« (...) les arguments du raciste reposent très souvent sur l’image que les cibles du racisme donnent d’elles-mêmes (...) il suffit de reprendre des faits rapportés quotidiennement par les médias... »
De fait, on ne saurait plus simplement souligner que « l’image des cibles du racisme » n’est pas donnée par elles-mêmes, mais bien par les médias... puis bien sûr par les amalgames que font les racistes à partir de clichés largement véhiculés.
Apparemment vous n’avez pas compris que cet article ne focalise pas sur « la shoah », mais pose la question de l’impossible équivalence entre parole des bourreaux et des victimes de génocides ?
D’autre part, si mettre en avant « la shoah » pour justifier aujourd’hui des actions violentes, qu’elles soient militaires ou de colonisation, n’est pas acceptable, à l’inverse, le propos qui consiste à mettre en avant des dérives actuelles du sionisme pour prétendre occulter le crime contre l’humanité constitué par la « solution finale » (sous le prétexte réïtéré « qu’il s’est passé il y a 60 ans » !) apparaît absolument odieux. En se souvenant de ce proche passé, il ne s’agit pas de « faire culpabiliser » (à moins d’avoir des raisons pour ça ?), mais de rappeler à tous que ce qui est possible une fois reste toujours possible.
A part ça, sur les lois qui prétendent faire primer l’autorité figée du Droit sur le rendu de l’Histoire en mouvement , je suis d’accord : elles se fourvoient complètement. La recherche de la vérité historique ne peut être conditionnée par une position dictée officiellement. C’est d’autant plus inadéquat que les arguments négationnistes ne tiennent pas debout face aux quantités de témoignages recueillis qui attestent de la réalité de l’extermination dans les camps.
Je serais assez d’accord si malheureusement les esprits n’étaient pas si perméables aux arguments irrationnels (qui constituent l’essentiel du contenu des propos racistes), et si davantage de hérauts de la raison s’attachaient à démonter l’absurdité des messages racistes : or on entend trop souvent les contempteurs du racisme s’en tenir à des pétitions de principe (faute de moyens réthoriques ?) - ce qui fait malheureusement le jeu du discours victimaire de l’extrême-droite.
Bizarrement le portrait de Bush en Joker (cf. ci-dessus) n’est pas du tout ressemblant : il faut vraiment savoir que c’est lui qu’on a voulu peindre, d’ailleurs en clown triste plutôt qu’en méchant ; de plus, le visage fardé s’apparente davantage à celui d’un vieux travesti échappé de « la cage aux folles ». Tandis que le portrait d’Obama est une photo retouchée : il est facile à reconnaitre, et le maquillage outrancier le rend foncièrement inquiétant, avec les orbites noircies telle une tête de mort, et le « sourire » apparaît sanglant comme la blessure ouverte de « l’homme qui rit ».
Enfin, il n’aura échappé à (quasiment :- ) personne que l’expression « les démons les plus noirs » est une métaphore. C’est une tradition très ancienne dans notre culture que d’associer les notions de « blanc » à « pur » voire « noble », et noir à « maléfique » ou « immonde ». J’ai joué sur les mots sans rien inventer, justement pour montrer comment il est facile de manipuler les concepts - comme le fait implicitement cette affiche. Dans le contexte de ma phrase, « noir » signifie « sombre, obscur » comme dans « le côté noir de la force », pour prendre une image que vous connaissez peut-être mieux, M. Hussein ? Aussi, n’y voyez pas davantage de racisme que dans les termes « cousu de fil blanc » :- ))