Marx parlait d’un de ses articles sur la révoltes des Cipayes, et plus précisément de savoir quels seraient les effets d’un retrait britannique qui se trouvaient devant Delhi du fait de la saison des pluies. Il cite un lord qui dit que, du point de vue des intérêts militaires britanniques, il faudrait opérer ce retrait, car sinon l’armée sera coupé de ses bases - tout en notant que de toutes façons, même justifié de ce point de vue, un retrait britannique renforcerait le moral des insurgés. L’information incertaine semble être de savoir de combien d’hommes et de munitions disposaient les britanniques pour attaquer Delhi avant la fin juin.
Pour en revenir aux accusations de déterminisme, je trouve toujours utile la lecture... des oeuvres de Marx et Engels ! Mais pour avoir une réponse plus brève à ces accusation, en particulier celles des lettres d’Engels sur la question, par exemple celle-ci.
Il écrit "Il est possible que je me ridiculise" (il parle d’une question précise, il avait dû remplacer Engels pour faire un article sur une question militaire, il utilisait des informations dont il n’était pas tout à fait sûr)"Un peu de dialectique peut toujours aider là-dedans. J’ai bien sûr exposé toutes mes positions de sorte que si c’est l’inverse, j’ai quand même raison".
("Es ist möglich, daß ich mich blamiere. Indes ist dann immer mit einiger Dialektik zu helfen. Ich habe natürlich meine Aufstellungen so gehalten, daß ich im umgekehrten Fall auch Recht habe." )
J’ai pas toute la lettre, juste le passage dans googlebooks, mais pour moi ça veut dire que même si les informations que Marx avait ne sont pas justes ce qu’il a expliqué dans son article reste juste. Il faudrait évidemment vérifier de quel article il parle.
Evidemment tous les antimarxistes font dire à cette bribe un truc invraisemblable, comme quoi en gros Marx confie que tout ce qu’il raconte est un vaste sophisme...
Pour une auteure comme Nancy Fraser, Karl Marx effectue dans la première partie de la question juive une critique du libéralisme encore inégalée à ce jour.
En conséquence, tant qu’existe cette division, il reconnaît certes comme nécessaire la colère du prolétariat contre ses oppresseurs, il y voit le levier le plus puissant du mouvement ouvrier à ses débuts ; mais il dépasse cette colère, parce qu’il représente la cause de l’humanité tout entière et non seulement celle des ouvriers. D’ailleurs, il ne vient à l’idée d’aucun communiste d’exercer une vengeance personnelle ou de croire d’une façon générale, que le bourgeois peut individuellement dans les conditions actuelles agir autrement qu’il ne le fait.
Tiens, la preuve que Rouillan avait très mal lu ses classiques marxistes.