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  • Tof 21 juillet 2011 19:48

    Au-delà de la question du sur-endettement, je crois que les témoignages édifiants de Talion déportent le sujet vers les méthodes de vente scandaleuses des entreprises qui œuvrent dans ce domaine (mais pas seulement celui-là). Expériences vécues et tout à fait éclairantes, comme l’ont été les quelques reportages déjà diffusés sur nos télés traitant de sujets connexes.

    Le plus triste est de constater que ces « loups » s’attaquent en priorité à des personnes faibles, âgées en général, qui se retrouvent endettées pour des équipements dont ils n’ont absolument pas besoin. Le turn-over important dans ce type d’entreprise s’explique aussi par le fait que le produit étant difficile à placer, les vendeurs quittent le navire après avoir fourgué leur marchandise à leur entourage proche, famille et amis...



  • Tof 21 juillet 2011 12:10

    @ l’auteure

    Bonjour,

    Père de trois grands ados, j’ai eu l’occasion à de multiples reprises de me poser les questions que vous abordez dans votre article, où la « pression sociétale » qui pèsent sur nos jeunes (et leurs parents) est assez bien mise en évidence.

    On aurait tort, à mon avis, de faire porter la plus grande partie de ces évolutions/dérives aux seuls parents (et je ne traiterai pas cet aspect du problème). Etre parent, c’est essayer de faire les meilleurs choix pour son enfant, à un moment donné, dans un contexte d’environnement qu’on ne maîtrise pas forcément (ou plutôt, « forcément pas »). C’est « faire de son mieux », le mieux étant -comme chacun sait- l’ennemi du bien...

    Faire de son mieux, c’est lutter le plus efficacement possible contre la logique commerciale et financière qui régit notre société, et face à laquelle un couple de parents (dans le meilleur des cas) ne pèse pas bien lourd...

    Quelles sont les armes de « l’ennemi » ?

    En résumant à l’extrême, le problème tient à mon avis en deux points :
    - le pouvoir de l’argent
    - la force de l’image

    1. le pouvoir de l’argent

    De toute évidence, le rapport à l’argent des jeunes (et des enfants) a changé depuis nos jeunes années (pour situer mon approche, je précise être né au milieu des années 60).

    a/ Enfants, nous n’avions dans la grande mécanique de la consommation qu’un rôle de « quémandeur » dépendant de l’accord parental. Nous demandions, nos parents accordaient. Ou pas (cas le plus fréquent, d’ailleurs).

    b/ Les années 80 ont lancé la marketing à l’assaut des enfants, les « libérant » de cette affreuse subordination en leur offrant le rôle de « prescripteurs ». Désormais (le truc est encore abondamment utilisé par la publicité), c’est l’enfant qui influe directement sur l’acte d’achat des adultes, que le produit acheté soit destiné à l’enfant, aux parents ou à la famille...
    D’assez bons exemples ici et ...

    c/ Quels sont les méandres des évolutions qui ont abouti aujourd’hui à faire de ces jeunes et ces enfants des consommateurs, j’avoue que je me pose encore quelques questions, mais il est indéniable que le stade ultime est atteint avec l’accession au pouvoir économique. Toutes proportions gardées, l’enfant jouit du même statut que celui de ses parents, celui de consommateur qui lui confère l’illusion du pouvoir et de la liberté de décision, l’illusion d’avoir sa (petite) place dans ce circuit où il pense évoluer avec ses aînés d’égal à égal.

    Dire que cette évolution (?) finale (?) a transformé les rapports à l’intérieur de la famille me semble une évidence...

    2. la force de l’image

    La force de l’image, c’est tout d’abord l’extrême accessibilité qu’elle possède aujourd’hui dans un environnement très technologique où abondent les canaux de diffusion (affichage, télévision, réseaux...). Nous sommes confrontés à un véritable déferlement qui nécessite une capacité de recul, de lecture, d’analyse, que n’ont pas forcément (ou plutôt « forcément pas », une fois de plus) les enfants. L’effet de ces images n’est évidemment pas anodin, et leur répétition continue à « petite dose » quotidienne influe à long terme sur la personnalité de jeunes en construction.

