Mathieu Kassovitz : « Comme Bush, Nicolas Sarkozy ne défend pas un idéal, il répond aux peurs qu’il instille lui-même dans la tête des gens (...) Il sera impossible demain de dire que nous n’étions pas au courant (...) »
Qu’est-ce qu’il veut dire par là, ce parfait compatriote de Sarkozy ?
Il y a, en France, plusieurs millions de gens d’origines diverses (principalement maghrébines et africaines), que des dizaines de millions d’autres personnes ne souhaiteraient qu’en tout petit nombre dans leur environnement immédiat. A raison de quatre ou cinq pour mille, peut-être, mais en aucun cas davantage.
A partir de là, tous ceux qui subissent une promiscuité interethnique suffocante sont sensibles au discours d’un candidat qui feint de s’intéresser à leurs problèmes de vie quotidienne.
Sarkozy, faux Le Pen et vraie grande gueule, n’a instillé aucune peur à personne, et ce n’est pas lui qui a inventé ni la promiscuité ni les problèmes* qu’elle induit.
Ces problèmes, son ancien chef, Chirac, antiraciste à chaux et à sable, les a dûment certifiés, en 1991* (Sarkozy n’était encore que député-maire), et le dénommé Kassovitz ne les vérifie assurément pas dans son quartier résidentiel.
Notre problème, ce n’est pas les étrangers, c’est qu’il y a overdose. C’est peut-être vrai qu’il n’y a pas plus d’étrangers qu’avant la guerre, mais ce n’est pas les mêmes et ça fait une différence. Il est certain que d’avoir des Espagnols, des Polonais et des Portugais travaillant chez nous, ça pose moins de problèmes que d’avoir des musulmans et des Noirs [...] Comment voulez-vous que le travailleur français qui travaille avec sa femme et qui, ensemble, gagnent environ 15000 francs, et qui voit sur le palier à côté de son HLM, entassée, une famille avec un père de famille, trois ou quatre épouses, et une vingtaine de gosses, et qui gagne 50000 francs de prestations sociales, sans naturellement travailler... si vous ajoutez le bruit et l’odeur, hé bien le travailleur français sur le palier devient fou.
Alors on peut hurler au racisme, s’arracher les cheveux d’inignation et de fureur, ça n’allége pas d’un milligramme le calvaire que subit le travailleur français !!!