@Armelle A titre d’info (qui fera hurler, j’en suis sûr) : les enseignants n’ont pas deux mois de vacances d’été, ils ont deux mois de chomage technique. Non payé. Le salaire d’un prof est sur 10 mois, lissé sur 12. Bien entendu, on va démentir (d’autant que les évolutions au fil du temps ont été soigneusement faites pour obscurcir la situation). Mais en fait, une analyse des échelles de salaire (et de vitesse d’évolution) entre différents corps de fonctionnaires le montre assez simplement.
Donc on reprend : 36 semaines de cours, 8 semaines de vacances (Toussait, Noël, Février, Paques). Ca reste beaucoup ! Sauf que... La charge hebdomadaire d’un enseignant a été calculée pour 45h par semaines. Ca comprend les heures de cours (18h certifié, 15h agrégé) ET les tâches affiliés qui sont, dans le désordre : travail administratif, préparation de cours, correction de copie, rencontres avec les parents, aide à l’orientation, auto-formation (à ne pas confondre avec la formation continue). Pour tout ça, il est considéré 1h30 par heure de cours pour un certifié et 2h pour un agrégé. Maintenant que l’origine du calcul est expliqué, il montre et entraîne qu’après récupération des heures au delà de 35h hebdomadaire il reste 2,5 semaines de vacances à un prof.
Il me semble que pour le reste de la société en France, pour 9 mois de travail (36 semaines), ça ferait quelque chose comme 3 semaines de vacances...
@ETTORE il y avait des critiques auparavant, mais la première grosse attaque semble être celle de Claude Allègre en 98-99. Toutes ses attaques alors qu’il faisait parti d’un gouvernement plus ou moins de gauche ont laissé pas mal de séquelles.
Après une longue réflexion, je suis arrivé à la conclusion qu’il était en service commandé pour faire taire les profs en préparation du passage au 35 heures. Il ne s’agissait pas qu’il demandent d’avoir leur part de la diminution du temps de travail (pour mémoire, les charges hebdomadaires de cours ont été décidé à une époque où le temps de travail hebdomadaire était de 45h. Elles sont inchangées depuis).
@Buzzcocks Petit souci : il y a des exceptions mais la plupart des agrégés souhaitent enseigner en lycée où ils ont vocation à avoir les classes les plus avancées en charge. Sauf que : le fonctionnement des mutations fait qu’il est TRES difficile d’obtenir un poste de lycée. Un agrégé a bien un bonus de point pour obtenir une telle mutation, mais il est dérisoire. Donc brimer les agrégés pour être dans une situation qui n’est pas de leur fait ?
Après, il serait bon que les critiques (qui dans bien des cas, au delà de la capacité ou non à passer le concours, reculent d’horreur à l’idée d’avoir charge de classes) se souviennent que le statut de fonctionnaire est lié à la personne et non au poste. Ca veut dire que quelque soit le poste occupé par un fonctionnaire, c’est son statut qui détermine sa rémunération et les caractéristiques principales de la mise en application. C’est pour ça que j’ai connu une pionne (à l’époque où les pions étaient encore sous statut et non le contrat abusif qui a maintenant cours) qui a fait office de CPE dans un collège pendant la majeure partie d’une année sans voir la moindre augmentation de salaire. Réécoutez Bernard Friot
@troletbuse Vérifiez la constitution : les décrets sont aussi une prérogative du 1er
ministre, donc toute tentative de passer un décret du président peut
être contrée par le 1er ministre. Dans le cas d’une cohabitation, le
président fait surtout l’inauguration des chrysanthèmes. Alors oui, le
président peut aussi dissoudre l’assemblée, mais c’est un pari très
dangereux (il peut toujours sortir une assemblée encore plus en
opposition avec le président). il peut aussi convoquer un referendum, mais sur quoi ? Demander l’accord des français pour la retraite à 65 ans ?
Macron va en effet très probablement gagner au deuxième tour.
Sauf si LePen fait preuve d’intelligence. En 2017, elle avait fait un
appel du pied vers LFI pour le deuxième tour, mais juste sur le thème :
’Si vous ne voulez pas lui, c’est moi’. Donc rien de concret. Mais elle
faisait une concession, reprenait un point du programme LFI ?
Bien sur, il y a le probleme de la compatibilité : exit tout ce qui a
trait à l’économie, les droits sociaux etc (faut pas déconner,
l’extrême-droite, c’est d’abord la droite). Mais elle pourrait avoir la
bonne intuition qui lui permettrait de rentrer dans l’histoire :
s’approprier l’idée de la constituante pour la VI république.
Bien sur, elle a mainte fois montrée qu’elle a une vision en accord
avec ce système, mais il ne faut pas rêver, la Ve n’en a plus pour très
longtemps, le peuple n’en peut plus. Donc plutôt que de s’accrocher à un
bateau qui prend l’eau de toute part, écrire une page de l’histoire
serait un coup de maître.
Mais a-t-elle la capacité de ce genre de réflexion ?