    Ces images, produites par des « communicants » et « créateurs de tendances », n’ont d’autres buts que d’attraper les plus faibles dans les mailles de leurs filets. Les plus dévastatrices sont celles qui surfent sur la vague de la frustration, de l’intime voire de la sexualité.

    On sait les enfants sensibles à l’image, et sans vouloir me montrer particulièrement prude ou rétrograde, je dois constater l’évolution de ce qu’il est possible de faire voir à des enfants d’aujourd’hui. Pas une série américaine « déconseillée aux moins de 10 ans » qui n’apporte son lot de corps décomposés sur des tables d’autopsies. Un spectacle qu’il semblerait donc admis de présenter à des « plus de 10 ans » et qui n’aurait jamais passé le test du « rectangle blanc » de mon enfance !

    On pourra m’objecter avec raison que le contrôle de la télécommande peut encore être du domaine des parents. C’est vrai mais parfois difficile à concilier avec le simple principe de réalité. Préserver ses enfants de ce déferlement n’est pas si facile et les images ne sortent pas de la seule télévision.

    L’espace public est un domaine où nos enfants sont livrés sans protection et où l’image est reçue/imposée au hasard des panneaux publicitaires déroulants. Je relèverai deux axes de communication forts :

    . Le discours générateur de frustration qui laisse penser à qui veut bien le croire que la possession de tel ou tel produit (fut-il difficilement accessible) est essentielle pour se valoriser ou se trouver valorisé aux yeux des autres. Je ne mets pas d’exemples, ça me semble évident.

    . L’approche d’une certaine sexualité. La sexualité est présente de façon plus ou moins évidente dans la communication, presque incontournable quand il s’agit de vanter les qualités de puissance ou de séduction d’un produit. Ici aussi, ce qu’on montre à grand renfort d’affichage (et qui, par sa présence et son volume peut faire croire à une certaine norme) ferait pâlir le rectangle blanc de mon enfance. Nos jeunes découvrent les relations hommes-femmes et la sexualité (s’ils n’ont pas de connexion internet) au travers d’images de pub de parfums qui empruntent de plus en plus souvent les codes visuels de l’univers pornographique. Exemples assez symptomatiques, mais il y en a beaucoup d’autres, ici et .
    Pour chacune des images, je vous laisse imaginer (puisque c’est ce qu’on souhaite nous suggérer) ce que pourrait devenir la scène quelques minutes plus tard... Et les enfants aussi ont de l’imagination...

    En lui ayant donné l’accès à l’argent et au sexe, il me semble que notre société a définitivement abimé une grande part de ce qui constitue l’enfance...

    Désolé d’avoir été un peu long.



  • Tof 19 juillet 2011 15:52

    Bonjour,

    Ce n’est pas mon article préféré de votre travail sur la Libération, mais je profite de sa parution pour saluer ici l’ensemble de cette série. Les sujets abordés se démarquent par leur grande originalité, et le moins qu’on puisse dire est que vous allez loin dans les détails !

    Pas toujours faciles à lire, parfois un peu trop touffus, l’ensemble de vos publications sur ce thème m’a beaucoup appris (je m’étais pourtant déjà beaucoup documenté sur cette période de l’Histoire), et j’avoue avoir guetté chacun de vos nouveaux articles !

    Bravo et merci.



  • Tof 19 juillet 2011 15:01

    Sur une partie de votre article, je ne peux qu’être d’accord avec vous. L’être humain possède un libre arbitre quant à la façon de mener sa vie, il exerce cette liberté dans le cadre des règles de la société et des limites qu’il se fixe lui-même. Cela concerne des vastes domaines allant de l’engagement politique au choix de sa sexualité, entre autres.

    Lu au travers du prisme de la liberté individuelle, l’article est intéressant.

    Vous l’orientez malheureusement sur un terrain, celui de la religion, qui vous offre d’exposer un point de vue un peu caricatural et assez radical, qui pour ma part décrédibilise votre discours.

