Vous avez bien raison, mais néanmoins je doute que « l’assimilation » dont vous parlez, au niveau où en est l’immigration en France, et surtout compte tenu du passif qu’il y a avec les anciennes colonies, soit quelque chose de possible pour la majorité.
Une communauté, ça se forge avec une histoire commune. Or, quelle histoire commune, quelles épreuves communes, les français « de souche » et les récents arrivés en provenance des anciennes colonies ont ils affrontées ? Aucune. Zéro. La seule histoire commune que nous avons c’est une opposition systématique sur quasiment tous les sujets, sur fond de colonisation ratée, de décolonisation, et du retour de chacun chez soi.
C’est triste à dire mais je pense que votre assimilation est un leurre, et que les gens qui vous ont dit qu’il suffisait d’avoir des papiers français pour être français vous ont leurré. Tous les français « de souche » savent qu’être français, c’est avant tout partagé une histoire commune, une histoire qui remonte à des siècles, voire des millénaires si l’on remonte aux celtes.
C’est une histoire commune, une culture, et ça ne peut même pas s’acquérir, puisque c’est du vécu.
D’autres vous diraient « vos ancêtres n’étaient pas français, vous n’êtes pas français ».
Vous êtes ce que vos ancêtres étaient. Personne ne choisit.
Je ne professe pas l’athéisme, ni même le rejet de toute religion. Je prône la relativisation des croyances véhiculées par les trois monothéismes, à commencer par celles du judaïsme, qui ont conditionné celles des deux autres. Je ne rejette pas le fait religieux dans son ensemble. La preuve, je me définis comme de culture et de religion druidique ou néodruidique.
Néanmoins quand vous dites que le pas grand chose de la culture criminogène des trois grands monothéismes compte énormément dans la marche actuelle du monde, je vous rejoins tout à fait, et c’est bien pour cette raison que je pense qu’il faut le relativiser !
En le ramenant à ce qu’il est, c’est à dire le fruit de croyances.
Et c’est de ce point de vue là qu’il est, en réalité, pas grand chose.
Car une croyance, en définitive, ça n’est que la projection d’un fantasme particulier, plus ou moins partagé par une collectivité. Mais ça n’est rien d’autre qu’un fantasme.
Quant à dire que la culture athée de l’ignorance religieuse est devenue pire que la pire des bondieuseries et que c’est elle qui « permet » les massacres de Charlie et du Bataclan, je pense que vous divaguez sérieusement.
Je vois cette culture comme une phase transitoire entre le rejet salvateur du christianisme — cette espèce de syncrétisme malsain entre la vieille religion romaine et le judaïsme devenu on ne sait pas pourquoi une sorte de bête immonde — et le renouement avec une forme de spiritualité plus douce, moins passionnée, justement débarrassée des croyances monothéistes débilisantes, avilissantes, et criminogènes.
@Pierre Régnier Donc c’est bien cela, on ne parle pas de la même chose. Pour ma part, je répondais à Jonas, et plus exactement à son exposé sur le messianisme juif et le prétendu danger qu’il représenterait, en lui disant que rien n’y personne ne l’obligeait aujourd’hui à y apporter ni la moindre attention, ni le moindre crédit, et que en tout état de cause, cela n’était rien de plus qu’une somme de croyances, c’est à dire en réalité pas grand chose.
@Pierre Régnier En fait on ne parle pas, fondamentalement, de la même chose. Vous avez amené la discussion sur le terrain spécifique de la sacralisation de la violence dans les trois monothéismes, mais mon point était de remettre en question le caractère spécifiquement sacré de ces trois religions dans leur ensemble. Pour moi, en ne traitant que le seul point de la violence, vous n’allez pas assez loin.
@Pierre Régnier Ok, je comprends bien votre point de vue, qui fait sens. Vous êtes une sorte de pacifiste, en somme, pourquoi pas. Pour ma part, je n’ai de problème fondamentalement ni avec les uns, ni avec les autres, tant qu’il m’est accordé le droit de pouvoir les critiquer, ce qui est le cas aujourd’hui, avec les religions dites « du LIvre ». Pour moi les athées anti religieux dont vous parlez ne sont pas irrécupérables. A mon sens ils critiquent surtout les croyances toutes faites arbitraires et relativement débilisantes qui constituent l’essentiel des religions précitées. Ce qui est intéressant, dans le vieux paganisme, c’est que la notion de croyance au sens premier du mot n’y existe pas ou presque. La croyance qu’il y avait « quelque chose » à l’origine, ou plutôt qu’il y a toujours eu quelque chose, découle de la simple observation, et de cette évidence que comme rien ne peut sortir de rien, le fait qu’il y ait quelque chose est la preuve qu’il y a toujours eu quelque chose (qu’on l’appelle « Dieu », « chaos primordial », « Noun » ou autre...). Ce n’est donc pas une croyance en tant que telle, mais une évidence. AInsi, dans le druidisme, point de croyance arbitraire et autoritaire, simplement le constat et l’acceptation d’une réalité. Qu’on puisse dire ça librement aujourd’hui me suffit. Votre combat est admirable mais je ne pense pas qu’il soit utile, et il est même peut être contre productif. Le point commun entre judaïsme, christianisme, et islam est que depuis le départ, on en parle beaucoup trop. L’affirmation péremptoire de croyances arbitraires ne devrait jamais susciter plus que de l’indifférence.