YOU Wannthon
Président du Conseil d'Administration
Crédit MutuelKAMPUCHEA(CMK) #171, St. 110, P.O Box 1102 Phnom Penh, Royaume du Cambodge youwannthon@gmail.com
S’agissant d’une activité de banque de détail, les engagements de l’entreprise (dettes) ne sont pas des encours d’achat mais sont essentiellement constitutifs de l’épargne collectée auprès des clients
1. L’évaluateur a été rémunéré au forfait et non pas en fonction de la valeur de l’entreprise. Les perspectives d’avenir ont été évaluées sur la base de 5 différents scénaris motivés et chiffrés. L’entreprise n’avait d’ailleurs aucun intérêt à être surévaluée puisqu’elle s’est « donnée » pour $1. Rien ne permet par conséquent de douter de la sincérité de cette évaluation.
2. La véritable mascarade n’est pas l’évaluation de la valeur de l’entreprise mais les modalités ubuesques de sa cession, le Crédit Mutuel n’étant même pas intervenu à l’acte...
3. En droit cambodgien, le cédant doit procéder régulièrement à la liquidation de son activité auprès des autorités compétentes et des services fiscaux.
4. Les repreneurs ont exigé que les salariés signent un nouveau contrat de travail avec leur société offshore qui a pris le contrôle de l’entreprise.
5. Indépendamment des questions fiscales et de la consolidation des comptes, l’activité du Crédit Mutuel au Cambodge ne peut pas être occultée dans les rapports annuels du groupe. Toutes les autres filiales sont d’ailleurs régulièrement mentionnées dans les rapports annuels du groupe CRÉDIT MUTUEL (CIC, COFIDIS, TARGOBANK etc.). Par ailleurs, l’association Loi 1901 Centre International du Crédit Mutuel qui exploitait l’activité cambodgienne en son nom propre, ne pouvait pas davantage occulter purement et simplement ses engagements cambodgiens dans sa comptabilité.
Merci pour votre réaction intéressante. Vous
avez raison de préciser que quand on investit à l’étranger, on peut retirer ses
billes. En revanche, on ne peut se soustraire à ses obligations sociales et faire
l’impasse sur l’information légitime des salariés et lorsqu’il s’agit d’une
banque, sur l’information des clients déposants. En l’occurrence, ni les
salariés ni les clients n’ont été informés du retrait du Crédit Mutuel. C’est
choquant pour les salariés et peut-être encore davantage pour les clients épargnants
qui avaient été prospectés par le Crédit Mutuel qui faisait valoir sa filiation
française pour les séduire.
Par ailleurs, vendre une entreprise pour $1
n’a rien de choquant en effet sauf lorsque, en l’occurrence, elle n’avait
aucune dette, possédait des fonds propres positifs et avait été évaluée par un
cabinet d’audit indépendant de renom international entre 1,9 et 2,9 millions de
dollars…
S’agissant de l’indemnité due aux salariés
suite à la cession de l’entreprise, elle avait d’une part été promise par le
Crédit Mutuel aux salariés et d’autre part elle est inscrite dans la loi cambodgienne
sur le travail qui oblige l’employeur au versement d’une prime d’ancienneté
équivalente à 15 jours de salaire pour chaque année d’emploi déjà effectué. Le
Crédit Mutuel qui s’est exonéré de toute procédure de liquidation de son
activité cambodgienne, ne peut pas se soustraire d’assumer ses obligations
sociales.
S’agissant de la consolidation des comptes et
au-delà des aspects fiscaux que je ne maîtrise pas, il est totalement inconcevable
qu’une activité de cette importance soit totalement dissimulées dans les
rapports financiers du groupe Crédit Mutuel. Comment peut-on imaginer
complètement occulter des rapports financiers la collecte par le Crédit Mutuel de
15 millions de dépôts auprès d’épargnants (principalement français au demeurant)
et la distribution de 10 millions de crédits ?
Je peux attester de l’exacte sincérité des informations communiquées dans cet article.
Au delà de la centaine de salariés qui ont été spoliés par le Crédit Mutuel, de nombreux sociétaires-clients de la filiale cambodgienne du Crédit Mutuel ont subi un important préjudice et ont été contraints de retirer leurs épargne suite à la soudaine cession de la filiale. La remarquable ONG KROUSAR THMEY qui soutien 3000 enfants défavorisés au Cambodge a ainsi perdu plus de 30 000 USD dans cette histoire sans que cela n’eût ému les dirigeants de la banque « mutualiste »...