    Evidemment, étant moi-même catholique, mon point de vue risque d’attirer un certain nombre de contradictions pas forcément des plus tendres. Il n’empêche que je vais essayer d’exposer quelques points de vue sur des passages de votre article qui ont retenu mon attention :

    1. Expression et ingérence

    Le titre de votre article est plutôt brutal. J’ose croire qu’il constitue une sorte « d’accroche » pour interpeller le visiteur en page d’accueil d’Agoravox (c’est d’ailleurs ce qui m’a fait lire votre article donc c’est efficace).

    Dans le cas contraire, je crois que vous confondez « ingérence » et « expression ». La loi de 1905 n’interdit pas, il me semble, aux représentants des différents cultes de France d’exprimer leur position sur quelque sujet que ce soit, d’actualité ou de société. L’Eglise catholique propose d’ailleurs sa vision sur nombre de sujets au travers de la Doctrine Sociale de l’Eglise, où tout n’est pas bon à jeter, loin de là...

    Bref, cette critique adressée à nos gouvernants, indépendamment du fait qu’elle ne contient rien de bien nouveau, a toute légitimité à s’exprimer. Je ne crois pas que la critique soit réservée à la presse (un peu aux ordres, en ce moment...), aux ONG ou autres rédacteurs du net. Détrompez-moi le cas échéant.

    En aparté, je citerai la réaction de la Conférence des Evêques de France lors du triste épisode des reconduites de Roms aux frontières. Je n’ai pas souvenir d’avoir entendu à ce moment beaucoup de libres-penseurs s’insurger de cette « ingérence » de l’Eglise dans les affaires de l’Etat...

    2. Légitimité

    Je passe rapidement sur ce point, relevant ce rebond humoristique à votre phrase « [...] ferait mieux de s’abstenir de tout commentaire [...], dans le commentaire suivant : »Tous ces mecs en robe ont oubliés que quand on ne pratique pas un sport il vaut s’abstenir d’en commenter les règles....« (Rough, 19 juillet 10:26).

    J’imagine que vous n’êtes sérieux ni l’un ni l’autre en écrivant ce type d’affirmation, mais me plais quand même à imaginer notre bon peuple français devant son match de foot à la télé (ou le Tour de France ou toute autre belle manifestation sportive) et n’ayant plus le droit de l’ouvrir...

    Pour tout dire, vous me faites peur à décréter de qui est légitime pour s’exprimer sur tel ou tel sujet. Où doit-on vous contacter pour une demande de prise de parole ?

    3. Fondamentalisme et cléricalisme

    J’ai relevé au cours de votre article le terme »fondamentaliste« que vous avez malencontreusement associé à l’Eglise que représente Mgr Barbarin. Je crois qu’il y a là une erreur qu’il était important de souligner. Le Diocèse de Lyon n’est pas -à ma connaissance- aux mains d’intégristes arriérés, ces termes devant être utilisés avec une »relativité« certaine. Je comprends évidemment que certains voient là une notion plus »absolue", sorte de grand sac dans lequel ils fourrent tout ce qui a à voir avec le christianisme !

    Enfin, je souhaiterais vous rassurer quant à vos craintes d’un retour du cléricalisme. Ce serait prêter un pouvoir à l’Eglise qu’elle n’a plus. Je crois que notre modèle de laïcité, aussi imparfait soit-il, demeure une qualité essentielle de notre société quant aux garanties de liberté des consciences qu’elle nous offre.

    Bien à vous.



  • Tof 19 juillet 2011 14:12

    Je vais peut-être dire une bêtise (et dans ce cas je pense que je serai vite corrigé) mais il me semble me souvenir du système qui précédait l’Euro (Système Monétaire Européen) qui était bien loin d’apporter entière satisfaction (dévaluations à répétition, inflation, et déjà à l’époque la montée du chômage). Je ne saurais pas forcément distinguer les causes des effets dans cet ensemble, mais je me permets de douter des effets salvateurs d’une sortie de l’Euro si elle signifie un retour au système précédent...

    N’hésitez pas à éclairer ma lanterne.

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