Merci Ray. (au fait... Ségolénite
non plus ça n’existe pas) Je suis volontairement naïf de répondre à ce genre
commentaire, mais je tiens juste à préciser que lorsque j’utilise un néologisme
dans mes articles, je m’arrange toujours pour que ce soit assez énorme pour
qu’on le repère au premier coup d’œil et que le lecteur comprenne ainsi qu’il s’agit
d’une boutade ! Pour ceux qui n’ont pas un sens aigu de l’humour orthographique,
tout est ici question de contexte. Le thème de mon article est la
domestication, un sujet extrêmement complexe qui fait appel à de nombreux
concepts de biologie et de génétique. Pour rendre ce sujet plus accessible et
plus agréable à lire, j’ai volontairement misé sur l’humour, voilà. Sur le mot
précis de « mignonitude » c’est très simple, ce qui est petit, jeune
ou naïf est mignon, or le néologisme est un procédé souvent utilisé par les
enfants, le néologisme c’est donc mignon. « Mignonitude » est donc
une façon mignonne de dire mignon. De toute manière j’écris comme je veux et
je ne viens pas troller les articles des autres avec des sous entendus
politiques vaseux.
@ LE CHAT : « Quand on ôte la fourrure c’est encore mieux »... Elle est très bien là où elle est non ? Pas besoin de leur retirer, un animal mort n’a rien de mignon.
@ Kalki : Salut, je suis l’auteur
de l’article. Je vais être obligé de te contredire sur pas mal de points, avant
de lire la suite, sache qu’il n’y a aucune animosité dans mes propos, j’ai l’impression
que tu as mal interprété plusieurs concepts de la biologie et j’aimerai essayer
de ré-expliquer les choses. Donc ne prend pas mal ce que je vais écrire, j’essaye
juste de répondre de la manière la plus scientifique possible. (au passage si
ce n’est pas clair, n’hésitez pas à re-poser des questions).
J’ai du mal à saisir ton histoire
de descendants (sur le fait qu’on les trouve mignons). Ton hypothèse n’est pas
dénuée de sens mais elle me semble relever de la psychologie, ça me parait
assez loin du sujet et je ne connais pas d’explication biologique au « pourquoi »
du mignon.
Ensuite sur « On s’est
reproduit avec des primates il y a des millénaires » et « la barrière
des espèces est récente », rassures moi, tu disais ça pour déconner… Au
cas où, que les choses soient claires : L’être humain, Homo sapiens
est un primate, il s’est reproduit avec d’autres Homo sapiens mais
certainement pas avec des primates d’autres espèces (que ce soit chimpanzé, orang-outang,
ou même des espèces proche disparues comme Homo neandertalis). La
barrière reproductive entre les espèces n’est pas du tout récente, elle existe
depuis que les espèces existent. C’est un concept primordial sur lequel repose
la notion d’espèce elle-même. Si cette barrière n’existait pas, c’est bien
simple, il n’existerait qu’une seule espèce vivante, mélange chimérique de tous
les organismes vivants existants.
Pour ce qui est de tes questions,
je ne vois aucune conclusion à tirer quand au mode de vie humain. Tu sembles
faire particulièrement référence au style de vie occidental et ta question me
parait surtout orientée politique et psychologie, elle ne relève donc pas de la
science, je suis donc incapable d’y répondre. En revanche, je peux d’affirmer
qu’on ne peut pas prévoir l’évolution (et que l’évolution n’est pas artificielle).
Si tu veux parler « d’auto-domestication » de l’être humain, on peut
imaginer que l’utilisation d’outils, la sédentarisation, l’agriculture,
changement de régime alimentaire etc… ont constitué un « changement de
niche écologique » que l’on pourrait rapprocher d’un processus d’auto
domestication. Il y a effectivement eu des changements entre l’homo sapiens qui
vivant il y a 200.000 ans et celui que l’on connait aujourd’hui. D’après ce que
je sais il s’agit essentiellement de changements de fréquences alléliques du
type « tolérance au lactose » etc.... Cela relève d’une double
discipline extrêmement intéressante qu’est l’anthropologie/génétique des
populations. Je t’encourage vivement à rechercher des informations sur ce
domaine mais je ne peux malheureusement pas te renseigner moi-même (pauvre
biologiste du développement).
