@vivelecentre
La position des députés UDF sortants est effectivement difficile. On peut cependant contester la ’respectabilité’ de leur choix de ne pas soutenir FB.
Ces députés ont été élus en 2002, en alliance alors objective avec l’UMP.
Au congres de janvier 2006, l’UDF s’est lancé dans une refondation profonde avec le projet de centre libre proposé par FB, plébiscité par les militants contre l’approche alternative de G. de Robien d’une alliance contractuelle avec l’UMP.
On peut admettre que cette refondation s’est faite avec les militants et contre les réserves exprimées par les cadres (députés et élus locaux). Le fait est qu’elle a eu lieu. On attend encore un phénomène comparable au PS.
Pour autant il n’a jamais été question d’un basculement au centre gauche. Tout au plus d’un recentrage et d’une prise d’indépendance.
Depuis ce congrès de 2006, l’action de FB s’est inscrite totalement dans cette nouvelle ligne. Il n’a pas toujours été suivi par ses députés (par exemple seule une minorité a voté avec lui la motion de censure contre le gouvernement villepin en mai 2006) mais c’est normal et sain. La pratique démocratique que FB essaye de promouvoir n’inclut pas de discipline de vote. Cette nouvelle ligne, FB l’a défendue ensuite spectaculairement lors de la campagne présidentielle, avec une cohérence qui l’honore. Elle lui attire des électeurs mais pose effectivement problème à ses cadres, essentiellement le risque de perdre leurs mandats.
Pour autant il n’a jamais été question pour l’UDF ou le MoDem d’être en opposition, qui dans la pratique politique française consiste à être contre tout ce qui est proposé par la majorité. FB tient depuis le début un discours d’ouverture, contrairement à NS (ceux qui ne sont pas avec moi sont contre moi). Simplement cette ouverture n’est pas inconditionnelle et peut être mise en cause au cas par cas, sujet par sujet.
Les lignes ont donc effectivement bougé, en 2006 sous l’impulsion de FB et des militants, et en 2007 quand le nouveau projet a rencontré ses électeurs. Le MoDem incarne ce recentrage et celle volonté d’indépendance bien mieux que n’aurait pu le faire la seule UDF encombrée de son image de centre droit allié historique à l’UMP. Ce rencentrage implique un équilibre entre des sensibilités de droite, de gauche, et autres.
Prétendre que les élus UDF sortants, s’ils restent au MoDem, doivent devenir des alliés (de circonstance) de la gauche néglige simplement la liberté effective qu’ils auraient au sein de ce mouvement (comme ils l’avaient au sein de l’UDF). Ces élus le savent. Ce n’est donc pas un argument.
La détresse de ces élus est assez compréhensible. Sans avoir démérité, ils font les frais de l’émergence de ce centre indépendant, à laquelle ils ont contribué, dans un système qui encourage très fortement la bipolarité. Leur position serait bien meilleure si le plan A (FB élu président) avait fonctionné, ou si le mode de scrutin législatif incluait une dose de proportionnelle. Il est certain que le plan B est plus difficile à vivre. Mais ils devaient s’y attendre. Ceux qui n’y croyaient pas, tel Santini, en ont tiré les conséquences très tôt. Eux sont restés. Par conviction ? Courage politique ? Inertie ?
Quant à prétendre représenter leurs électeurs, l’UDF et l’UMP (celle de NS n’est pas tout à fait celle de J. Chirac) ont suffisamment changé en 5 ans pour qu’on fasse revalider cette prétention par un passage aux urnes. Les conditions de ce passage en diront long sur la qualité des candidats.
Je réserve personnellement mon opinion sur le respect que je leur devrai jusqu’à la publication des listes d’investitures. On verra bien alors qui est où, sous quelle étiquette et dans quelles conditions.