c’est à se demander si les grands médias n’ont pas d’autres stratégie que de faire de l’audience alors qu’une fois tous les cinq ils pourraient faire de l’éducation politique.
C’est un des problèmes sans doute. Il faudrait également voir le poids des groupes dans la teneur de l’info.
Ainsi Lagardère, qui possède 11 télés et radios, 25 organes de presse écrite, 38 maisons d’édition, et plusieurs sociétés de diffusion/distribution, est favorable à Sarkozy, comme la plupart des grands groupes. Les liens vont on ne peut plus loin pour certains, puisque François Pinault (PPR)est le parrain du fils Sarkozy.
Lagardère, comme tous les patrons de ces groupes, dicte et influe très largement sur la ligne de toutes les sociétés de presse qu’il possède, dans l’optique majeure d’améliorer les résultats de son groupe.
Ainsi, les medias doivent apporter un plus de visibilité, mais aussi un plus d’influence, ce, en termes économiques, mais egalement politiques, au plan national et international. Un grand groupe génère de tels bénéfices, agrège de si forts et si nombreux acteurs financiers et autres qu’il est obligatoirement tenté de contrôler son devenir, non pas en passant sous les exigences démocratiques, mais en faisant passer la démocratie du côté de son vouloir. Volonté qui tend fondamentalement à la maximisation du profit, aujourd’hui en des mains de plus en plus restreintes. Malgré les assurances de « soutienn déterminé à la culture », « respect de la pluralité » et autres « mieux-disant cuturels ».
Le groupe médiatique Lagardère doit, donc, concourir à ce détournement, nolens volens, d’une démocratie dont l’essence est, il semble utile de le rappeler aujourd’hui, le pouvoir du peuple. Et de même pour les groupes en situation similaire.
Est-il déraisonnable de penser que la conduite déraisonnable de campagne par les médias soit donc imputable largement à Lagardère et autres groupes de presse/pression ?
Est-il déraisonnable de penser qu’il faudrait, par conséquent, modifier les termes de l’équation, et au lieu d’écrire « les grands médias n’ont pas d’autres stratégie que de faire de l’audience », plutôt dire « Les grands médias n’ont d’autre stratégie majeure que de satifaire Lagardère-Dassault-Seillères, en faisant des programmes audimatiques » ?..
L’audience, comme le note l’auteur, induit un traitement superficiel de la campagne, lequel traitement rejoint les volontés notamment de Sarkozy, qui ne souhaitait pas de débats de fond et qui n’appréciait pas non plus de voir son programme couteux - il fut déclaré ainsi par un panel de patrons, au moment où la mode était à examiner les coûts, laquelle mode passa rapidement - disséqué, pour ce coût. Entre autres casseroles qu’il trainait.
Coût qui aurait inévitablement amené des interrogations sur les résultats probables d’un programme prohibitif, en termes de niveau de vie et de libertés du pays, ce qui aurait sans doute conduit bcp à trouver la note exhorbitante pour un régime minceur.
Il faut donc voir une corrélation forte, me semble-t-il, entre l’audience et les attentes de la droite, notamment de son candidat. Quoique la gauche de gouvernement, avec Royal et ses 100 propositions plutôt floues, ne supporterait pas très bien, sans doute, l’examen rigoureux, même si la dérive en termes de niveau de vie et de liberté est minime, en regard du gouffre dans lequel Sarkozy semble nous amener.
Les médias classiques, l’auteur les oppose aux nouveaux. C’est aller un peu vite en besogne, aussi, je crois.
S’il est un domaine ou le Web est roi, c’est bien la rumeur. Ces rumeurs qui apparaissent aujourd’hui constituer le stade « caniveau final » de la presse « papier » et télé.
Je vois, donc, une convergence. Les médias classiques et cyber fonctionnent sur le même registre, avec un bel ensemble. le Web bruisse, buzze, pipolise autant que la presse classique, si ce n’est plus. Le caniveau y est large et fréquenté.
La différence étant que l’internet citoyen est, pour l’heure, plus développé que la presse citoyenne, étouffée par les contraintes financières et des clauses de parution bien faites pour la restreindre, sans doute, comme un récent article d’AV l’a démontré.
Donc, la rumeur trouve un terreau web fertile, mais se voit analysé, démystifié ou amplifié par le web citoyen. Donc l’article de fond, l’analyse percutante, différente et insoumise trouve sa terre de feu...Ils ne trouvent pas, bien souvent, les lecteurs à la mesure de la qualité, évidemment extraordinaire, qu’ils déploient...Mais qu’importe, ils fleurissent gratuitement
Fragile supériorité du Web, qui repose sur cette gratuité ou presque de création et diffusion, dans les blogs et autres sites persos. Ou encore sur des montages où la gratuité est au confluent de stratégies citoyennes et économiques complexes, qui imitent la situation de certains organes de presse papier...Par exemple, Marianne « descendant » Sarkozy, Marianne portée par JFKhan le dénonciateur, le liberto-libertaire-extrême-centriste, le hérault d’une presse engagée,Marianne financée par François Pinault, Marianne de plus en plus couverte de pubs.
Quoiqu’il en soit, la gratuité est donc un enjeu majeur. Les groupes de presse du PAF et de la presse écrite en sont conscients, tout autant que les blogeurs. Et, bien évidemment, les politiques.
Il faut donc s’attendre, me semble-t-il, à une attaque massive de cette gratuité/liberté sur les plans techniques, idéologiques et commerciaux du Web. Les dernières lois en matière de téléchargement me semble préfigurer une restriction générale de l’usage, dans l’optique de passer d’un modèle participatif, gratuit ou share, vers un modèle marchand généralisé ou nous retomberons dans les impasses « papier ».
Les reccommandations de l’OMC, les accords AGCS ne stipulent pas une marchandisation de la planète, marchandisation pouvant attaquer en justice un Etat pour non-respect de conccurence ?..On voit donc l’écart entre les préconisations des élites et la gratuité qui nous occupe. On mesure l’opposition à venir entre notre web outil démocratique espéré et le McWorldwideweb.
En jeu, pour l’heure fondamentalement, sur le terrain qui nous occupe, notre liberté de critiquer, de compenser l’inféodation de la quasi-totalité des médias classiques au pouvoirs politico-financiers.
La superficialité du traitement de la campagne présidentielle demeure, pour moi, un épiphéonème de cette captation des médias par des firmes en conglomérats constitués en monopoles dans leur secteur et qui veulent utiliser la démocratie, comme elles se découpent la planète : pour le profit, à leur profit.
Ceci ne peut se tenter, a fortiori se réaliser qu’avec la compréhension, la connivence de pouvoir sur les institutions de l’Etat et de la République, pouvoir essentiellement anti-démocratiques, adhérant par intérêt pratique et/ou idéologique aux visées des firmes transnationales basées en France, notamment.
Nous voyons le schéma, il se précise de jour en jour. Nous constatons les avancées, elles nous donnent sans cesse de nous exemples d’inféodations. Nous connaissons les hommes-clés, pour reconnaître leur immobilité devant la vague qui nous arrive dessus, pour constater leur adhésion à l’épiphénomène indiqué, ou leurs hypocrisies...
C’est à nous, dés aujourd’hui de ne pas donner les moyens à ceux qui pensent la société fondamentalement comme une hierarchisation impositive et la liberté comme un luxe à réserver à quelques mains naturellement désignées pour en jouir grandement.