Mais si tu parlais de monter une
expérience similaire à celle de Belyaev avec des humains, tu vas en premier lieu
te heurter à de très gros problèmes éthiques. Ce que je te suggère, c’est de ne
pas essayer de chercher des arguments scientifiques pour répondre à une
question psychologique, philosophique ou politique. Mélanger les genres est
très maladroit, conduit à des erreurs d’interprétations et l’histoire a prouvé
que ce n’était jamais une bonne idée.
Avant tout, merci pour ces
commentaires enthousiastes (oui, en fait c’est moi qui ai écris cet article,
Taupo est le « rédacteur en chef » et administrateur du Blog Strange
Stuff And Funky Things, auquel je participe de temps à autres et où était
originellement publié ce billet). Je vais faire de mon mieux pour répondre à
vos remarques et questions.
@ LE CHAT : Pour ce qui est de la disparition de Megatherium on peut en effet
supposer que c’est la chasse par Homo sapiens qui a été le facteur majeur.
Cependant la date (environ -11.000 ans) laisse également envisager l’hypothèse
des grandes glaciations. En effet, plusieurs espèces n’ont pas survécu à ce
brusque changement de climat (i.e : n’ont pas réussi à migrer vers des endroits
plus chauds). En l’absence de preuves concrètes, on se doit donc de laisser
planer le doute.
@ Lachésis : Je n’ai pas d’information concernant d’éventuelles espèces rares
dont la niche écologique serait précisément la fourrure des paresseux.
Cependant, bien que paressant très exotique pour nous européens, les paresseux
sont des espèces plutôt bien connues car ayant eu beaucoup de contact avec
l’humain (malheureusement via le braconnage pour leur fourrure justement), je
suppose donc que s’il y avait des espèces rares cachées dans sa toison, elles
auraient été rapidement identifiées. De ce que j’ai vu il s’agissait
essentiellement de papillons de nuit, mites et autres bébêtes pas très très
glamour. Désolé.
@ Pigripi : Comme le suggère la remarque de Patapom, un animal n’a pas
nécessairement un « rôle dans un écosystème ». Si tu veux mon avis de
biologiste débutant (je rentre en première année de thèse), l’existence de tel
ou tel organisme n’a pas de « but » ni « d’utilité »
dans la nature. On peut simplement se dire que s’ils font parti d’un
écosystème, c’est parce qu’ils ont réussi à s’y implanter durablement, c’est à
dire coloniser un milieu, établir des relations équilibrées avec la nourriture
disponible et les autres organismes présents. En terme un peu plus techniques,
ça signifie que les ressources disponibles (nourriture, habitat...) et les
différentes pressions de sélection (prédateurs, parasites, maladies,
intempéries...) forment un équilibre stable. En revanche ce que l’on peut dire
au sujet du paresseux c’est effectivement qu’il constitue une sorte de petite
niche écologique, où viennent se loger bon nombre d’insectes et de
cyanobactéries, il rend donc un petit service à ces espèces mais pas de manière
volontaire, on peut voir ça comme une symbiose (pour les bactéries) ou comme du
parasitisme (pour les insectes). Chacun se trouve une place.
Pour ce qui est du « problème sapiens » et d’un point de vue objectif
on peut se dire que de manière générale les animaux (nous primates imberbes
inclus) n’ont pas de conscience écologique. Ils occupent un milieu et utilisent
les ressources disponibles pour vivre et se développer. Le souci est que notre
espèce a une démographie terrifiante et se crée des besoins immenses. Du coup
elle pompe des ressources en conséquence. C’est égoïste, c’est moche, ça va
faire très mal dans les siècles à venir, mais à mon avis, n’importe quel
bestiau un peu ambitieux et possédant les moyens techniques adéquats l’aurait
fait. Le hasard de l’évolution a simplement voulu que naisse il y a 200.000 ans
un primate bipède capable de marcher sur de longues distances, suffisamment
malin/méchant pour flinguer les espèces qu’il jugeait dangereuses ou moches et
suffisamment glouton (au sens gourmandise + inconscience) pour utiliser à
outrance toutes les ressources à sa disposition. Le fait est que cette espèce,
c’est la notre. Les chauvins diront que c’est une marque de supériorité sur les
autres espèces, voir la preuve de l’existence d’un dieu unique, moi je pense
que c’est juste un coup de hasard dans l’histoire du vivant.
Bonne continuation !
Vran.
PS : Pour ceux qui auraient
envie d’un peu plus de lecture dans l’esprit de ce billet, je vous encourage
vivement à visiter le Blog de Taupo : http://www.ssaft.com/Blog/dotclear/