@ Demesure
Bonjour,
je pense que Marc n’a pas tort quand il parle de vision à court terme. En effet, vous citez les courbes d’AirParif. Vous avez remarqué sans doute qu’elles remontent à une quinzaine d’années. Certes des progrès considérables ont été faits pour améliorer l’air des villes. C’est le fruit de campagnes de sensibilisation médiatiques et de l’influence du lobby écologiste. Il n’en demeure pas moins que ces résultats ne peuvent cacher des réalités. Le terrain de la pollution existe depuis plus longtemps qu’une quinzaine d’années. Notre écosystème a été largement mis à contribution par notre développement industriel depuis des décennies.Et vous savez que, notamment en matière de CO2,les temps de dissipation sont excessivement longs.
Alors aujourd’hui nous avons des instruments de mesure , et nous prenons des mesures qui montrent des améliorations. Mais cela ne signifie pas pour autant que, au delà du symptôme, le mal n’existe pas.
Je ne sais pas qui vous êtes mais vous semblez être un scientifique. Vous souhaitez dédramtiser une situation en vous fondant sur des données immédiates, mesurées et rassurantes. Votre modélisation du présent est certainement juste, dans un temps court et immédiat. En revanche votre modèle ne peut prendre en compte les impacts à long terme et surtout ne peut situer le seuil de rupture des écosystèmes . Vous ne le connaissez pas, moi non plus ; personne ne le connait.Si vous êtes scientifique vous savez que la rupture d’un système s’appelle en langage mathématique une « catastrophe ».
Il serait très intéressant que vous intégriez dans votre réflexion l’idée que la catastrophe EST POSSIBLE, voire INELUCTABLE. Cette posture n’est nullement une posture « catastrophiste » au sens où on l’entend trivialement.
C’est une posture positive, réaliste, responsable, qui nous conduit inévitablement à intégrer une dimension éthique dans notre réflexion scientifique. Si vous introduisiez un minimum de PEUR dans votre raisonnement, vous n’abdiqueriez pas pour autant votre raison. Vous auriez au contraire une vision complète, qui mettrait de façon opératoire la catastrophe au centre de votre pensée. Là, vous seriez lucide, clair, et non aveuglé à l’idée que la catastrophe est impossible. Elle est toujours impossible tant qu’elle n’a pas eu lieu. Et quand elle a lieu elle devient normale, banale. Là est le danger.
Les prophètes de malheur ont le plus souvent tort parce que leurs alertes ont permis de prendre des mesures pour éviter la catastrophe. C’est en cela qu’ils sont toujours rejetés par la société alors qu’ils sont éminemment utiles (au sens pragmatique que vous affectionnez).