Votre défense des qualités (?) de l’empire Facebook et du génie de son gourou Zuckerberg comme vous le faites appartient au domaine inaltérable de votre liberté d’expression. Que d’autres répondent à votre engouement me paraît plutôt sain, ne serait-ce que pour compenser quelques « oublis » de votre article ou redresser ce qui me semble un axe de développement un peu « tordu ».
Il me semble que vous confondez Facebook et internet, et que vous prêtez au premier (les yeux un peu trop fermés) la magie du second. C’est en tout cas ce qu’on pourrait déduire de votre article en se mettant dans la peau du papy-boomer moyen hésitant encore entre simple et double-clic. Internet est formidable, il faut qu’ils le sachent (eux aussi) et facebook est dangereux, c’est indéniable. La virtualité des échanges, son instantanéité et la quasi-ubiquité que nous y avons gagné, cette faculté de correspondre en tout lieux avec l’ensemble de la planète, ce ne sont aucunement des inventions de Facebook. On pouvait faire tout ça avant avec internet. Amalgamer (ou ne pas faire la distinction entre) les deux est trop risqué pour ne pas être relevé.
Au-delà de cette confusion apparente, vous omettez complètement d’effleurer la face sombre de Facebook, dans votre bel engouement un peu ravi. Même si votre article tient plus du billet d’humeur, je trouve ça dommage d’amputer le sujet de cette dimension. Ne serait-ce qu’en terme de pure information sur un sujet qui comporte une vraie gravité.
Facebook est certainement le plus volumineux fichiers de données personnelles (800 millions d’abonnés) détenu par une entreprise privée qui s’en arroge la propriété et l’utilisation. Imaginez ce que peuvent représenter ces informations pour des individus mal intentionnés ou des états totalitaires. Heureusement, nous vivons au pays des bisounours et tout ceci est impossible, mais ne pas en parler n’est pas sérieux.
Facebook est un ogre qui vous avale en même temps qu’il est en train d’avaler internet, en concentrant sur lui la seule vraie possibilité d’échanges « sociaux ». « Retrouvez-nous sur Facebook », gimmick désormais incontournable dans la stratégie de communication des marques, signe l’effrayante hégémonie de la marque sur les possibilités de communication. A un niveau moindre, combien d’abonnés Facebook ayant ouvert un compte un peu contraints et forcés, « parce que tous les autres y sont et que c’est le seul (?) moyen de rester en contact » ? Qu’un outil unique et centralisé comme Facebook concentre une si grande partie des communications, des échanges et des idées devrait inquiéter même au pays des bisounours.
Ci-dessous, liens vers deux articles qui approfondissent ces aspects que j’effleure.
Evidemment, spécifier l’origine d’une personne quelle qu’elle soit est discriminant. Je ne vois même pas l’intérêt d’en disserter ! L’additif de cette notion d’origine est à chaque fois dévalorisante, n’en déplaise aux détracteurs de l’article, et minore de fait la qualité de citoyenneté de la personne visée. D’ailleurs, et corrigez-moi si je me trompe, on mentionne rarement l’origine bretonne, alsacienne ou provençale d’un délinquant (seule catégorie « socio-professionnelle » de la population pour laquelle on précise l’origine, soit dit en passant...)...
Moi aussi j’ai d’abord cru à une blague ! Edifiant, cet article a malgré tout la qualité d’exposer la variété de points de vue qu’on peut avoir sur une même situation, certains planant à des altitudes stratosphériques sans prise aucune avec la moindre réalité ! L’idée d’avoir appelé Baudelaire à la rescousse est particulièrement brillante, bravo.
J’adhère évidemment à la teneur de votre article. En espérant que l’alternance souhaitée en 2012 se saisisse honnêtement et efficacement de cette situation intolérable. Sur la contribution de l’Eglise au problème, je me permets de relever une « facilité » dans votre commentaire sur l’espace immobilier disponible dans certaines communautés : quand vous dites que cela « ne semble pourtant pas émouvoir les évêques de France » vous vous placez plus sur le plan d’une opinion personnelle (sans doute respectable) que de la réalité des faits. Je me permets d’ajouter une pièce au débat (lien). Initiative isolée ou reprise ailleurs, je ne sais pas, mais elle mérite d’être signalée.