatiques, la
relance illimitée de la croissance du PIB n’est plus envisageable. La seule
solution à notre disposition est donc la réduction du temps de travail.
La réduction du temps de travail à
30 (4 journées de 8 heures) ou 20 heures par semaine (3 ou 2 journées de 8
heures) n’est pas un choix économique, mais un choix politique qui contribuera à
un changement radical de mode de vie et de société.
La fin de la centralité de l’activité
professionnelle remet en question l’organisation hiérarchique de la société et l’ordre
social qui en découle. Actuellement, le pouvoir du MEDEF et de l’élite
économique, ainsi que l’endoctrinement des masses à la religion économique
reposent sur le fait que la norme de la semaine de travail soit de 5 jours.
Comme nous travaillons 5 jours
par semaine, notre identité, notre statut, nos pratiques quotidiennes, nos
habitus, notre manière d’être au monde sont totalement aliénés par l’activité
professionnelle. Pour le dire plus simplement, nous sommes dépendant de l’activité
professionnelle pour exister socialement et trouver notre place dans la
société.
Pour que la réduction du temps de
travail à 30 ou 20 heures soit viable, il est indispensable de garantir et de
sécuriser pour tous la satisfaction des besoins essentiels : se nourrir,
se loger, payer ses factures (eau, gaz et électricité), se soigner.
Ces besoins essentiels satisfaits,
il est ensuite indispensable d’organiser et de planifier des activités de
socialisation et d’expression (artistiques, manuels, intellectuelles,
sportives, associatives, politiques, éducation populaire, etc.) qui nous permettront
de satisfaire notre besoin d’appartenance, d’estime, de reconnaissance et de
réalisation.
En conclusion, la réduction de la
semaine de travail à 30 ou 20 heures, nous invite à réfléchir à la construction
d’un modèle de société dont l’activité professionnelle et la consommation ne
seraient plus au centre de nos existences individuelles et collectives.